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3. République Démocratique du Congo: Un pays qui aime le poisson restructure l’industrie de la pêche (Toronto Star, Banque mondiale)

Au zoo de Lubumbashi, dans le sud de la République Démocratique du Congo, caché derrière une cage de tigres, se trouve le Centre de Recherche en Aquaculture. Il comprend un petit groupe d’étangs pour l’élevage de poissons locaux - surtout le tilapia et le poisson-chat. Cette activité constitue un effort pour relancer l’élevage du poisson dans la région.

Jules Luwamba est le chef des chercheurs du Centre. Il explique qu’il y avait 8000 poissons d’exploitation dans la région avant la guerre civile. Pendant la guerre, plus de la moitié ont été abandonnés. L’objectif du centre est de rétablir l’ensemble des étangs de pisciculture et de les maintenir productifs.

À environ 30 kilomètres de la ville de Lubumbashi se trouvent quelques-unes des exploitations piscicoles que le Centre de Recherche en Aquaculture soutient. Dans la petite ville de Kipushi, un groupe de 150 femmes a creusé des bassins d’élevage pour en faire l’exploitation. Elles achètent des alevins de tilapia et elles les élèvent jusqu’à ce qu’ils atteignent un poids de 600 grammes. Le tilapia est un des poissons favoris des Congolais donc les pêcheuses n’ont aucune difficulté à trouver des acheteurs dans leur village. Toutes ces femmes sont en train de reconstruire leur vie après la guerre civile qui a pris fin en 2003. La plupart sont des veuves, des réfugiées réinstallées et des anciennes combattantes. Grâce à la pisciculture, elles font assez de profits pour supporter leurs familles.

Mais il n’y a pas encore assez de poissons élevés localement pour satisfaire la demande. En février dernier seulement, la province du Haut-Katanga a importé plus de 2000 tonnes de poisson séché, fumé, et salé.

Alors que le pays se reconstruit lentement après la guerre, il y a encore de nombreux obstacles à surmonter pour les pisciculteurs. Le vol de poisson est un phénomène commun. Dans le Quartier Congo, en périphérie de Lubumbashi, tellement de poissons ont été volés dans des exploitations piscicoles que sept associations ont dû abandonner leurs étangs d’aquaculture en faveur du maraîchage. Le mauvais état des routes réduit aussi l’accès aux marchés.

Néanmoins, le potentiel de l’industrie de la pêche de la République Démocratique du Congo a attiré l’attention des collectivités locales et des organisations internationales de développement. La Banque mondiale appuie les villages côtiers de Moanda et Nsiamfumu pour qu’ils rétablissent leurs marchés de poissons autrefois dymaniques. L’année dernière, 60 dirigeants d’associations de pêcheurs ont participé à un programme de formation parrainé par la Banque mondiale. Ils ont appris de nouvelles techniques de pêche, ainsi que des méthodes pour préserver le poisson avec la fumée et le sel. Les membres de l’association ont également appris à organiser les pêcheurs locaux et à préserver les stocks de poissons.

Assani Bin Assani est président de l’Association pour le développement de la pêche et la formation des jeunes. Il a déclaré que sa communauté avait grand besoin de ce type de formation car leur vie dépend essentiellement de la pêche.
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