2. Afrique : Les eaux usées en agriculture urbaine sont néfastes pour la santé mais assurent un moyen de subsistence aux pauvres des villes (IWMI, CBC Dispatches, Le Monde, One World)
Date publiée: 25 août 2008
Si vous vous promenez dans les rues d’Accra, ne soyez pas surpris si vous apercevez des têtes de laitue qui poussent sous des lignes électriques ou bien du manioc dans des ponceaux. Le paysage urbain d’Accra est en mutation verte car de plus en plus, les citadins ghanéens consomment quotidiennement des fruits et des légumes qui poussent en ville.
Ça, c’est ce qu’on appelle l’agriculture urbaine, et dans une Afrique qui fait face à des pénuries alimentaires, elle est la bienvenue. Mais, l’agriculture urbaine est sujette à des problèmes d’approvisionnement en eau.
Les agriculteurs urbains ont tendance à faire pousser des cultures en utilisant des eaux usées domestiques ou industrielles ou un mélange des deux. Faute d’accès à une eau salubre pour l’irrigation, les produits qui poussent en terre urbaine peuvent être impropres à la consommation humaine.
Karim Salifou a déménagé de la campagne vers la capitale du Ghana pour trouver un emploi. Comme il ne trouvait pas de travail, il a commencé à cultiver la laitue pour ensuite la vendre au marché en ville. Mais Karim n’a qu’une seule source d’eau: c’est un étang pollué. Il dit que la qualité de l’eau dans cet étang a empiré car avant, on pouvait y pêcher des poissons mais maintenant, elle est pleine de substances chimiques qui la rendent impropre à la consommation humaine.
Une étude récente sur l’utilisation des eaux usées pour l’agriculture dans les pays en développement a été publiée par l’Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI) la semaine dernière. L’étude rapporte que les eaux usées servent le plus souvent à produire des légumes et des céréales. Cela entraîne des risques sanitaires pour les consommateurs, notamment dans le cas des légumes consommés crus.
Liqa Raschid-Sally est chercheuse à l’IWMI. Elle dit que le problème est que dans 70 % des 53 villes étudiées, les eaux industrielles ne sont pas séparées dans les systèmes d’évacuation. Elle dit que les risques de maladies que provoquent les eaux industrielles ne sont pas bien connu du public. .
Cependant, l’agriculture urbaine qui utilise des eaux usées contribue de manière significative à l’approvisionnement des villes en denrées alimentaires et fournit des moyens de subsistance aux plus pauvres.
L’eau étant une denrée rare, l’étude indique qu’on ne peut pas arrêter l’utilisation des eaux usées en agriculture urbaine car cela pourrait aggraver les pénuries alimentaires. On peut cependant prendre des mesures pour réduire les risques associés à la consommation des produits cultivés en terre urbaine.
Par exemple, à Ouagadougou, au Burkina Faso, certains agriculteurs ont construit un bassin de stockage pour enmagasiner les eaux usées provenant d’une brasserie. Cependant, ils ne remplissent les bassins que lorsqu’ils jugent que la qualité des eaux usées est acceptable, en se fiant à son apparence, son odeur et son goût.
Au Ghana, les agriculteurs stockent les eaux usées dans des étangs pour laisser se déposer les matières solides, ce qui permet de réduire la quantité de bactéries dans l’eau.
À l’échelle mondiale, 200 millions d’agriculteurs auraient recours aux eaux usées, non traitées ou partiellement traitées.
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13 octobre 2008 à 14:49
[…] la santé mais assurent un moyen de subsistance aux pauvres des villes », (Numéro 34, août 2008) http://farmradio.org/francais/hebdo/2008/08/25/2-afrique-les-eaux-usees-en-agriculture-urbaine-sont-… - « L’agriculture urbaine donne un répit face à la hausse des prix des denrées alimentaires […]