Comment pouvons-nous mettre fin au “blackout” médiatique sur les changements climatiques (écrit par Gladson Makowa)
Date publiée: 10 novembre 2008
En tant qu’un des gagnants du concours d’écriture de textes radiophoniques sur les stratégies des agriculteurs pour faire face aux changements climatiques de Radios Rurales Internationales-CTA, Gladson Makowa, de The Story Workshop, au Malawi, a récemment participé à un séminaire du CTA sur les conséquences des changements climatiques pour les systèmes de production agricole durable. Gladson a écrit un rapport sur des recherches récentes concernant les médias et les changements climatiques, ainsi qu’une réflexion sur ce qui devrait étre fait pour améliorer la couverture médiatique de cette question cruciale. La couverture médiatique des changements climatiques en Afrique australe est limitée. Une étude récente de l’Institut Panos Southern Africa qui s’intitule La couverture médiatique des changements climatiques: L’étude des cas du Mozambique, du Swaziland et de la Zambie a non seulement confirmé ce fait, mais a essayé d’identifier les raisons qui sous-tendent cette problématique.
Parkie Mbozi est le directeur de l’Institut Panos Southern Africa. Il a présenté les résultats de l’enquête lors d’un récent séminaire du CTA sur les changements climatiques et l’agriculture, qui s’est tenu à Ouagadougou, au Burkina Faso. M. Mbozi a noté que la couverture médiatique varie de pays en pays, en Afrique australe. L’enquête a cherché à savoir si les divers degrés de couverture médiatique sont responsables du “blackout” médiatique sur les questions relatives au climat, ou si les médias et les scientifiques eux-mêmes sont à blâmer.
L’enquête a montré que les scientifiques sont conscients du degré de couverture médiatique sur les questions de changements climatiques. Ils savent aussi que les médias locaux, les communautés et les gouvernements ont besoin d’être informés afin de pouvoir prendre leurs décisions. Toutefois, l’étude a révélé que les scientifiques ne comprennent peut-être pas pourquoi les journalistes ne font pas des rapports sur les changements climatiques plus fréquemment.
Les recherches ont démontré que les journalistes ont besoin plus de formation pour mieux comprendre les questions reliées aux changements climatiques. Les journalistes doivent être formés sur les changements climatiques et sur la façon de signaler les questions environnementales. Les journalistes doivent être en mesure de rendre compte des faits d’une manière qui attire l’attention des lecteurs. Et les journalistes ont souvent besoin de comprendre l’impact des changements climatiques sur la vie des gens avant d’être en mesure de partager ce message avec d’autres.
Le fait que les journalistes d’Afrique australe citent plus souvent les agences de presse étrangères que les sources locales a également conduit les scientifiques à se poser un certain nombre de questions. Les scientifiques locaux sont-ils trop occupés pour répondre aux questions des journalistes? Comment se fait-il que les journalistes portent une plus grande attention à la couverture politique que scientifique? Est-ce simplement que les journalistes et les scientifiques viennent de différentes planètes les uns de Vénus et les autres de Mars et que leurs orbites ne se croisent jamais?
M. Mbozi a noté que la plupart des journalistes ne reçoivent pas de formation spécialisée. Il y a peu d’options pour ce type de formation. Comme Oumy Ndiaye, le chef du Communications Channels and Services Department, au CTA, l’a souligné, le fait que les médias s’attendent à ce que les journalistes fassent des reportages sur des questions aussi diverses que les droits humains et les dernières élections présidentielles ne fait qu’aggraver la situation.
Quelle est la solution? Les scientifiques ont besoin d’aider les journalistes à se familiariser avec des questions comme les changements climatiques. Les journalistes pourraient également tirer profit de l’élaboration de spécialisations qui leur seraient propres. M. Mbozi se demande si des mesures incitatives pourraient aider les journalistes qui couvrent les questions environnementales. Des informations scientifiques concrètes et vérifiables – rarement disponibles à l’heure actuelle – seraient une importante aide aux journalistes.
Le fait est que l’activité humaine est en train de changer le climat, mais nous ne faisons pas assez pour nous tenir mutuellement informés de ce processus. Mais qui est à blâmer? Les journalistes ou les scientifiques? Je pense que c’est une combinaison des deux. Les scientifiques doivent apprendre à simplifier leur langue et à rester en contact avec les journalistes, voire à les amener sur le terrain si nécessaire, tout comme le font les politiciens. Les politiciens savent comment établir des liens avec les journalistes. Peut-être que les scientifiques ont quelques trucs à apprendre auprès des politiciens?

