2. Ouganda: les pĂȘcheuses brisent les traditions (Nouvelle Vision)
Date publiée: 7 janvier 2008
Certaines femmes brisent les traditions de la pĂȘche afin dâobtenir une meilleure part des profits. En Ouganda, dans les communautĂ©s de pĂȘcheurs vivant le long du lac Victoria, les rĂŽles de genre traditionnels ont longtemps empĂȘchĂ© les femmes de possĂ©der des bateaux ou de pĂȘcher.
Traditionnellement, seuls les hommes possĂ©daient des bateaux et dâautres engins de pĂȘche afin de collecter les poissons du lac. Les femmes achetaient les poissons, quâelles nettoyaient, prĂ©paraient et vendaient.
Au cours des derniĂšres annĂ©es, les femmes ont lĂ©galement obtenu le droit de possĂ©der des bateaux, mais les croyances traditionnelles restent un obstacle. Une croyance traditionnelle considĂšre que les femmes portent malheur si elles vont Ă la pĂȘche. La croyance que les femmes nâont pas la force physique nĂ©cessaire pour transporter des bateaux ou ranger des filets persiste Ă©galement. Les groupes de femmes travaillent Ă changer cette situation.
Sur un site dâamarrage sur la cĂŽte nord du lac Victoria, le Katosi Women Fishing Development Association aide les femmes Ă obtenir des prĂȘts pour acheter des bateaux, des filets et des moteurs, et Ă exiger lâĂ©galitĂ© des droits de pĂȘche sur les eaux.
Margaret Nakyejjwe figure parmi le nombre croissant de femmes ougandaises qui possĂšdent des bateaux. Elle a vendu une partie de sa terre pour acheter des bateaux et emploie maintenant des hommes pĂȘcheurs. Mme Nakyejjwe paie ses employĂ©s masculins en partageant la rĂ©colte de poissons avec eux.
Selon le Plan stratĂ©gique du secteur de la pĂȘche du gouvernement ougandais, environ 70% du commerce poissonnier est rĂ©alisĂ© par des femmes - mais les pĂȘcheurs en tirer de meilleurs profits. Les femmes impliquĂ©es dans lâindustrie de la pĂȘche sont gĂ©nĂ©ralement veuves ou sĂ©parĂ©es - un groupe vulnĂ©rable. Des pressions sont rĂ©guliĂšrement exercĂ©es sur les femmes qui ne possĂšdent pas dâactif de pĂȘche afin quâelles aient des relations sexuelles avec les pĂȘcheurs en Ă©change dâun approvisionnement constant en poissons quâelles prĂ©parent ou quâelles revendent, mĂȘme si les stocks de poissons sont faibles.
Ă cause de ces relations et rĂŽles traditionnels, les femmes reçoivent moins dâavantages financiers dans lâindustrie de la pĂȘche, mĂȘme si elles jouent un rĂŽle plus important. Elles sont aussi plus Ă risque dâinfections transmises sexuellement, y compris le VIH.
Selon le Plan dâaction pour lâĂ©limination de la pauvretĂ© du gouvernement ougandais, la tendance qui permet lâĂ©panouissement des femmes dans lâindustrie de la pĂȘche peut aussi bĂ©nĂ©ficier Ă lâensemble des mĂ©nages dans les communautĂ©s de pĂȘcheurs. Il est prouvĂ© que les mĂ©nages oĂč les femmes sont directement impliquĂ©es dans la pĂȘche sont mieux lotis parce que les femmes sont plus susceptibles dâĂ©pargner et dâinvestir leurs gains.

