3. Burundi : Les produits chimiques toxiques menacent la santé humaine et l’environnement (Syfia Grands Lacs)
Date publiée: 14 janvier 2008
Nestor Ntangorane est cultivateur au Burundi. Il dit que les produits toxiques comme le DDT l’ont toujours aidé à protéger ses récoltes et que les gens qui veulent interdire leur utilisation sont ses ennemis.Beaucoup de petits agriculteurs au Burundi ont régulièrement recours aux pesticides hautement toxiques pour protéger leurs récoltes de maïs, d’haricots et de petits pois des charançons, et pour traiter le coton et les plantations de café. Certaines personnes pensent que les initiatives prises par le gouvernement burundais et les Nations Unies pour mettre fin à l’utilisation du DDT et plusieurs autres pesticides hautement toxiques est une menace pour leurs moyens de subsistance.
Le Burundi a signé un traité international visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les pesticides connu sous le nom de polluants organiques persistants- des produits chimiques toxiques qui restent dans l’environnement pendant de longues périodes, qui s’accumulent dans les tissus humains et animaux, et qui parcourent de longues distances à partir de leur point d’utilisation. Le gouvernement a interdit l’utilisation du DDT en 1984.
Toutefois, le Burundi n’a toujours pas de lois réglementant la vente des pesticides. Les produits toxiques comme le DDT sont vendus en cachette au marché central de la capitale burundaise, Bujumbura.
Amissi Hamimou est un expert du ministère de l’Agriculture et de l’élevage au Burundi. Il dit que les petits agriculteurs préfèrent ses produits toxiques aux insecticides modernes et moins dangereux car ils coûtent moins chers.
L’association burundaise des consommateurs exige le retrait de ces produits et le recours à des produits moins nocifs. Le responsable de l’hygiène au ministère la santé publique au Burundi recommande aux agriculteurs d’utiliser des produits de substitution tels que les pyréthrinoïdes de synthèse - des produits chimiques similaires aux pyréthrines naturelles produites par certaines fleurs du pyrèthre ou les chrysanthèmes.
Salvador Kaboneka est agronome pour l’organisation des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture ou FAO. Il dit que la FAO compte mener une campagne de sensibilisation auprès de la population sur le bien-fondé de l’utilisation de produits moins nocifs afin de décourager les marchands fraudeurs qui commercialisent encore le DDT.

