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Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

2. Namibie: le peuple Bochiman retourne sur ses terres ancestrales (Agence France Presse)

Une vieille femme regarde tout autour de ses nouvelles terres agricoles. Son visage ridé s’anime d’un sourire timide alors qu’elle tape des mains. Elle dit que ses ancêtres sont heureux maintenant qu’elle est plus proche de chez elle, plus proche de sa terre natale.

La nouvelle ferme de Khamuxas Hira est à quelques 60 kilomètres de son lieu de naissance, dans le nord-ouest de la Namibie, où elle avait passé une enfance libre et heureuse jusqu’à l’âge de 14 ans. À cette époque-là, explique-t-elle, «les Sud-Africains ont mis en place une clôture de contrôle des animaux à proximité et nous ont dit de sortir.»

Dans les années 70, le régime de l’apartheid a commencé à forcer le peuple San, ou Bochiman, hors de ses terres ancestrales, dans le parc national d’Ethosha. On a octroyé des terres ancestrales à certains groupes ethniques faisant partie du peuple San, à l’intérieur du parc. La tribu de Mme Khamuxas, les Haikom, a été exclue de ce régime.

En 2007, le groupe ethnique Haikom a remporté une décision légale lui permettant de retourner sur ses terres traditionnelles. Le gouvernement Namibien a acheté des terres dans le sud du parc Ethosa. Soixante-dix-huit familles du peuple Haikom, incluant celle de Mme Khamuxas, ont reçu un lopin de terre.

Alors que Mme Khamuxas se réjouit de ce retour, il reste à savoir comment elle et les gens de son peuple pourront désormais gagner leur vie. À l’instar de nombreux Haikom, Mme Khamuxas a passé la majeure partie de sa vie active à se déplacer de ferme en ferme, travaillant pour gagner des petits salaires. Depuis 1990, date à laquelle la Namibie a obtenu son indépendance, les gens sont autorisés à circuler librement et certains Haikom ont travaillé dans le parc Etosha comme «traqueurs» ou garde-chasses.

Libertine Amathila est la Vice-Première Ministre de la Namibie. Elle affirme que certaines des terres données au peuple Haikom seront utilisées pour l’agriculture. Le gouvernement laissera les animaux sauvages se déplacer dans d’autres régions, créant un potentiel pour des activités touristiques.

Le peuple Haikom vivait dans la région depuis des millénaires avant son déplacement forcé, causé par l’apartheid. Traditionnellement, le people Haikom chasse des animaux sauvages et cueille des plantes pour l’alimentation et l’usage médicinal. Le lieu de naissance de Mme Khamuxas se trouve à l’abreuvoir d’Ombika, à l’intérieur du parc. C’est maintenant une destination populaire pour les touristes. Dans son nouveau chez elle, Mme Khamuxas aimerait enseigner à ses petits-enfants les utilisations traditionnelles des arbres et des plantes.
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1. Ouganda: la commercialisation collective rétablit les profits des agriculteurs après le conflit (Magazine LEISA - Low External Input and Sustainable Agriculture)

Le district de Moyo se trouve dans le nord-ouest de l’Ouganda, le long de la frontière soudanaise. Pendant des années, la population de Moyo a fait face à la fois aux conflits faisant rage dans ces deux pays. Durant la guerre civile du Soudan, les réfugiés ont inondé la région. Dans la même période, les activités locales de l’Armée de résistance du Seigneur rendaient périlleux les déplacements par voie terrestre. Mais maintenant que la paix est revenue dans le sud du Soudan et que le risque de violence s’est atténuée dans le nord de l’Ouganda, les agriculteurs du district de Moyo peuvent à nouveau faire des profits.

L’arachide, les oignons, le manioc, le haricot, le sorgho ainsi que d’autres légumes poussent dans les champs du district de Moyo. La plupart des agriculteurs produisent juste assez de nourriture pour leurs familles - et jusqu’à tout récemment, il n’y avait pas de marché pour leurs excédents alimentaires. Cette saison, les agriculteurs d’arachides et d’oignons ont rétabli leurs réseaux locaux et soudanais afin de coordonner ensemble la mise en marché de leurs produits agricoles. Le résultat a été de meilleurs profits.

Betty Jurugo est une cultivatrice d’arachides qui a pris part au régime de commercialisation collective. Le régime a commencé avec quelques agriculteurs locaux qui faisaient la collecte d’informations sur tous les cultivateurs d’arachide - leur situation géographique ainsi que la quantité et les variétés qu’ils cultivent. Parallèlement, le Netherlands Development Organisation a établi des liens avec des commerçants et les National Agricultural Advisory Services (NAADS) du gouvernement ougandais. Les commerçants ont accepté de payer un meilleur prix pour les arachides, si les agriculteurs d’arachides pouvaient leurs livrer la marchandise à un seul endroit.

Mme Jurugo et d’autres agricultrices issues de deux sous-districts de la région de Moyo ont donc apporté leurs récoltes d’arachides à un emplacement central, où les récoltes de chaque agriculteur ont été pesées sur une balance. Plus de 20 tonnes d’arachides ont été collectées. À un endroit et un jour spécifique, des intermédiaires sont ensuite venus pour acheter les arachides - préférant l’arachide rouge pour le marché local. Les agriculteurs ont reçu 700 shillings ougandais (environ 0,35 dollars américains ou 0,25 euros) par kilo, 20 % de plus que ce qu’ils auraient reçu s’ils avaient vendu leurs arachides individuellement.

Les cultivateurs d’oignons ont essayé une approche similaire, avec le soutien des NAADS. Un petit comité d’agriculteurs a pris l’initiative d’identifier les marchés et de vérifier les prix de vente de l’oignons dans chacun d’eux, tandis que d’autres bénévoles ont recensé les agriculteurs d’oignons de la région pour les informer des prix et de la demande. Dans ce cas-là, la ville de Nimule, de l’autre côté de la frontière soudanaise, a été identifiée comme étant le meilleur endroit pour la commercialisation.

Les agriculteurs ont apporté leurs oignons à un endroit désigné. Les oignons ont été nettoyés et triés, et la quantité apportée par chaque agriculteur a été enregistrée. NAADS ont obtenu l’autorisation d’exporter les oignons. Ils ont été vendus à Nimule en seulement deux jours. Chaque agriculteur a reçu 1,200 shilling ougandais (environ 0,60 dollars américains ou 0,45 euro) par kilo.

Les agriculteurs d’oignons participants ont déclaré qu’ils ont fait de plus grands profits, ont gagné du temps, et ont appris les uns des autres. Encouragés par le succès de la commercialisation collective, les agriculteurs envisagent d’augmenter leur production la saison prochaine.
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2. Afrique: les bonnes récoltes se traduisent par une baisse des prix pour les agriculteurs (IRIN, Agence Reuters)

Les agriculteurs de plusieurs pays d’Afrique sont satisfaits des récoltes abondantes de cette saison, mais les bonnes récoltes ne sont pas toujours synonymes de bons profits.

Au Burkina Faso, cette année, la récolte de riz a été trois fois plus abondante que l’année dernière. Grâce à une bonne saison des pluies et à l’appui financier du gouvernement pour l’achat de semences et de fertilisants, les agriculteurs burkinabés ont produit 235000 tonnes de riz.

Sur les marchés burkinabés, le riz local se vend 0,62 dollars américains le kilo, plus que le prix auquel il se vendait l’année dernière. Mais le ministère de l’Agriculture veut que le riz se vende moins cher, soit à un taux forfaitaire de 0,22 dollars américains le kilo.

Les agriculteurs ne sont pas d’accord avec cette proposition. Bassiaka Dao est le président de la Confédération des paysans, le plus grand syndicat agricole du Burkina Faso. Il dit que les riziculteurs s’endettent en investissant dans l’achat d’engrais, de pesticides et de carburant - qui ont tous contribué à augmenter le prix de la production du riz. M. Dao dit les agriculteurs ont besoin d’un prix plus élevé pour pouvoir joindre les deux bouts.

Même en l’absence de fixation des prix, une bonne récolte des cultures de base conduit souvent à des prix plus bas pour les agriculteurs. Les producteurs de maïs d’Afrique du Sud ont eu leur meilleure récolte en 13 ans. Quelques 12,7 millions de tonnes de maïs ont été produites, dépassant toutes les prévisions.

On estime que 500000 tonnes de maïs ont été mises en réserve par les agriculteurs, tandis que le reste a été vendu. Des rapports sur la forte demande en maïs ont causé la baisse du prix de ce dernier sur le marché. Le prix du maïs blanc a diminué de 2,4 % pour atteindre 1709 rands sud-africains la tonne (environ 168 dollars américains ou 123 euros), alors que le prix du maïs jaune a diminué de 2,8 % pour atteindre 1660 rands sud-africains la tonne (environ 163 dollars américains ou 119 euros).
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Kenya: le café de haut de gamme peut-il engendrer des revenus plus élevés? (Inter Press Service)

Les Blue Mountains de la Jamaïque sont les montagnes les plus élevées des Caraïbes, culminant à 2,200 metres. Sur ces collines fraîches et brumeuses se cultive l’un des cafés les plus recherchés au monde. Prisé pour sa saveur douce et peu amère, le café Jamaica Blue Mountains se vend facilement pour 45 dollars américains la livre.

Les caféiculteurs membres de la Kenya Planters Co-operative Union espèrent qu’un jour le Kenya aura également son propre café Blue Mountain. Le syndicat des caféiculteurs tente de catégoriser les variétés de café du Kenya selon les régions où elles sont cultivées.

Sylvester K’okoth est le gérant de la Division valeur ajoutée et marketing de ce syndicat. Il dit que l’association du café à une marque de haut de gamme devrait bénéficier aux caféiculteurs en faisant augmenter son prix sur les marchés. Ce sont les caféiculteurs de la région Blue Mountain du Kenya qui pourraient en profiter le plus car leur café a des propriétés similaires à son homologue jamaïcain. Le syndicat cherche également à promouvoir les marques Mt. Kenya et Aberdares.

Cependant, même si le café Kenyan de haute gamme se fraye une place sur le marché international, les profits des caféiculteurs du Kenya demeurent bas.

Loise Njeruis est le directeur général du Coffee Board of Kenya. Il dit que les caféiculteurs ne produisent pas assez de café pour pleinement bénéficier des meilleurs prix qu’apporte l’association du café à une marque de haute gamme. Actuellement, le caféiculteur moyen produit environ trois kilos de graines par arbre. M. Njeruis spécule que, si les caféiculteurs dans des régions qui produisent du café de haute gamme pouvaient produire 15 kg de haricots par arbre, ils commenceraient à avoir de bonnes recettes.

Au cours des dernières années, il y a eu un élan pour promouvoir différentes variétés de cafés africains afin d’en tirer un meilleur prix sur les marchés internationaux. L’Éthiopie, meilleur producteur de café africain, a ouvert la voie de la commercialisation internationale avec trois marques de cafés spécialisés: Yirgacheffe, Sidamo et Harar. Le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie ont tous créés des cafés de marque.

Le café africain a pris plus de place sur la scène internationale plutôt cette année lorsque le Cup of Excellence (l’Alliance pour l’excellence du café ) — un organisme à but non-lucratif qui effectue les plus grandes compétitions de café au monde — a tenu sa première exposition en sol africain, à Kigali, au Rwanda.
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2. Zimbabwe: le gouvernement encourage l’usage des semences à pollinisation libre plutôt que celui des semences hybrides (African agriculture)

Le gouvernement zimbabwéen fait de plus en plus la promotion de variétés de maïs et d’autres cultures à pollinisation libre, cette saison. Le gouvernement a distribué 260 tonnes de semences à pollinisation libre aux agriculteurs et aux institutions, dans le but d’améliorer l’approvisionnement en semences à long terme.

Basil Nyabadza est un défenseur de la petite production céréalière au Zimbabwe. Il explique que le pays a abandonné sa tradition d’utilisation de semences à pollinisation libre il y a de nombreuses années, en faveur des semences hybrides. Contrairement aux variétés de semences à pollinisation libre, les semences hybrides ne peuvent normalement pas être stockées pour usage ultérieur. Par conséquent, les semences hybrides importées doivent être achetées chaque année.

M. Nyabadza ajoute que l’effet des sécheresses récentes, combiné à l’usage de semences hybrides a gravement appauvri les réserves de semences. L’extrême inflation et les embargos commerciaux qui empêche le commerce avec le Zimbabwe ont également limité ses options d’importation.

Douglas Nyikayaramba est le président du sous-comité de Resource Mobilization and Utilization logistics, au Zimbabawe. Il dit que le gouvernement essaie de réduire la dépendance du pays en matière de variétés de semences importées. Le gouvernement encourage également les agriculteurs à démarrer des banques de semences locales.

Les semences à pollinisation libre récemment distribuées aux agriculteurs comprennent le maïs, le mil, le sorgho, le riz pluvial, l’arachide, le niébé et le tournesol. La majeure partie des semences a été distribuée aux régions les plus arides du pays, parmi lesquelles figurent les provinces suivantes: Manicaland, Midlands et Mashonaland Est.
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