1. Bénin: Les agriculteurs apprennent à travailler avec un climat incertain (Agro Radio Hebdo, Centre de recherches pour le développement international
Date publiée: 30 juin 2008
Le cycle des cultures dans le sud du Bénin était jadis familier et prévisible. Dans la commune de Tori-Bossito, les agriculteurs planifiaient leurs cultures de maïs autour de deux saisons sèches et deux saisons de pluies. Le maïs qui était cultivé entre mars et juillet séchait sous le soleil de Septembre, prêt à être planté la saison prochaine. L’avènement des changements climatiques a considérablement modifié ce cycle de plantation familier. La pluie vient maintenant au cours de ce qui est traditionnellement la saison sèche, faisant pourrir le maïs qui séchait. Quand la saison des pluies vient, elle arrive souvent sous forme de tempêtes qui peuvent inonder les semences et le sol. La sécheresse est également plus fréquente. Nathalie Beaulieu est administratrice du programme Adaptation aux changements climatiques en Afrique au Centre de recherches pour le développement international ou CDRI. Elle dit que le calendrier agricole est entrain de se réécrire. Le CRDI collabore avec des ONG locales et internationales afin de soutenir les agriculteurs béninois face à ces changements. Les agriculteurs dans 35 villages béninois travaillent ensemble pour suivre les changements climatiques. Le projet comporte deux volets. Le premier est un système de pré-alerte à court terme sur les conditions climatiques qui influent les décisions des agriculteurs. Les communautés travaillent avec les ONG locales pour recueillir des informations sur les risques de sécheresse et les tempêtes tropicales. Par le biais de radios communautaires rurales, des communautés entières seront averties si des phénomènes météorologiques violents sont prévus.
Pour la deuxième partie du projet, les agriculteurs réfléchiront sur les modifications apportées à la saison des pluies ainsi qu’à la saison sèche, qu’ils ont observées au cours des 30 dernières années. Mme Beaulieu dit que, alors que la prévision à court terme est importante, il est encore plus important pour les agriculteurs de se familiariser avec les nouvelles tendances saisonnières.
Le projet visera également à renforcer les compétences des agriculteurs pour atténuer l’impact de la sécheresse et des inondations car ces conditions extrêmes sont en train de devenir la norme. Les agriculteurs seront formés dans des écoles agricoles de terrain pour expérimenter avec des techniques développées dans des pays avec des conditions climatiques similaires, tel que le Burkina Faso.
Les agriculteurs essayeront des techniques d’aménagement paysager qui peuvent aider le pays à conserver l’eau de sorte que de fortes pluies sont moins susceptibles d’inonder le sol. Ils pourront également expérimenter avec des engrais organiques tels que le compost et le fumier. Contrairement aux engrais chimiques, les engrais organiques contribuent également à conserver l’eau dans le sol.
Enfin, les agriculteurs dans ces écoles agricoles de terrain étudieront les cultures résistantes à la sécheresse et des variétés de cultures à cycle court afin de déterminer les meilleurs résultats pour le climat béninois. Mme Beaulieu a expliqué que, lorsque le climat est incertain, les cultures à cycle court et les cultures résistantes à la sécheresse sont d’une importance cruciale pour assurer la sécurité alimentaire.

