2. Burundi: une « culture perdue » repousse dans les champs locaux (Syfia Grands Lacs)
Date publiée: 17 novembre 2008
Hélène Nzirubusa est une fière cultivatrice de colocase de la vallée de la rivière Mukazye, dans la province de Rutana, au Burundi. La colocase, aussi connue sous le nom de taro, avait disparu depuis près de dix ans mais aujourd’hui, cette culture de soudure renaît timidement presque partout dans les champs de la province de Rutana, grâce à des efforts de remise en culture soutenus par des centres de multiplication des boutures qui sont ensuite distribuées aux agriculteurs.
Joseph Ndikumana est aussi parmi les agriculteurs qui font pousser le taro dans la province de Rutana. Il se souvient que dans son enfance, c’est la colocase qui assurait l’essentiel de l’alimentation d’avril à février. La colocase est un tubercule important dans l’alimentation des Burundais. Elle est plus appréciée que la patate douce et le manioc.
Mme Nzibubusa travaille dans les champs de multiplication des boutures de colocase. Elle dit que grâce au retour de la colocase à grande échelle parmi les cultures des Burundais, la famine ne sera bientôt qu’une légende. Ce tubercule est aussi plus résistant à la sécheresse que toutes les autres cultures locales et est mieux adapté au sol et aux conditions climatiques du Burundi. La culture de la colocase est très simple. Il suffit d’enfouir la racine dans un trou avec du fumier. Quatre à six mois plus tard, les agriculteurs font la récolte.
Le taro donne un rendement de 10 à 30 tonnes l’hectare. Ce tubercule peut se garder longtemps au champ. Les Burundais conservent ces tubercules en les enfouissant dans le sol; ils les déterrent au fur et à mesure qu’ils en ont besoin. La colocase est très riche en amidon. Elle se consomme avec du haricot ou avec de l’amarante et un peu de sel.
Léonard Butoyi est l’ingénieur qui supervise les travaux du centre de multiplication de boutures à Rutana qui, en collaboration avec l’autorité agricole du Burundi, multiplie une variété de taro importée d’Ouganda. Il dit que cette variété à haute performance est multipliée afin de répondre en peu d’années aux besoins de la population. Même si ce n’est que la région de Rutana qui bénéficie des boutures améliorées, il y a tout de même des petites pousses vertes qui apparaissent spontanément dans des champs à travers le pays. Ces pousses sont porteuses d’espoir pour les agriculteurs.
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