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2. Ouganda: les pĂȘcheuses brisent les traditions (Nouvelle Vision)

Certaines femmes brisent les traditions de la pĂȘche afin d’obtenir une meilleure part des profits. En Ouganda, dans les communautĂ©s de pĂȘcheurs vivant le long du lac Victoria, les rĂŽles de genre traditionnels ont longtemps empĂȘchĂ© les femmes de possĂ©der des bateaux ou de pĂȘcher.

Traditionnellement, seuls les hommes possĂ©daient des bateaux et d’autres engins de pĂȘche afin de collecter les poissons du lac. Les femmes achetaient les poissons, qu’elles nettoyaient, prĂ©paraient et vendaient.

Au cours des derniĂšres annĂ©es, les femmes ont lĂ©galement obtenu le droit de possĂ©der des bateaux, mais les croyances traditionnelles restent un obstacle. Une croyance traditionnelle considĂšre que les femmes portent malheur si elles vont Ă  la pĂȘche. La croyance que les femmes n’ont pas la force physique nĂ©cessaire pour transporter des bateaux ou ranger des filets persiste Ă©galement. Les groupes de femmes travaillent Ă  changer cette situation.

Sur un site d’amarrage sur la cĂŽte nord du lac Victoria, le Katosi Women Fishing Development Association aide les femmes Ă  obtenir des prĂȘts pour acheter des bateaux, des filets et des moteurs, et Ă  exiger l’égalitĂ© des droits de pĂȘche sur les eaux.

Margaret Nakyejjwe figure parmi le nombre croissant de femmes ougandaises qui possĂšdent des bateaux. Elle a vendu une partie de sa terre pour acheter des bateaux et emploie maintenant des hommes pĂȘcheurs. Mme Nakyejjwe paie ses employĂ©s masculins en partageant la rĂ©colte de poissons avec eux.

Selon le Plan stratĂ©gique du secteur de la pĂȘche du gouvernement ougandais, environ 70% du commerce poissonnier est rĂ©alisĂ© par des femmes - mais les pĂȘcheurs en tirer de meilleurs profits. Les femmes impliquĂ©es dans l’industrie de la pĂȘche sont gĂ©nĂ©ralement veuves ou sĂ©parĂ©es - un groupe vulnĂ©rable. Des pressions sont rĂ©guliĂšrement exercĂ©es sur les femmes qui ne possĂšdent pas d’actif de pĂȘche afin qu’elles aient des relations sexuelles avec les pĂȘcheurs en Ă©change d’un approvisionnement constant en poissons qu’elles prĂ©parent ou qu’elles revendent, mĂȘme si les stocks de poissons sont faibles.

À cause de ces relations et rĂŽles traditionnels, les femmes reçoivent moins d’avantages financiers dans l’industrie de la pĂȘche, mĂȘme si elles jouent un rĂŽle plus important. Elles sont aussi plus Ă  risque d’infections transmises sexuellement, y compris le VIH.

Selon le Plan d’action pour l’élimination de la pauvretĂ© du gouvernement ougandais, la tendance qui permet l’épanouissement des femmes dans l’industrie de la pĂȘche peut aussi bĂ©nĂ©ficier Ă  l’ensemble des mĂ©nages dans les communautĂ©s de pĂȘcheurs. Il est prouvĂ© que les mĂ©nages oĂč les femmes sont directement impliquĂ©es dans la pĂȘche sont mieux lotis parce que les femmes sont plus susceptibles d’épargner et d’investir leurs gains.

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