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Le texte radiophonique des Radios Rurales de la semaine

Les patates douces en Ouganda

L’Année internationale de la pomme de terre a officiellement pris fin mais les pommes de terre et d’autres tubercules restent, bien sûr, des cultures importantes pour les petits agriculteurs du monde entier. Encore une fois, le texte radiophonique de la semaine met l’emphase sur les tubercules, en explorant la façon dont la patate douce a changé la vie des agriculteurs dans l’est de l’Ouganda. Ce texte rapporte un entretien avec le chef d’un groupe d’agriculteurs, qui explique comment son groupe choisit les variétés de patates douces à cultiver et quels produits dérivés de la patate douce seront vendus. Nous présentons aussi une entrevue avec un chercheur spécialiste de la pomme de terre, qui explique comment les réseaux d’aide aux agriculteurs ont contribué à la multiplication des variétés de patates douces.

Notes au radiodiffuseur

Eugene Ekinyu est un producteur de patates douces du district de Soroti dans l’est de l’Ouganda. Il est également président d’un groupe de 300 producteurs de patates douces. Quand il parle des patates douces, le sujet l’emballe. Les patates douces l’ont aidé à envoyer trois de ses enfants à l’université. Elles ont aidé d’autres agriculteurs du groupe à acheter de nouveaux lits, à bâtir de nouvelles maisons, à lancer de nouvelles entreprises et à scolariser leurs enfants. M. Ekinyu envisage de construire une nouvelle maison pour sa famille. Il lui a déjà choisi un nom : la Maison de la patate douce.

La patate douce, de son nom scientifique Ipomoea batatas, est une plante vivace à fanes. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), l’Ouganda est le troisième producteur de patates douces au monde et les Ougandais en consomment en moyenne 85 kilos par an, ce qui les place au troisième rang de tous les pays au monde. Les patates douces sont transformées en de nombreuses sortes d’aliments en Ouganda, notamment de l’amukeke (des tranches de patates douces séchées au soleil), des croustilles et du gruau de patates douces.

Les patates douces répandent donc la richesse parmi les agriculteurs. La radio peut-elle jouer un rôle en aidant les agriculteurs à fuir la pauvreté et à faire pousser des cultures qui rapportent beaucoup? La réponse est oui. Elle peut raconter l’histoire d’agriculteurs locaux qui décèlent un besoin sur le marché et font pousser des cultures pour satisfaire ce besoin. Elle peut parler des groupes d’agriculteurs qui collaborent pour ajouter de la valeur à leurs récoltes, ce qui leur apporte une plus grande sécurité alimentaire et un revenu. Elle peut fournir à une agricultrice une tribune pour raconter sa propre réussite, sous forme d’un journal radiophonique. La radio peut présenter des mini-feuilletons qui montrent comment les agriculteurs intelligents et les associations d’agriculteurs font pousser et transforment des cultures en prévision de la demande accrue sur les marchés.

Le texte qui suit est une entrevue avec Eugene Ekinyu et avec le Dr Robert Mwanga, chercheur ougandais sur les patates douces. Le texte repose sur deux entrevues réelles, effectuées par téléphone avec les deux hommes. Voici trois des nombreuses façons dont les radiodiffuseurs pourraient utiliser la matière de ce texte.

Premièrement, une station pourrait utiliser des voix d’acteurs pour personnifier l’agriculteur et le chercheur et modifier le libellé du texte pour l’adapter aux conditions locales. Si vous utilisez cette approche, il est très important de dire à votre auditoire que les voix sont celles d’acteurs, pas celles des personnes interviewées à l’origine, et que l’émission a été adaptée pour l’auditoire local mais repose sur des entrevues réelles.

Deuxièmement, vous pourriez utiliser les entrevues comme base et comme inspiration pour créer votre propre émission portant sur la recherche et la production des patates douces et sur les groupes d’agriculteurs dans votre propre région. Ou bien vous pourriez faire la même chose avec un autre aliment bénéfique.

Troisièmement, vous pourriez simplement choisir l’information qui vous paraît particulièrement intéressante dans le texte, en utilisant votre recherche personnelle, et la développer en vue de créer une émission pertinente pour votre propre auditoire.

Rappelez-vous également que, peu importe le mode d’utilisation de ce texte et peu importe l’émission que vous réalisez, vous pouvez y donner suite avec des dialogues ou des débats communautaires enregistrés portant sur le sujet de votre émission. Et n’oubliez pas les discussions en tables rondes, les tribunes téléphoniques et les entrevues avec des dirigeants.

Animateur : Je m’entretiens aujourd’hui avec M. Eugene Ekinyu, président de l’Association des producteurs et des transformateurs de patates douces de Soroti. Bonjour, M. Ekinyu. Pouvez-vous me parler des débuts de votre groupe.

Eugene Ekinyu : Bonjour. Notre groupe d’agriculteurs a vu le jour en 2003, lorsque nous avons suivi un cours de formation sur la patate douce d’une durée de six mois dans une école de terrain pour agriculteurs. En 2004, après la formation, nous avons décidé qu’il fallait continuer après l’achèvement du projet dans cette école de terrain. Nous avons donc formé une association de dix groupes d’agriculteurs, totalisant quelque 300 membres. Environ 60 % des membres sont des femmes.

Animateur : Est-ce parce que la patate douce est habituellement cultivée par les femmes dans la région de Soroti?

Eugene Ekinyu : Pas vraiment. La main d’œuvre est partagée. L’homme travaille habituellement la terre avec une houe. Les femmes plantent, désherbent et récoltent. En outre, elles effectuent le tranchage et la transformation de la patate douce. L’Association compte cinq comités de travail – un pour la production, un pour la publicité et la formation, un pour la valeur ajoutée, un pour l’épargne et le crédit et un pour le marketing et la vente.

Animateur : À quels défis le groupe fait-il face?

Eugene Ekinyu : Au début, le principal défi consistait à trouver des plants. À Soroti, la méthode traditionnelle de culture des patates douces consiste à attendre que des espèces végétales spontanées germent. Il s’agit de racines de patates douces qui sont restées dans le champ après la récolte de la saison précédente. Nous coupons habituellement les fanes pour les planter en juin ou juillet. Mais si vous voulez obtenir de meilleurs rendements de patates douces, vous devez commencer au début des pluies vers mars ou avril.

Animateur : Comment avez-vous relevé ce défi?

Eugene Ekinyu : Nous avons collaboré avec le Dr Robert Mwanga à l’Institut national de recherches sur les cultures. L’Institut développe des variétés et nous apporte de petites quantités de fanes des nouvelles variétés de patates douces, que nous plantons et multiplions. Ensuite, nous les testons à la ferme. Nous évaluons leur rendement sur le terrain et ensuite leurs résultats à la table.

Animateur : Y-a-t-il des variétés qui ressortent du lot?

Eugene Ekinyu : Nous avons évalué quatre des variétés : Kakamega, Ejumula, Vita et Kabode. Ce sont toutes des patates à chair orange. Kakamega et Ejumula ont une plus forte teneur en matière sèche que Vita ou Kabode. Si vous voulez transformer une patate douce en croustilles, il vous faut une variété à teneur élevée en matière sèche. Si vous voulez obtenir un kilo de croustilles, il faut faire sécher trois kilos de racines fraîches. Avec Vita et Kabode, il en faut environ cinq à six kilos. Mais nous avons développé d’autres produits qui ont besoin d’une plus faible teneur en matière sèche – du jus, de la confiture, des croustilles et de la soupe de patates douces. Nous utilisons les variétés Kabode et Vita pour fabriquer ces produits.

Animateur : Comment déterminez-vous quels produits se vendront bien sur le marché?

Eugene Ekinyu : Nous développons un produit, nous le donnons à tester aux consommateurs, nous obtenons leurs commentaires, nous effectuons les améliorations et nous les leur redonnons. Grâce à cette méthode, il faut environ deux ans pour en arriver à un produit acceptable. À l’heure actuelle, le produit le plus populaire est le gruau de patates douces. Nous l’appelons le gruau spécial.

Animateur : Les agriculteurs profitent-ils de la culture et de la transformation des patates douces?

Eugene Ekinyu : Oui, le revenu tiré des patates douces a permis à un agriculteur de s’acheter un matelas au lieu de dormir sur le sol. D’autres ont acheté des chèvres ou du bétail. Certains ont construit des maisons, d’autres ouvrent des petites boutiques et d’autres encore se lancent en affaires ou bien peuvent trouver de bonnes écoles pour leurs enfants. Moi-même, avec l’argent que je gagne, j’envisage de construire une structure permanente, une maison. Je l’appellerai la Maison de la patate douce.

Animateur : Merci de nous avoir parlé aujourd’hui, M. Ekinyu. (Pause) Maintenant, je vais m’entretenir avec le Dr Robert Mwanga, qui est chef des recherches sur la patate douce à l’Organisme national de recherches agricoles en Ouganda. Dr Mwanga, je crois savoir que vous avez développé quelques variétés nouvelles de patates douces. Pouvez-vous me dire pourquoi ces variétés ont été développées, comment elles ont été répandues et quels résultats elles ont donnés?

Robert Mwanga : Nous développons de nouvelles variétés de patates douces en fonction des besoins des agriculteurs et des problèmes auxquels ils font face. Ces problèmes peuvent être la sécurité alimentaire, la nutrition, les parasites ou la fertilité des sols. Récemment, notre objectif visait à développer des variétés de patates douces pour la sécurité alimentaire – en vue d’accroître les rendements, comparativement aux variétés que les agriculteurs font habituellement pousser, et pour améliorer la nutrition, essentiellement la teneur en vitamine A, parce que les variétés cultivées par les agriculteurs ne contiennent pas beaucoup de vitamine A. L’autre problème réside dans les maladies – les virus et une maladie appelée la brûlure alternarienne. Les variétés que nous diffusons ont donc, en général, une bonne résistance aux virus et à la brûlure alternarienne. Et les nouvelles variétés devraient produire au moins autant que celles que cultivent les agriculteurs. L’autre chose que veulent généralement les agriculteurs et les consommateurs en Afrique de l’Est ce sont des patates douces à haute teneur en matière sèche.

Animateur : Comment sont distribuées les nouvelles variétés parmi les agriculteurs?

Robert Mwanga : Pour les cultures à base de semences comme le maïs, les haricots et le tournesol, il existe des compagnies de semences. Ainsi, lorsqu’une nouvelle variété de maïs est développée, elle est donnée aux compagnies de semences pour la multiplier et la distribuer dans les différentes régions du pays par l’intermédiaire de leurs agents. Mais les cultures comme les patates douces, le manioc et les bananes ne poussent pas à partir de semences – elles ont une reproduction végétative. Par exemple, les patates douces poussent à partir de fanes. Il n’y a pas de compagnies de semences pour ces cultures. Au lieu de cela, les ONG et les autres organismes qui s’intéressent aux nouvelles variétés obtiennent des fanes de patates douces des chercheurs, les multiplient et les distribuent ensuite dans tout le pays. Les groupes d’agriculteurs et les agriculteurs individuels peuvent également récupérer des fanes de patates douces auprès de l’institut de recherches et auprès de ce qu’on appelle des centres de développement agricole, ainsi que des agents de vulgarisation. Tous ces organismes et ces agriculteurs individuels contribuent donc à multiplier et à distribuer les nouvelles variétés de patates douces.

Animateur : Ces nouvelles variétés se sont-elles ensuite répandues partout en Ouganda?

Robert Mwanga : Certaines des variétés sont très populaires – celles qui donnent de bons rendements et sont bien acceptées par les consommateurs. Nous avons mis en marché 19 variétés et trois ou quatre sont peut-être plus répandues.

Animateur : Je crois comprendre qu’une des variétés les plus prometteuses s’appelle NASPOT 1. Quels résultats a donnés cette variété?

Robert Mwanga : NASPOT 1 s’est largement répandue dans les pays entourant le lac Victoria. Elle a même été amenée dans des régions de l’Afrique de l’Ouest. NASPOT 1 a un point faible, car elle ne résiste pas à la brûlure alternarienne. Mais elle donne encore un bon rendement. Elle a aidé les agriculteurs à combattre les pénuries de nourriture grâce à ses rendements très élevés. Avec un bon sol et des pluies abondantes, les agriculteurs peuvent commencer à récolter cette variété après deux mois à deux mois et demi. Évidemment, les rendements seraient meilleurs après quatre mois à quatre mois et demi. Mais, pour les agriculteurs confrontés à de graves pénuries alimentaires, il est possible de récolter après deux mois ou deux mois et demi.

Animateur : Pensez-vous que cette maturation précoce explique la popularité de NASPOT 1?

Robert Mwanga : C’est une des raisons pour lesquelles elle est très répandue. Les autres sont sa teneur élevée en matière sèche, sa facilité à cuisiner et ses rendements élevés.

Animateur : Les groupes d’agriculteurs ou les agriculteurs individuels font-ils du réseautage pour répandre les nouvelles variétés?

Robert Mwanga : Oui, les groupes d’agriculteurs font des échanges entre agriculteurs. Par exemple, on peut troquer des haricots et obtenir en retour des fanes de patates douces. Parfois, les agriculteurs vendent les fanes. Par exemple, il y a un agriculteur qui fait du porte en porte dans les villages. Lorsqu’il a commencé, il se déplaçait à pied. Ensuite, il a gagné assez d’argent pour s’acheter une moto. Et maintenant, il en possède plusieurs! Il vend de petites quantités de fanes, peut-être une cinquantaine, pour moins d’un dollar, soit la quantité qu’un ménage peut se permettre d’acheter. Chaque ménage achète quelques fanes et les multiplie ensuite et c’est ainsi qu’ils ont répandu ces variétés. Quand il vend ces patates douces à chair orange, il transmet un message aux acheteurs. En même temps qu’il vend les fanes, il les informe de l’utilité des patates douces à chair orange pour lutter contre la carence en vitamine A. Quand il a commencé, il le faisait seul, mais aujourd’hui il emploie dix personnes.

Animateur : Actuellement, quels sont les principaux défis pour produire et distribuer les patates douces en Afrique de l’Est?

Robert Mwanga : Le principal défi est l’absence de compagnies de semences qui font le négoce des patates douces ou d’autres végétaux à reproduction végétative. Nous devons créer un système dans lequel certains agriculteurs se spécialisent dans la culture de plants, afin que les agriculteurs puissent obtenir des fanes de patates douces durant toute l’année. Ensuite, quiconque s’intéresse à acheter des plants de patates douces pourrait acheter des semences exemptes de maladies. La qualité des plants diminue après quelques années et ensuite le rendement baisse. Après deux ou trois cycles de croissance, les agriculteurs sont obligés d’abandonner leur variété, parce qu’ils se disent : « Oh, cette variété ne produit plus ». Nous devons adopter le même genre d’approche que dans les pays développés, où certains producteurs cultivent uniquement pour le marché des semences. Ceci permettra de maintenir le niveau élevé des rendements et toutes les variétés qui sont mises en marché auront plusieurs bonnes années de production car les agriculteurs commenceront avec des semences propres et exemptes de maladies et ils constateront que leurs rendements augmentent.

L’autre grand défi auquel font face les producteurs de patates douces est la pénurie ou l’absence de marchés, ce qui provoque un affaiblissement des prix ou le pourrissement des récoltes invendues. Les agriculteurs doivent s’organiser en groupes pour faire fonctionner la culture des patates douces comme une entreprise. Ils doivent également lancer des entreprises à valeur ajoutée ou de transformation ou s’associer à de telles entreprises qui transforment les patates douces en différents produits sur une échelle commerciale pour contribuer à atténuer le problème de mise en marché.

Animateur : Merci, Dr Mwanga. (Pause) Aujourd’hui, nous avons entendu parler de la culture et de la transformation des patates douces en Ouganda et de quelques nouvelles variétés de patates douces qui aident les agriculteurs et les groupes d’agriculteurs à gagner un revenu supplémentaire. Êtes-vous un producteur de patates douces? Peut-être qu’un membre de votre famille cultive des patates douces? Si les propos que vous avez entendus aujourd’hui vous intéressent, parlez à des vulgarisateurs de votre région et à d’autres producteurs de patates douces. Peut-être pourriez-vous profiter de certaines des stratégies utilisées par ces agriculteurs dans l’est de l’Ouganda? Merci d’avoir été à l’écoute et à la prochaine!

Remerciements
Rédaction : Vijay Cuddeford, rédacteur, Radios Rurales Internationales.
Révision : Robert Mwanga, chef, recherches sur la patate douce, Organisme national de recherches agricoles, Institut national de recherches sur les cultures, Kampala, Ouganda.

Sources d’information
Entrevue téléphonique avec Eugene Ekinyu, président, Association des producteurs et des transformateurs de patates douces de Soroti, 16 novembre 2008.
Entrevue téléphonique avec Robert Mwanga, chef, recherches sur la patate douce, Organisme national de recherches agricoles, Institut national de recherches sur les cultures, Kampala, Ouganda, 3 novembre 2008.

Programme entrepris avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

Des remerciements spéciaux sont adressés à la Fondation McCain pour l’appui accordé à cette texte radiophonique

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Les patates douces oranges

Étant donné que l’Année de la pomme de terre tire à sa fin, nous vous proposons un autre texte radiophonique qui met l’accent sur cette culture. Le texte « Les patates douces oranges » parle de cette variété de patates douces à la chaire orange qui contient beaucoup de vitamine A, vitale à la santé des humains. Ce texte est une entrevue avec une agricultrice ougandaise qui a essayé de cultiver des patates douces oranges pour la première fois la saison dernière. Elle décrit des techniques pour cultiver les patates douces oranges et de la gestion des ravageurs et des maladies.

Notes au radiodiffuseur

L’Afrique fait actuellement face à un problème de famine et de pauvreté à grande échelle. En Afrique, la plupart des économies reposent sur l’agriculture. De nos jours, de nombreux agriculteurs quittent la ferme pour se lancer dans d’autres métiers, à cause des défis posés par l’agriculture comme les changements climatiques, les parasites et les maladies, la baisse de fertilité des sols, les fluctuations des prix et d’autres problèmes.

Mais les chercheurs ont découvert de nouvelles cultures qui sont avantageuses pour les agriculteurs. Parmi celles-ci, citons la patate douce orange. Quelques agriculteurs ont commencé à cultiver cette plante en obtenant de bons résultats. La patate douce orange contient beaucoup de vitamine A, qui est vitale pour la santé des humains. On peut faire des gâteaux et des pains avec des patates douces oranges fraîches. Les aliments fabriqués à partir de la racine fraîche conservent la vitamine A, à la différence de la farine obtenue avec la racine. Elle pousse plus rapidement que la patate douce blanche et donne un rendement comparable.

Ce texte est basé sur une interview réelle menée auprès d’un agriculteur, en Ouganda. Pour la production de ce texte sur votre station, vous pouvez choisir d’utiliser les voix d’acteurs pour jouer le rôle des participants à l’interview, et changer la formulation du texte pour l’adapter à votre situation locale. Dans ce cas, veuillez vous assurer d’informer votre auditoire dès le début de l’émission que les voix sont celles d’acteurs, pas celles des personnes interrogées à l’origine, et que le programme a été adapté à votre auditoire local mais se base sur une vraie interview.

Musique brève et fondu enchaîné

Animateur: Chers auditeurs et auditrices, merci d’être à l’écoute de CBS FM. Bienvenue à cette émission agricole durant laquelle nous allons parler des patates douces oranges et de leur importance dans nos collectivités.

Au cours des dernières années, on savait que les patates douces oranges provenaient habituellement de Soroti et qu’on en trouvait sur les marchés de la région centrale de l’Ouganda et dans d’autres régions pendant la morte-saison des patates douces blanches. Aujourd’hui, certaines organisations non gouvernementales comme VEDCO, en collaboration avec HarvestPlus, ont démarré un projet pour sensibiliser les collectivités à l’importance et à la valeur des patates douces oranges.

Notre invitée de ce soir en studio est une agricultrice qui a découvert l’importance de cultiver la patate douce orange. Nnalongo Ssekinguse Joyce est une résidente de Kateente, du sous-comté de Nakisunga dans le district de Mukono. Joyce, saluez nos auditeurs et nos auditrices qui écoutent notre émission.

Joyce : J’adresse mes salutations à tous les auditeurs et auditrices de CBS, plus particulièrement à ceux et celles qui oeuvrent dans l’agriculture. Merci de travailler et de soutenir le Royaume de Buganda.

Animateur : Comment avez-vous appris à connaître la patate douce orange?

Joyce : Au début, cette sorte de pomme de terre n’était pas courante dans la région centrale. Je n’étais pas intéressée à la cultiver parce que j’étais habituée à notre sorte locale de pomme de terre. En octobre 2007, l’ONG VEDCO a approché notre groupe d’agriculteurs et nous a renseignés tous les 25 sur l’importance et les avantages de cultiver et de manger la patate douce à chair orange.

Animateur : Quelle est cette importance et quels sont ces avantages dont vous parlez?

Joyce : VEDCO nous a dit que si nos familles mangeaient des patates douces à chair orange, elles consommeraient beaucoup de vitamine A. Par conséquent, elles seront moins souvent victimes de maladies comme la diarrhée et la rougeole et, dans le cas contraire, elles guériront vite. Nous constaterons également une amélioration de la vue et de la croissance de nos enfants, si bien que les mères qui sont enceintes ou qui allaitent devraient manger des patates douces à chair orange, ainsi que les enfants de moins de cinq ans. Nos globules blancs seront beaucoup plus habilités à combattre les maladies et notre peau aura une plus belle apparence. Ils nous ont également appris comment gagner de l’argent avec cette sorte de pomme de terre – en utilisant la racine fraîche, nous pouvons faire des chapatis et des mandazis et vendre le surplus. Les chapatis fabriqués à partir de la racine fraîche contiennent beaucoup de vitamine A.

Animateur : Comment avez-vous commencé à cultiver cette sorte de pomme de terre?

Joyce : Au départ, VEDCO a donné 240 fanes de pommes de terre à chaque agriculteur - 60 fanes de quatre variétés, à savoir Kabode, Vita, Kakamega et Ejumula.

Animateur : Comment faites-vous pousser cette sorte de pomme de terre?

Joyce : Il n’y a pas de grande différence entre la culture de la patate douce à chair orange et celle de la patate douce blanche originale. La différence réside dans le nombre de fanes de pommes de terre que vous plantez dans un monticule de pommes de terre.

Lorsque vous cultivez des patates douces à chair orange, vous plantez trois fanes sur un monticule de pommes de terre pour obtenir un meilleur rendement et vous les plantez sur les côtés. Vous creusez un petit cratère ou une cuvette au sommet du monticule, dans lequel vous placez des engrais fabriqués localement à partir d’excréments d’animaux, d’urée animale, de cendres et d’herbe si votre sol n’est pas assez fertile. Autrement dit, vous incorporez des engrais dans le sol.

Animateur : Pourquoi tout ce travail? Cela semble pénible.

Joyce : D’après notre conseiller vulgarisateur, si vous limitez le nombre de fanes de pommes de terre sur un monticule, vous pouvez anticiper des rendements plus élevés et des pommes de terre plus grosses. Si vous plantez trois fanes sur un seul monticule, il y aura moins de concurrence pour les nutriments du sol et on s’attend donc à avoir de grosses pommes de terre. Et si vous voulez de meilleurs rendements, vous devez évidemment ajouter des engrais dans le sol. En outre, la lutte contre les parasites et les maladies fait augmenter considérablement le rendement.

Animateur : Quelle est la différence entre les quatre variétés de pommes de terre que vous avez mentionnées?

Joyce : Il y a des différences. Par exemple, la variété Kabode a une forme plus ronde mais n’est pas très longue. Elle pousse très vite et a une couleur orange plus foncée.

Animateur : Qu’en est-il des autres sortes de patates douces?

Joyce : La Vita pousse en hauteur mais n’arrive pas aussi rapidement à maturité que la Kabode. Elle n’est pas non plus d’une couleur orange aussi foncée à l’intérieur que la Kabode.

Animateur : Cela signifie-t-il que la patate douce ne reçoit pas suffisamment de nutriments?

Joyce : Pas vraiment, mais il existe une autre sorte. La variété Ejumula est de couleur crème à l’extérieur mais également orange foncée à l’intérieur. Enfin, la Kakamega ressemble beaucoup à la Kawogo, qui est une sorte de pomme de terre couramment cultivée à l’échelle locale dans la plupart des régions de l’Afrique. Il faut plus de temps avant de la récolter, à savoir cinq mois, alors que les autres sortes ne prennent que quatre mois. Avec la Kakemaga, vous pouvez anticiper une foule de petites pommes de terre.

Animateur : Au début, quelle superficie avez-vous cultivée quand vous avez amorcé ce projet de patates douces?

Joyce : Au départ, j’ai utilisé un dixième d’hectare, parce que je pensais que cela pouvait avoir des effets secondaires sur ma terre. Il y a des récoltes que l’on dit préjudiciables pour le sol. Vous savez, nous les agriculteurs sommes parfois sceptiques au sujet de nouvelles entreprises. Mais cette initiative s’est révélée bonne. Après la première récolte, je cultive maintenant des patates douces oranges sur près d’un demi-hectare et je m’attends à passer à trois hectares.

Animateur : Comment a été votre première récolte?

Joyce : Elle a été fructueuse parce que j’ai obtenu quatre sacs d’environ 120 kilos chacun, ce qui donne à peu près 480 kilos sur une petite superficie.

Animateur : Avez-vous eu des problèmes jusqu’à maintenant pour cultiver la patate douce orange?

Joyce : Comme d’habitude, les chenilles attaquent nos fanes de pommes de terre; en outre, nous n’avons pas assez de main d’œuvre dans nos champs. Pour planter les patates douces oranges, il faut démarrer avec des fanes exemptes de maladies, sinon votre récolte sera victime d’une infection virale. C’est tout particulièrement le cas avec la variété Ejumula. Au moment de la récolte, vous devez ramasser toutes les patates et planter la récolte suivante dans un nouveau champ pour minimiser la propagation de la maladie. Normalement, nous les agriculteurs avons tendance à effectuer la récolte par étapes, c’est-à-dire que vous récoltez ce que vous allez consommer à un moment donné et que vous continuez jusqu’à ce que tout le champ soit récolté. Mais avec la variété Ejumula, il est préférable de récolter tout le champ à la fois pour réduire les chances de maladie. Les trois autres sortes de patates douces oranges peuvent être récoltées par étapes comme d’habitude, selon les besoins du ménage et en temps opportun.

Animateur : Quelles mesures avez-vous prises pour surmonter ces problèmes?

Joyce : Pour les problèmes de parasites et de maladies, nous utilisons des méthodes de lutte simples. Le moyen couramment utilisé est un mélange d’excréments d’animaux, d’urée, de cendres et d’herbes locales, en le laissant reposer pendant une semaine pour ensuite le répandre sur les jardins avec un arrosoir.

Animateur : OĂą vendez-vous le surplus de vos champs?

Joyce : Tous les lundis, nous avons un marché communautaire à Nkokonjeru où nous amenons nos produits agricoles frais.

Animateur : Comment partagez-vous l’information avec les autres au sujet des patates douces à chair orange?

Joyce : Nous avons un groupe d’agriculteurs appelé Munno Mukabi. Il y a 25 agriculteurs qui se réunissent régulièrement et ce sont ceux qui transmettent aux autres l’information sur les patates douces.

Animateur : Avez-vous des plans d’avenir à mesure que vous continuez à cultiver des patates douces à chair orange?

Joyce : Comme je l’ai dit précédemment, je me débats pour agrandir mon jardin afin de pouvoir augmenter mon rendement et vendre suffisamment de patates pour payer les frais de scolarité de mes enfants, et aussi pour prendre soin de ma famille, car mon mari commence à être vieux.

Animateur : Dans quels domaines avez-vous besoin d’aide pour atteindre vos objectifs?

Joyce : Nous avons besoin d’un prêt pour acheter un petit tracteur, qui simplifierait le travail dans nos jardins. Nous devons également apprendre des méthodes pour transformer nos pommes de terre et en faire d’autres produits. Mais, l’élément le plus important, c’est que nous devons rendre visite à des agriculteurs qui sont devenus prospères en cultivant des patates douces oranges dans d’autres régions, afin de pouvoir acquérir davantage de connaissances.

Animateur : Merci d’avoir partagé votre riche expérience avec nous. Avez-vous des messages à transmettre à nos agriculteurs?

Joyce : Les agriculteurs des autres régions du pays devraient commencer à cultiver cette sorte de pomme de terre parce qu’elle est bonne pour la santé de nos familles et offre la possibilité d’en tirer un bon profit.
Animateur : Joyce, merci d’avoir participé à notre émission de ce soir et j’ai hâte de vous accueillir une prochaine fois.

Thème musical de clôture et indicatif de l’émission

Remerciements
Rédaction : Tamale Konde Julius, CBS FM Radio, un partenaire radio de Radios Rurales Internationales.
Révision : personnel de HarvestPlus à Kampala : Anna Marie Ball, Martin Wamaniala, Sylvia Magezi, Charles Musoke et Harriet Nsubuga.

Sources d’information
Nnalongo Ssekinguse Joyce de Kateente, sous-comté de Nakisunga, district de Mukono, Ouganda.
Personnel du projet HarvestPlus.

Des remerciements spéciaux sont adressés à la Fondation McCain pour l’appui accordé à cette texte radiophonique Des remerciements très particuliers sont adressés au Fonds de justice sociale du Syndicat des travailleurs et travailleuses canadiens de l’automobile (TCA) pour l’appui accordé à cette pochette de textes portant sur le travail dans le secteur de l’agriculture.

Programme entrepris avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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« Tichitepo kanthu pakusamalira madz! (Faisons quelque chose au sujet de l’eau et de l’assainissement!) »

Le texte radiophonique de cette semaine a été produit par Dzimwe Community Radio, au Malawi. Ce texte est fondé sur l’expérience des villageois de Nsumbi 1, un village de pêcheurs et de petits agriculteurs, près du lac Malawi. Grâce à un montage d’extraits d’entrevues ainsi qu’une entrevue avec le chef de village, ce texte raconte comment les villageois ont travaillé ensemble et ont demandé de l’aide extérieure pour améliorer leur accès à l’eau potable et comment ils ont surmonté les obstacles liés à la construction de latrines familiales.Notes au radiodiffuseur

Mangochi est un district au Malawi, en bordure du lac Malawi. La majorité des habitants de Mangochi travaillent comme pêcheurs ou petits exploitants agricoles. Dans le passé, un certain nombre de collectivités du district n’avaient pas accès à de l’eau potable. Il en résultait des éclosions de maladies d’origine hydrique. À l’époque, les villageois ne réalisaient pas que ces éclosions étaient reliées au fait de boire de l’eau non potable. Les maladies hydriques ont peut-être ralenti le développement dans la région, parce que les flambées de maladies ont empêché les gens de participer à des projets d’entraide. Au lieu de cela, ils étaient malades ou s’occupaient des malades. Hilda Jambo, journaliste à la Station de radio communautaire Dzimwe, fait un reportage depuis Mangochi sur la façon dont les gens ont résolu leurs problèmes d’eau et d’assainissement.

Le présent texte est un mélange d’entrevues et des extraits sonores de villageois qui discutent de la situation de l’eau et de l’assainissement dans leur village. Un chef du village est interviewé et nous entendons les voix d’autres membres de la collectivité qui ont aussi été interviewés. Si vous souhaitez changer le format afin que toutes les discussions soient présentées comme des entrevues, il faut modifier légèrement les paroles de la journaliste. Une autre option consiste, comme d’habitude, à utiliser ce texte comme un guide ou une inspiration pour effectuer des entrevues dans votre propre collectivité. Quels sont les problèmes auxquels font face votre collectivité ou les collectivités voisines? Comment se sont regroupés les membres de la collectivité pour aborder ces problèmes? Quels défis ont-ils rencontrés et comment les ont-ils relevés? N’oubliez pas qu’il vaut toujours mieux recourir aux propres paroles de gens. En outre, lorsque vous parlez des solutions aux problèmes d’eau et d’assainissement, mettez-y beaucoup de détails sur les technologies utilisées pour résoudre leur problème.

Hilda Jambo : Je m’appelle Hilda Jambo et je suis journaliste à la Station de radio communautaire Dzimwe. Je suis à Nsumbi 1, un village éloigné dans le district de Monkey-Bay Mangochi au Malawi, à trois kilomètres de la Station de radio communautaire Dzimwe à Mangochi. Le village de Nsumbi compte quelque 9 000 habitants. Environ 60 % de la population sont des pêcheurs, tandis que les 40 % restants sont des agriculteurs.

La population de Nsumbi 1 a augmenté car des migrants sont arrivés, à la recherche de rivages de pêche et de débouchés commerciaux. En conséquence, les familles ont moins de terres, en moyenne 900 mètres carrés. La région est proche du lac et repose sur des sols sablonneux, ce qui complique le creusage des puits et des toilettes.
Même si le gouvernement et des agences non gouvernementales ont fini par mettre la collectivité au courant de la menace posée par les maladies d’origine hydrique, il fut difficile de trouver des solutions viables au problème d’assainissement en l’absence d’une source d’eau potable.

J’ai parlé au chef Nsumbi, qui a expliqué les problèmes d’assainissement dans son village.

Chef Nsumbi : Je suis le chef des villages groupés de Nsumbi, de l’Autorité traditionnelle Nankumba. Dans le passé, les gens de mon village avaient l’habitude de boire l’eau directement du lac. Nous n’utilisions habituellement pas de chlore pour tuer les germes contenus dans l’eau. Parfois, nous utilisions du chlore mais cela ne marchait pas parce qu’on ne l’employait pas de la bonne façon. Par conséquent, nous avions des poussées de maladies d’origine hydrique comme le choléra et la diarrhée. Bien des gens ont perdu la vie. Vous pouvez voir que notre collectivité repose sur du sable, si bien qu’il était difficile de construire des toilettes. Les gens qui ont réussi à construire des toilettes ont constaté qu’elles s’effondraient moins de 20 jours après leur construction. Les villageois ont donc continué à déféquer dans la nature – dans le sable ou dans les buissons.

Hilda Jambo : Comment avez-vous abordé ce problème?

Chef Nsumbi : Je n’avais pas l’esprit tranquille, étant donné que beaucoup de gens mouraient d’une flambée de choléra. Pendant les réunions communautaires, les gens me demandaient sans cesse de faire quelque chose au sujet de ce problème. J’ai décidé de prendre des mesures, puisque je suis un surveillant du village. J’ai présenté le problème à un Comité de développement régional, qui fait partie de notre administration locale, et j’ai demandé de l’aide. La question a été transmise à l’Assemblée du district, qui a contacté d’autres personnes dans le district de Mangochi.

Hilda Jambo : Quelle a été la réponse?

Chef Nsumbi : Vision Mondiale Internationale et le Conseil de l’eau de Monkey-Bay ont entendu parler de nos problèmes et sont venus travailler dans mon village en 2001. Ils ont installés trois robinets communaux et deux trous de forage, ce qui a considérablement réduit les problèmes d’accès à l’eau et de maladies hydriques. Ils ont utilisé des briques, de petites pierres et du ciment pour construire des puits et des forages solides. Mais comme il y a tellement de gens dans la région, les forages n’étaient pas suffisants. Un autre genre de réaction est venu par le biais d’un club d’écoute radiophonique de notre village appelé Le développement par la radio. Ce club d’écoute radiophonique d’auditeurs réalise des émissions radiophoniques sur les enjeux du développement. Ces émissions sont diffusées à la Station de radio communautaire Dzimwe et à la Malawi Broadcasting Corporation.

Hilda Jambo : J’ai rencontré la présidente du club d’écoute radiophonique d’auditeurs Le développement par la radio de Nsumbi 1, qui m’a expliqué le rôle qu’ils jouent pour s’attaquer aux problèmes d’eau et d’assainissement à Mangochi.

Cecilia Milanzi : Je m’appelle Cecilia Milanzi. Je suis du village de Nsumbi 1 et j’ai 42 ans. En 1998, nous avons entendu dire que la Station de radio communautaire Dzimwe émettrait à partir de Mangochi et qu’il y aurait un club d’écoute radiophonique Le développement par la radio. C’était passionnant parce que cela signifiait que les collectivités auraient une voix à la radio pour parler des défis rencontrés. Ensuite, si des partisans favorables, soit une organisation non gouvernementale soit un organisme gouvernemental, écoutent l’émission, ils peuvent nous aider à prendre des mesures.

En tant que village de Nsumbi, nous estimions que c’était le moment idéal pour soulever nos problèmes d’eau et d’assainissement. Notre club d’écoute radiophonique discuta de la question de l’eau et des toilettes et enregistra une émission sur la situation dans le village. L’émission fut diffusée à la Station de radio communautaire Dzimwe et à la Malawi Broadcasting Corporation, ce qui incita les travailleurs en santé environnementale à se pencher sur le sujet. Des fonds furent débloqués pour acheter du ciment afin de construire des toilettes familiales, mais ce ne fut suffisant que pour 10 familles. Ce projet particulier ne fut pas continué parce que le financement était limité. Toutefois, les collectivités collaborent actuellement avec l’Agence islandaise de développement international, également appelée ICEIDA, sur des projets d’eau et d’assainissement.

Hilda Jambo : J’ai rencontré un autre homme qui est un membre de la collectivité dans le village de Nsumbi et qui a donné son point de vue sur les problèmes d’eau et d’assainissement, et sur la façon dont la collectivité les a surmontés

Lawe : Je m’appelle Lawe et je suis du même village que le chef Nsumbi. J’avais deux enfants. Malheureusement, l’un d’eux est mort. Celui qui a survécu m’a fait grand-père de huit petits-enfants. Je voudrais commenter les propos du chef du village. Oui, il est vrai que, pendant les réunions du village, notre chef recevait des plaintes au sujet de nos problèmes d’eau et d’assainissement. Depuis lors, le chef du village et les villageois ont fait de leur mieux pour surmonter les problèmes. Aujourd’hui, Nsumbi va mieux. Au moins, nous avons des forages et des robinets communaux. Mais, comme nous avons tellement d’habitants, il n’y a pas assez d’eau, car l’offre n’est pas suffisante pour l’ensemble de la collectivité. Nous avons seulement trois robinets communaux et deux forages pour 9 000 habitants.

À l’heure actuelle, nous avons un très gros défi avec les toilettes, puisque notre région est sablonneuse et qu’il est difficile de construire une bonne toilette. Mais il semble que nous surmonterons bientôt ce problème par le biais du nouveau projet de l’ICEIDA. Le gros problème dans nos villages surgit durant la saison des pluies, parce que des gens dépendent encore d’une eau potable non traitée, qui apporte le choléra et la diarrhée dans le village. Nous avons demandé au chef de notre village de s’assurer que les familles ont au moins des toilettes. Si nous avons du ciment, les gens peuvent construire leurs propres toilettes. Nous venons tout juste d’apprendre que l’ICEIDA va venir nous aider dans le cadre d’un projet en matière d’eau et d’assainissement. Nous sommes en train de nous organiser pour contribuer à la mise en œuvre du projet.

Musique

Hilda Jambo : Chef, quels sont vos plans futurs concernant les problèmes de toilettes et d’eau?

Chef Nsumbi : Nous avons fait de notre mieux pour résoudre ces problèmes. L’accès à l’eau potable est meilleur que jamais auparavant. Comme l’a déjà mentionné la présidente du club d’écoute radiophonique Le développement par la radio, les toilettes posent encore un problème. J’ai rapporté la question à l’administration locale et aujourd’hui ICEIDA Malawi est venue dans mon village. Ils envisagent de construire des toilettes à fosse pour les familles et de creuser davantage de forages. Ils changeront l’avenir de Nsumbi!!

Hilda Jambo : L’ICEIDA a aidé le village de Nsumbi à élire un Comité de l’eau et de l’assainissement dans le village. Je voulais savoir ce que le comité a fait jusqu’à maintenant.

Mme Agnes Ladweck : Je suis Mme Agnes Ladweck. J’ai six enfants et un petit-enfant. Un représentant d’ICEIDA nous a aidés à élire un Comité de l’eau et de l’assainissement avec dix personnes pour représenter le village. Nous avons convenu de fabriquer des briques pour construire les toilettes et nous avons reçu une formation et des matériaux pour les fabriquer. Malheureusement, nos briques ont été détrempées et abîmées à la fin de novembre 2007, si bien que nous n’avons pas pu construite les toilettes. L’ICEIDA a organisé une visite d’échange en septembre de cette année. Les villageois de Nsumbi 1 ont visité une collectivité qui a déjà construit des toilettes. En tant que village, nous sommes en train de nous organiser en groupes pour fabriquer des briques. Notre plan vise à offrir 400 briques à chaque habitant du village pour contribuer à construire de bonnes toilettes et des forages communautaires.

Hilda Jambo : J’ai visité les bueaux d’ICEIDA à Monkey-Bay pour savoir pourquoi ils ont décidé de mettre en œuvre un programme d’eau et d’assainissement dans cette région.

Mme Merry Makande : Je m’appelle Mme Merry Makande et je travaille au bureau d’ICEIDA à Monkey-Bay sur des projets d’eau et d’assainissement. L’ICEIDA a effectué des recherches sur l’eau et l’assainissement dans la péninsule de Nankumba et a constaté que les collectivités situées sur le rivage n’avaient pas accès à de l’eau potable et qu’il était difficile pour elles de construire de bonnes toilettes parce que le sol est sablonneux. Nous voulions aider les collectivités à construire de bonnes toilettes sans ciment, mais uniquement avec des briques. L’ICEIDA souhaite autonomiser les collectivités, alors nous fournissons les matériaux pour le moulage des briques et nous les avons formées sur la façon de les construire. C’est le travail des villageois de fournir la main d’œuvre pour mouler les briques et construire les forages et les toilettes.

Nous avons formé un Comité de l’eau et de l’assainissement, dans le village de Nsumbi, pour contribuer à construire de bonnes toilettes et pour avoir un meilleur accès à de l’eau potable. L’ICEIDA encourage la collectivité à s’approprier le projet. En septembre 2008, nous sommes allés, avec quelques villageois de Nsumbi, au village de Zimbawadi, où l’ICEIDA a déjà aidé les villageois à construire des toilettes et à avoir accès à de l’eau potable. Nsumbi est intéressé par ce projet. Ils ont mis sur pied trois groupes de travail. L’un d’eux fabrique des briques. Nsumbi a conscience de ses problèmes. C’est pourquoi ils veulent poursuivre ce projet.

Hilda Jambo : Ainsi, Nsumbi 1 a presque réussi à résoudre ses problèmes d’eau et de toilettes. (Pause). Chers auditeurs et chères auditrices, le fait de passer à l’action, aussi peu soit-il, a aidé Nsumbi 1 à passer de graves problèmes à une situation améliorée. La connaissance de votre problème est proche de sa résolution. Grâce au chef de leur village, le club d’écoute radiophonique s’est uni au reste des membres de la collectivité pour se pencher sur le problème. (Pause) Je crois que vous avez appris plusieurs choses. Premièrement, parlez de vos problèmes avec vos voisins en groupes et à la radio – c’est bien d’avoir quelques chiffres et des renseignements par écrit sur le problème. Deuxièmement, appuyez le chef pour soulever ces problèmes auprès des autorités. Troisièmement, demandez de l’aide externe auprès du gouvernement et d’ONG. Quatrièmement, soyez prêts à appuyer ces agences externes avec vos propres efforts. Cinquièmement, rendez visite à d’autres villages qui ont résolu ces problèmes et apprenez de leur expérience. Et, sixièmement, la persévérance fait toute une différence. En attendant la prochaine fois, c’est moi, Hilda Jambo, qui vous dit au revoir.

Remerciements
Rédaction : Hilda Jambo, Station de radio communautaire Dzimwe, Mangochi, Malawi, un partenaire radio de Radios Rurales Internationales.
Révision : Alan Etherington, expert-conseil indépendant en eau, en assainissement et en promotion de l’hygiène, et ex-employé de WaterAid.

Des remerciements spéciaux sont adressés à la Fondation Harbinger qui finance cette pochette de textes portant sur l’eau et l’assainissement.Programme entrepris avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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M. ou Mme Patate de l’année!

Vous et vos auditeurs en apprendrez davantage sur les pommes de terre grâce à ce mini-feuilleton, dans lequel un commerçant agricole et un agriculteur local répondent aux questions d’un animateur loufoque. Si vous vous êtes déjà demandé de quel continent les pommes de terre irlandaises viennent vraiment, ce que c’est qu’une “véritable semence de pomme de terre” ou tout simplement quel est le meilleur moyen de faire frire les pommes de terre, vous trouverez les réponses dans ce texte radiophonique. Ce texte est un «aperçu» de la Pochette 86, qui sera envoyée aux partenaires internationaux de Radios Rurales Internationales dès la semaine prochaine et sera affichée en ligne peu de temps après. Nous vous présenterons un autre texte sur les pommes de terre dans la prochaine édition d’ARH!

Notes au radiodiffuseur

Les Nations Unies ont qualifié la pomme de terre d’« aliment de l’avenir ». Même si les pommes de terre sont cultivées dans 125 pays de la planète, elles offrent un fort potentiel pour une production accrue et de meilleurs rendements, surtout en Afrique.

La pomme de terre possède de nombreuses qualités extraordinaires. Par exemple, le tubercule de pomme de terre comestible pèse environ 85 % de toute la plante. Par contre, dans le cas du blé, du maïs et du riz, seul l’épi est comestible, ce qui représente environ 50 % du poids de la plante. La pomme de terre produit donc de deux à quatre fois plus de valeur alimentaire à l’hectare que les céréales. Les pommes de terre sont nutritives, avec des niveaux élevés d’hydrates de carbone, de vitamines C et B et de minéraux comme le fer. Même si les pommes de terre blanches font face à des problèmes de parasites, la collaboration entre les chercheurs et les agriculteurs permet de surmonter ces difficultés.

Les pommes de terre représentent un aliment prometteur pour satisfaire les besoins des agriculteurs de subsistance et des agriculteurs commerciaux et pour lutter contre la pauvreté et la malnutrition. La capacité de la pomme de terre de produire plus de nourriture sur une superficie moindre en un temps plus court signifie que les pommes de terre valent la peine qu’on leur fasse de la publicité. Grâce à leurs nombreux avantages, les Nations Unies ont nommé 2008 l’Année internationale de la pomme de terre.

Le texte qui suit est une émission-questionnaire plaisante, avec des personnages excessifs, surtout l’animateur ou le meneur de jeu. Si la personnalité du meneur de jeu ne convient pas à l’auditoire de votre station, n’hésitez pas à adapter les personnages à vos besoins. Pensez également à utiliser des noms appropriés sur le plan local. L’émission est destinée à informer l’auditoire sur les avantages de cultiver et de manger des pommes de terre, tout en donnant une petite leçon d’histoire sur la pomme de terre. Elle est destinée à être théâtrale et exagérée, avec une musique forte et des applaudissements – un divertissement, avec des renseignements intéressants en chemin.

Animateur : Bienvenue tout le monde au premier jeu-questionnaire annuel portant sur la pomme de terre!

FX : Thème musical très dynamique, sur un fond d’applaudissements et d’acclamations. Maintien pendant 10 secondes, puis fondu enchaîné sous la voix de l’animateur et sortie.

Animateur : Durant l’émission d’aujourd’hui, nous allons rencontrer deux concurrents soigneusement sélectionnés qui se disputeront l’honneur d’être Monsieur ou Madame Patate de l’année.

FX : Applaudissements

Animateur : C’est vraiment un grand honneur. Notre personne gagnante chanceuse recevra également quelques prix de valeur – 5 kilos des variétés de pommes de terre roses irlandaises et de patates douces oranges, plusieurs sortes d’ignames, un kilo de véritables pommes de terre de semence et une statue en bronze de la pomme de terre. Et maintenant, permettez-moi de vous présenter notre meneur de jeu M. Domevlo Abrafo.

FX : Musique de danse très forte et acclamations « hystériques », comme si la foule applaudissait un musicien ou une chanteuse célèbre.

M. Abrafo : (Criant par dessus les applaudissements et les acclamations) Bienvenue à l’émission! Bienvenue tout le monde! (Après cela, les acclamations cessent progressivement) Mais vraiment (pause et d’une voix plus douce) … N’ai-je pas l’air formidable?

FX : Rires de la foule, avec beaucoup de gens criant « oui » puis une personne criant fortement « non »! Le meneur de jeu tousse rapidement comme s’il était dérangé par le « non » et il commence à parler vite.

M. Abrafo : Parfait, passons maintenant aux choses sérieuses. Permettez-moi de vous présenter nos deux formidables concurrents. Tout d’abord, nous avons Mme Lydia Onkomo, négociante en produits agricoles de (insérez le nom d’un endroit local). Ce qu’elle ne sait pas sur les pommes de terre c’est … eh bien, rien. Elle sait tout! Presque autant que moi! Elle est formidable. Elle sera difficile à battre.

FX : Applaudissements

Lydia Onkomo : Merci. J’aimerais remercier…

M. Abrafo : (l’interrompant plutôt brutalement) Oui, oui, oui, vous aurez la chance de parler bientôt. Oh … J’ai failli oublier. On doit toujours commencer un spectacle – je voulais dire une émission de radio – par une blague, dans le cas présent il s’agit d’une blague sur les pommes de terre. (Note de la rédaction : si cette blague n’est pas appropriée ou pas amusante pour votre auditoire, utilisez-en une autre.) Donc… il était une fois un vieil homme qui vivait seul dans une grande ville. Il adorait les pommes de terre et voulait en cultiver dans son petit lopin de terre. Mais il était trop vieux et trop frêle pour bêcher son jardin. Son fils unique habitait loin. Le vieil homme écrivit donc une lettre à son fils, lui demandant de venir le plus tôt possible afin de lui bêcher son jardin. Quelques jours plus tard, le vieil homme reçut une lettre de son fils. « Pour l’amour du ciel » (Note de la rédaction : insérez au besoin une expression localement appropriée), disait son fils dans la lettre, « Ne bêches pas le jardin! C’est là que j’ai caché les cadavres »!

FX : Quelques rires nerveux

M. Abrafo : À quatre heures le lendemain matin, les policiers arrivèrent et retournèrent tout le jardin, mais sans rien trouver. Ils s’excusèrent auprès du vieil homme et partirent. Le même jour, le vieil homme reçut une autre lettre de son fils. « Cher papa, tu peux maintenant planter tes pommes de terre. C’est le mieux que j’ai pu faire de si loin ». (Rires) Il est temps maintenant de rencontrer notre deuxième concurrent. Il s’appelle M. David Nkelete et c’est un agriculteur local de (insérez le nom d’un endroit local).

FX : Applaudissements

M. Abrafo : Oh, je peux encore voir la saleté sous ses ongles. Il doit en connaître un rayon sur les pommes de terre.

David Nkelete : Si je dis quelque chose, vous allez tout simplement me couper la parole.

M. Abrafo : Vous avez tout à fait raison. Je peux affirmer que vous allez être un bon concurrent! Maintenant, passons directement au jeu. Les règles sont simples. Je vais vous poser à tous les deux cinq questions sur les pommes de terre. Le concurrent ayant le plus de bonnes réponses remportera le jeu – et le titre de Monsieur ou Madame Patate de l’année. Êtes-vous prêts tous les deux?

Ensemble : Oui.

M. Abrafo : Voici la première question : Est-il VRAI ou FAUX que la pomme de terre a un lien avec la patate douce?

Lydia Onkomo : (rapidement) C’est FAUX. Elles n’ont aucun lien..

M. Abrafo : M. Nketele?

David Nkelete : (Lentement) Je pense qu’elles ont un lien.

M. Abrafo : Formidable! La pomme de terre et la patate douce ne sont pas des espèces apparentées. La pomme de terre est membre de la famille Solanum et elle est apparentée aux tomates, aux aubergines et aux poivrons. La patate douce est membre de la famille Ipomoea. C’est une bonne réponse pour Mme Onkomo. Voici la deuxième question : De quel continent est originaire la pomme de terre?

Lydia Onkomo : (Avec rapidité et ardeur) D’Europe. Elle vient d’Irlande. C’est la raison pour laquelle on l’appelle en anglais la pomme de terre irlandaise.

M. Abrafo : C’est absolument… FAUX. Désolé, Madame la négociante. Connaissez-vous la bonne réponse, M. Nkelete?

David Nkelete : Permettez-moi de consulter la saleté sous mes ongles.

FX : Rires dans l’auditoire, puis une courte pause

David Nkelete : Je dirais qu’elle provient d’Amérique du Sud.

M. Abrafo : Et vous auriez… raison!

FX : Applaudissements

M. Abrafo : Cela fait une bonne réponse pour M. Nkelete et une pour Mme Onkomo. Les Espagnols ont amené la pomme de terre d’Amérique du Sud en Europe au seizième siècle. D’Europe, ils ont voyagé dans le reste du monde. Maintenant, elles sont cultivées dans plus de 125 pays. En fait, le mot français « patate » vient du mot indigène sud-américain « papa ». Voici la troisième question. La plupart des aliments sont cultivés à partir de semences. Est-il VRAI ou FAUX que les pommes de terre peuvent être cultivées à partir de semences de pommes de terre?

David Nkelete : (Rapidement) FAUX. Elles sont cultivées à partir de petits tubercules appelés pommes de terre de semence.

M. Abrafo : Que dites-vous, Mme Onkomo?

Lydia Onkomo : C’est une bonne chose que je sache presque tout, n’est-ce pas, meneur de jeu?

FX : Rires dans l’auditoire

Lydia Onkomo : Parce que seule une personne qui sait presque tout saurait que les pommes de terre produisent des semences et que vous pouvez utiliser des semences de pommes de terre pour faire pousser des pommes de terre.

M. Abrafo : Peut-ĂŞtre que vous savez tout, Mme Onkomo. Car vous avez raison!

FX : Applaudissements

M. Abrafo : Formidable! Cela fait deux bonnes réponses pour Mme Onkomo et une bonne réponse pour M. Nkelete. En fait, les véritables semences de pommes de terre, comme on les appelle, sont de plus en plus utilisées pour faire pousser des tubercules de semence qui sont ensuite transplantés dans les champs des agriculteurs. La véritable semence de pomme de terre a l’avantage d’être exempte de maladies, comme le mildiou ou le flétrissement bactérien, qui peuvent endommager fortement les récoltes de pommes de terre. Le recours à de véritables semences de pommes de terre prend de l’ampleur en Afrique. C’est formidable, Mme Onkomo! (Pause) Mais avant de poser la quatrième question, je tiens à rappeler à tout l’auditoire en studio et aux auditeurs et auditrices à la radio que je ferai vendredi et samedi de la semaine prochaine une émission très spéciale…

Lydia Onkomo : (L’interrompant) Hé, je pensais que c’était à notre tour d’avoir un peu d’attention, pas à vous. Pouvez-vous cesser de parler de vous et poser la question?
FX : Un silence plane pendant quelques secondes, puis quelques personnes commencent à applaudir, puis d’autres, et finalement la majorité de l’auditoire l’applaudit.

M. Abrafo : (Lorsque les applaudissements diminuent) Très bien alors, je vais raconter une autre blague sur les pommes de terre.

Des membres de l’auditoire: (Criant) Non! Posez simplement les questions!

M. Abrafo : (Irrité) D’accord, d’accord… La quatrième question demande à nouveau une réponse par VRAI ou FAUX. Est-il VRAI ou FAUX qu’une pomme de terre contient la moitié des besoins quotidiens en vitamine C d’un adulte?

Lydia Onkomo : C’est FAUX. La vitamine C se trouve en grandes quantités dans les fruits comme les oranges et les mangues, et dans les tomates, mais pas dans les pommes de terre.

M. Abrafo : M. Nkelete, que dites-vous?

David Nkelete : Cette fois-ci, elle a raison.

Lydia Onkomo : Que voulez-vous dire – cette fois-ci? Êtes-vous en train de dire que…?

M. Abrafo : (L’interrompant à voix haute et en riant) Je dis que vous avez tort tous les deux! Une fois bouillie, une seule pomme de terre de taille moyenne contient environ la moitié des besoins quotidiens en vitamine C d’un adulte. Elle contient également beaucoup de vitamine B, de fer, de potassium et de zinc. La vitamine C est nécessaire pour la croissance et la réparation des tissus dans toutes les parties de votre corps. La vitamine B contribue à améliorer le fonctionnement du système nerveux et du système immunitaire. Le fer est également essentiel pour le bon fonctionnement du système nerveux ainsi que pour le métabolisme et le transport de l’oxygène. Le potassium est essentiel pour un fonctionnement sain du système nerveux et du cerveau. Les pommes de terre sont donc comme un buffet extraordinairement nutritif! (Pause) Auditoire, nos deux concurrents ne sont-ils pas formidables?

FX : Applaudissements

M. Abrafo : (Continuant sur un ton sarcastique) Voyons maintenant s’ils peuvent répondre correctement à une question! (D’une voix normale) Nous arrivons à notre dernière question. Mme Onkomo a deux bonnes réponses et M. Nketele en a une. Si M. Nketele répond correctement à la dernière question, nous serons obligés de poser une question subsidiaire pour les départager. Êtes-vous prêts tous les deux? La dernière question demande aussi une réponse par VRAI ou FAUX. Est-il VRAI ou FAUX que la pomme de terre est la quatrième culture en importance au monde, en termes de poids de la récolte?

David Nkelete : C’est VRAI.

Lydia Onkomo : Non, c’est FAUX. Il y a de nombreuses céréales qui sont produites en plus grandes quantités que les pommes de terre : le riz, le maïs et bien d’autres.

M. Abrafo : Désolé, Mme Onkomo, M. Nketele a raison! On produit plus de pommes de terre en poids que toute autre récolte dans le monde – à l’exception du maïs, du riz et du blé. Chaque année, on cultive 320 millions de tonnes de pommes de terre sur 18 millions d’hectares de terres agricoles dans le monde. Les pommes de terre produisent deux à quatre fois plus d’énergie alimentaire – ou de calories – à l’hectare que les céréales. Elles constituent donc un aliment formidable pour enrayer la faim. Et l’Afrique a la production de pommes de terre connaissant la plus forte croissance au monde. Maintenant, nous sommes obligés de poser une question d’une intensité dramatique pour les départager. (D’une voix plus douce et théâtrale) Vous pouvez percevoir la tension et l’anticipation dans l’air. Les auditrices et les auditeurs sont assis au bord de leurs sièges. En réalité, cela me rappelle un film dans lequel j’ai tourné un jour…. Je jouais un rôle qui…

Les deux concurrents : (L’interrompant à voix haute et sévèrement) Meneur de jeu!

M. Abrafo : (Irrité) D’accord, d’accord. Voici la question subsidiaire. Je vais vous lire trois énoncés. Seulement deux de ces énoncés sont VRAIS. Je veux que vous me disiez à tour de rôle quel énoncé est FAUX. Voici les trois énoncés. Premier énoncé : Les meilleures patates frites (parfois appelées croustilles) sont frites deux fois. Deuxième énoncé : Les pommes de terre produisent plus de nourriture par unité d’eau que tout autre culture importante. Et troisième énoncé : La plupart des pommes de terre au monde sont cultivées dans les pays développés du Nord. (Pause) Lequel de ces trois énoncés est FAUX? Mme Onkomo?

Lydia Onkomo : C’est très difficile. (Pause) Mais je dirais que le premier énoncé est FAUX. Je ne pense pas qu’il faut frire les croustilles deux fois.

M. Abrafo : Et que pense notre agriculteur? M. Nkelete?

David Nkelete : Je suis d’accord que c’est une question très difficile. Mais j’ai encore une fois consulté la saleté sous mes ongles et j’ai décidé de deviner que le troisième énoncé est FAUX.

M. Abrafo : Vous pensez donc qu’il n’est pas VRAI que la plupart des pommes de terre au monde sont cultivées dans les pays développés du Nord?

David Nkelete : Oui, je pense que cet énoncé est peut-être FAUX.

M. Abrafo : Quelle situation formidable! Chacun de nos deux concurrents attend impatiemment de savoir s’il a raison. La situation est dramatique, pleine de complications, de joie et de tristesse. Qui va partir joyeux et content ce soir en ayant réalisé tous ses rêves, M. ou Mme Patate de l’année? Et qui sera anéanti de chagrin? C’est finalement le moment de révéler la réponse… (D’une voix douce) Mme Onkomo…

FX : Queques acclamations commencent mais cessent dès que le meneur de jeu poursuit.

M. Abrafo : … Je suis désolé. (Pause) M. Nkelete a donné la bonne réponse. Plus de 50 % des pommes de terre au monde sont maintenant cultivées dans les pays en développement!

FX : Acclamations bruyantes et soutenues

David Nkelete : (Au milieu des acclamations bruyantes) Merci beaucoup.

M. Abrafo : (Avec des applaudissements et des acclamations en arrière-plan durant tout son discours) M. David Nkelete est M. Patate de l’année! Il a démontré une connaissance formidable de ce merveilleux aliment, qui est facile à cultiver, peut être préparé et consommé de maintes façons délicieuses et devrait faire partie du régime alimentaire de tout le monde. Et il peut engendrer un gros revenu pour les agriculteurs comme M. Nkelete! S’il vous plaît, M. Nkelete, acceptez nos félicitations et n’oubliez pas de récupérer vos prix formidables. (À voix plus haute) Le plus important, n’oubliez pas que je serai en spectacle samedi et dimanche prochain à (insérez le nom du lieu local du spectacle). La semaine suivante, je serai en spectacle à (nom d’une ville proche) au (nom du lieu du spectacle). La semaine d’après, je serai en spectacle à (nom d’une ville proche) au (nom du lieu du spectacle).

FX : Le meneur de jeu continue à énumérer les villes et les salles avec des acclamations et des applaudissements en toile de fond. L’indicatif musical monte, tient pendant 5 secondes, puis la musique, la voix du meneur de jeu, les applaudissements et les acclamations disparaissent en fondu enchaîné.

Remerciements
Rédaction : Vijay Cuddeford, rédacteur, Radios Rurales Internationales.
Révision : Paul Stapleton, chef, Département des communications et de la sensibilisation du public, Centre international de la pomme de terre (CIP), Lima, Pérou.

Sources d’information

Site Web de l’Année internationale de la pomme de terre : http://www.potato2008.org/fr/index.html
Site Web du Centre international de la pomme de terre : http://www.cipotato.org/
Centre international de la pomme de terre. Press Room / Facts et Figures: 2008 – the International Year of the Potato :
http://www.cipotato.org/pressroom/facts_figures/2008_international_year_of_the_potato.asp
Site Web de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture FAOSTAT : http://faostat.fao.org/

mccain.JPG Des remerciements spéciaux sont adressés à la Fondation McCain pour l’appui accordé à cette texte radiophonique.

Programme entrepris avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Pour garder votre famille en bonne santé, diversifiez les cultures

Cette semaine, l’histoire en provenance de la Côte d’Ivoire sur les éleveurs de poulets et de lapins illustre l’une des raisons justifiant l’importance de la diversification de la production agricole: la protection du revenu familial pour assurer un bon approvisionnement alimentaire en cas d’épidémie affectant le bétail. Mais il existe de nombreuses autres raisons pour diversifier les cultures et le bétail. Un agriculteur qui plante de nombreuses cultures a une plus grande assurance qu’il aura un minimum de nourriture, même si une ou plusieurs cultures sont improductives. Ce même agriculteur aura de meilleures chances de gagner un revenu décent, même si le prix du marché d’une culture particulière baisse de façon spectaculaire. Le texte suivant se penche sur un autre argument pour supporter la diversification des cultures - veiller à ce que votre famille puisse avoir un régime alimentaire varié et nourrissant, même si l’argent se fait rare. Ce texte peut être consulté en ligne à l’adresse suivante: http://farmradio.org/francais/radio-scripts/65-1script_fr.asp.

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