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Le texte radiophonique du Les actions du Radios Rurales

Régénérer la terre dégradée : planter des arbres dans des fosses

Cette semaine, l’article en provenance du Niger a examiné comment les agriculteurs font pour prévenir la désertification et atténuer les effets des changements climatiques sur leurs champs en plantant des arbres. Or, faire pousser des arbres sur une terre dégradée nécessite des efforts spéciaux. Ce texte radiophonique décrit une technique simple et peu coûteuse pour remettre des substances nutritives dans la terre dégradée, permettant ainsi de faire pousser des arbres et d’autres cultures.Ce texte, de la Pochette 68 de Radios Rurales Internationales, peut être consulté en ligne à l’adresse suivante: http://farmradio.org/francais/radio-scripts/68-3script_fr.asp.

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Feuilleton sur la santé maternelle

 Cette semaine, le texte radiophonique est un bon exemple de la façon dont un feuilleton peut transmettre des messages importants avec une approche ludique. Dans cette série de deux émissions sur la santé maternelle, nous voyons comment les croyances traditionnelles et non traditionnelles jouent un rôle dans la vie d’Azuma et de Tontie, récemment mariés, qui s’installent dans leur nouvelle maison et se préparent à la naissance de leur premier enfant. Grâce à des personnages réalistes, le feuilleton transmet des messages vitaux sur les soins de santé maternelle pendant la grossesse, pendant l’accouchement, et après la naissance du bébé.

Ces textes sont un dernier aperçu de la dernière pochette de textes du RRRPD, qui a été envoyée à nos partenaires le 31 mars et sera en ligne ce mois-ci. Si vous avez manqué les textes sur la collecte des eaux de pluie et sur la gestion financière de la ferme, vous pouvez les consulter sur le site Web d’ARH:
- ” L’eau de pluie de vastes surfaces rocheuses peut servir Ă  irriguer les cultures” (Pochette 83, NumĂ©ro 9)

- “Gestion financière pour les petits exploitants” (Pochette 83, numéro 10)

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La santé maternelle (Première partie)

Pochette 83, texte 1
Mars 2008
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La santé maternelle (Première partie)
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Notes au radiodiffuseur

Dans la plupart des collectivités rurales du Ghana, les femmes sont considérées comme un élément de la propriété du mari, une employée de ferme et une domestique, plutôt que comme une partenaire égale qui devrait participer activement à toutes les décisions touchant la famille. La position de subordination de la femme est encore renforcée par la dot que son mari paie à ses parents.

Les femmes ne sont pas impliquées dans la prise des décisions, même pour des questions aussi importantes que la nécessité d’économiser de l’argent pour les soins prénataux et postnataux en clinique. Lorsque des complications surgissent avant, pendant ou après l’accouchement, la femme est souvent laissée à son triste sort. C’est une des raisons pour lesquelles les taux de mortalité infantile et maternelle sont si inutilement élevés dans cette région du monde.

Si l’on veut atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, surtout dans le domaine de la réduction de la mortalité infantile et de l’amélioration de la santé maternelle, alors il faudra militer fortement pour faire disparaître toutes ces entraves culturelles au bien-être des femmes.

Comme toujours, essayez d’adapter le texte à votre situation locale. Quelles sont les valeurs communautaires concernant la naissance d’un enfant et l’accouchement au sein de votre auditoire? Est-ce que les hommes et les femmes parlent de ces sujets et planifient ensemble? Y-a-t-il des points de vue différents sur ces questions au sein de votre collectivité? Que conseillent les professionnels de la santé locaux? Est-ce que les cliniques de santé et les accoucheuses traditionnelles travaillent ensemble? Vous voudrez peut-être avoir une émission en tribune téléphonique portant sur ces questions, ou même organiser une table ronde entre des auditeurs ayant des opinions différentes.

Voici la première partie d’un feuilleton en deux parties. Dans cette partie, on présente l’environnement et les principaux personnages. Dans la deuxième partie, l’action se développe et arrive à une conclusion. On recommande de diffuser ces deux textes de façon consécutive ou deux jours successifs. Vous voudrez peut-être commercialiser le feuilleton avec une courte publicité ou une “annonce surprise” qui offre une brève description de la pièce ou un court clip audio, dans le but de séduire les auditeurs.

Personnages

1. Meeri
2. Haduong (deux femmes amies mariées dans le même clan, le clan Buwa)

Lieu : Une collectivité rurale

Scène 1 : Bavardages sur le chemin menant au point d’eau du village

Contexte de la Scène 1 :

C’est la saison sèche et deux femmes d’une quelconque collectivité rurale se dirigent vers un point d’eau situé à trois kilomètres pour aller chercher de l’eau. Le clan auquel appartient la collectivité est exogame, ce qui signifie que les hommes du clan vont chercher leurs épouses dans d’autres clans. Habituellement, le futur marié, après avoir envoyé des noix de kola et des boissons à la famille de la future mariée, s’arrange pour l’enlever et s’enfuir avec elle jusqu’à sa demeure. Lorsqu’une future mariée est amenée dans la collectivité, une danse est organisée pour lui souhaiter la bienvenue et pour honorer le futur marié.

Dans la Scène 1, une future mariée enlevée vient tout juste d’arriver dans la collectivité et c’est de cet événement dont bavardent les deux femmes. Le clan est aussi polygame et les épouses sont généralement traitées comme des biens mobiliers ou comme des possessions.

1. Musique Montée de l’indicatif musical. Maintien pendant 10 secondes et fondu enchaîné.

2. SFX Hululement d’une femme (deux fois successivement) et fondu enchaîné.

3. Hadoung : (Inquiète) Qu’est-ce tu manigances, femme?

4. Meeri : (En plaisantant) Pourquoi? As-tu peur?

5. Hadoung : (D’un ton sévère) Tu sais fort bien que chaque hululement a un but précis dans cette collectivité et qu’il ne faut pas en abuser.

6. Meeri : Oui, bien sûr, je sais que lorsqu’un chasseur tue du gros gibier avec un arc et des flèches, surtout s’il s’agit d’une bête féroce comme un lion ou un léopard, sa prouesse est saluée par un hululement.

7. Hadoung : C’est exact! La tradition considère cela comme un exploit de la part d’un tireur adroit. Un acte de bravoure rare. Oui, quoi d’autre?

8. Meeri : Les hululements annoncent l’arrivée d’un nouveau-né.

9. Hadoung : C’est une autre occasion. Oui?

10. Meeri : Et troisièmement, lorsqu’une danse rituelle atteint le paroxysme de la frénésie, les hululements vont de pair avec l’excitation.

11. Hadoung : (D’un ton amusé) Comme la danse nuptiale qui nous attend à tout moment – et nous devrons danser, que nous en ayons envie ou pas. En as-tu fini avec toutes les possibilités du sujet?

12. Meeri : Non! Enfin, le hululement annonçant l’arrivée dans la collectivité d’une future mariée qui a été enlevée. C’est le cas qui nous intéresse aujourd’hui.

13. Hadoung : Comme cela nous est arrivé, à toi et à moi, suite à notre enlèvement il y a des années. Je me souviens du jour où j’ai été traitée comme une reine, assise sur mon trône, les pieds dans une cuvette et poudrée de blanc comme un fantôme. Ils vous honorent pendant une journée avec une danse à titre de future maman, la mère d’un digne ancêtre cherchant discrètement l’occasion de se réincarner, pour assurer la continuité du clan. (Les deux se mettent à rire)

14. Meeri : N’est-ce pas tragique de constater que, malgré notre rôle sacré de mères du clan, nous sommes traitées comme rien de mieux que des biens mobiliers et des employées de ferme?

15. Hadoung : Maintenant, sérieusement Meeri, dans lequel de ces contextes as-tu poussé ce hululement qui pourrait faire accourir toute la collectivité?

16. Meeri : Ne t’inquiète pas. Ils sont trop occupés aux préparatifs de la danse nuptiale pour avoir entendu mon hululement. Même s’ils m’avaient entendue, ils l’associeraient probablement au nouvel enlèvement qui fait la nouvelle du moment. En dehors de cela, j’aurais encore un moyen de m’en sortir. La bouche qui se met dans l’embarras doit trouver un moyen de s’en sortir.

17. Hadoung : (En plaisantant).Oui, c’est intelligent, Meeri.

18. Meeri : L’intelligence est cruciale pour l’autoconservation. C’est à cause de la nourriture chaude que Dieu nous a donné deux mâchoires. (Pause) Le printemps a produit assez d’eau pour remplir nos deux cruches. Rentrons vite à la maison.

19. SFX : Bruit intermittent d’eau puisée d’une source pour remplir un contenant.

20. Hadoung : (Enthousiaste) Dépêche-toi, Meeri. Écoute. Qu’est-ce que j’entends?

21. SFX : Montée de la musique de danse sous les voix.

22. Meeri : (Tout aussi enthousiaste) La danse a commencé; la danse nuptiale qui souhaite la bienvenue à chaque future mariée qui a été enlevée et arrive dans cette collectivité.à

23. Hadoung : Après la fête de bienvenue, que va-t-il se passer? La jeune mariée devient une machine à sexe, la propriété personnelle du futur marié, un épouvantail, une employée de ferme; elle est destinée à nous rejoindre, dans le groupe des sans voix.

24. Meeri : Laissons le temps décanter les choses. Elle pourrait avoir un meilleur destin que le nôtre. Mais, pour l’instant, nous devons nous dépêcher de rentrer pour la danse.

25. Musique: Montée de la musique de danse et maintien pendant 1’30” puis fondu enchaîné.

Scène 2 : La nécessité d’économiser pour les soins prénataux et postnataux.

Personnages
1. Tontie (jeune homme nouveau marié)
2. Azuma (jeune mariée épouse de Tontie)
3. Halosu (mère de Tontie, belle-mère d’Azuma)
4. Conseiller (régional)
5. 1er voisin (homme)
6. 2e voisin (homme)

Lieu : Une collectivité rurale

Contexte de la Scène 2 et synopsis de l’action

Les gens du clan Buwa respectent les attributions spécifiques des deux sexes. Les rôles, tels piler dans un mortier, broyer sur une pierre, aller chercher de l’eau et ramasser du bois de chauffage, sont considérés comme des rôles féminins. Un homme que l’on voit assumer l’un de ces rôles fait l’objet de moqueries comme s’il était attaché aux cordons du tablier de son épouse. C’est à la lumière de cela que Halosu, apercevant son fils en train de piler du fufu, se sent révoltée. Elle donne l’alerte en attirant les voisins vers le lieu de la scène. Le conseiller de la région intervient pour calmer la situation et saisit l’occasion pour conseiller à Tontie et à son épouse Azuma d’économiser de l’argent en prévision des besoins des femmes durant la maternité. À la fin du feuilleton, Azuma vomit, ce qui est l’un des symptômes du début d’une grossesse.

26. SFX Pilage de fufu pendant 10 secondes et fondu enchaîné sous la voix de Halosu.

27. Halosu : Ah! Quelle est cette odeur agréable qui emplit l’atmosphère? Un délicieux ragoût quelque part, qui chatouille mes narines. Cela doit venir du même endroit que le bruit de pilage. Mes oreilles et mon nez fonctionnent bien et m’ont conduite à cette source appétissante. Humm, j’en ai l’eau à la bouche! (En suivant l’odeur conduisant à la cuisine, Halosu butte sur son fils en train de piler du fufu pendant que sa belle-fille est assise sur un tabouret à pétrir le fufu dans un mortier. Les coutumes traditionnelles désapprouvent un homme en train de piler. Elle s’exclame) Hé! Qu’est-ce que je vois?

28. Azuma : (Heureuse) Belle-maman. Vous arrivez à pic, juste à temps pour avoir votre part. Du fufu c’est du fufu. Mais, dès que vous en mangez, il devient votre corps.

29. Tontie : (D’une voix hésitante, s’attendant à la colère de sa mère) Avec une excellente soupe en accompagnement.

30. Halosu : (En colère) Ne me parle pas!

31. SFX Fermeture en fondu du bruit du pilage

32. Azuma : Qui? Moi?

33. Halosu : (Parlant à voix haute) Parents et femmes, voisins de notre clan Buwa, venez voir l’acte abominable du siècle. Mon fils Tontie et sa jeune épouse Azuma ont changé de sexe, c’est maintenant lui la femme qui pile le fufu et elle l’homme qui commande dans la cuisine. Oh! Oh! Oh! Regardez cela et voyez par vous-mêmes!

34. Azuma : (Surprise et inquiète) Que manigance notre mère, mon mari?

35. Tontie : (Implorant dans un murmure) Mère, qu’avons-nous fait pour justifier un tel embarras? Je sais que notre clan considère le pilage, le broyage et le transport du bois de chauffage comme des rôles féminins et vous, ma mère biologique, vous m’avez repéré en train de faire ces choses inattendues. Mais, alors, pourquoi devez-vous me trahir?

36. SFX : Une foule bruyante. Fondu enchaîné sous le dialogue suivant.

37. 1er voisin : Que se passe-t-il dans cette cuisine? Je vois des gens qui se précipitent dans cette direction.

38. 2e voisin : J’ai également été attiré ici par la curiosité, même si je sais qu’il est risqué de suivre une foule. (En chuchotant) Mais vous pouvez voir les choses par vous-même. La mère de Tontie l’a surpris les culottes baissées, en train de piler du fufu pour sa jeune épouse. Elle est fâchée de voir que sa belle-fille assujettit son fils à un rôle qu’elle juge féminin.

39. 1er voisin : (D’un ton sentimental) La vieille femme a entièrement raison. Notez bien ce vilain précédent. Bientôt, nos épouses commenceront à nous donner des ordres. Vous devrez non seulement piler du fufu et broyer du millet tout en fredonnant une chanson, mais vous devrez aussi aller dans la brousse chercher du bois de chauffage. (Les deux se mettent à rire)

40. 2e voisin : Balivernes! Dieu nous en préserve!

41. Conseiller: Mes chers pères, mères, frères et sœurs, c’est faire preuve d’un bel esprit communautaire que de répondre spontanément aux alertes. Mais cet appel en particulier n’est pas un appel de détresse. C’est une petite affaire interne, qui exige un règlement strictement familial. Si vous n’y voyez pas d’inconvénients, je vous suggère de retourner à vos occupations et de me laisser faire le reste.

42. SFX Montée de murmures bruyants dans la foule.

43. Foule : Bien dit, monsieur le conseiller régional. Brave homme! Brave homme!

44. SFX Disparition des murmures bruyants de la foule.

45. SFX Le conseiller régional, Halosu, Tontie et Azuma restent seuls, avec Azuma et Tontie en sanglots. Diminution des sanglots sous la narration.

46. Conseiller: Voyons. Halosu, bonne amie de ma mère, ces deux-là sont votre fils et votre belle-fille. À cause du fossé entre les générations, nous les jeunes et nos voisins plus âgés, nous nous méprenons parfois. Mais cela ne doit pas provoquer les larmes que je constate ici. Les larmes démontrent non seulement une préoccupation, mais elles nécessitent aussi un remède.

47. SFX Montée des sanglots.

48. Conseiller: Vous deux devriez savoir que le dialogue solutionne mieux les malentendus que les larmes. Sois l’homme que ta mère souhaite faire de toi, Tontie. Personne ne devrait avoir à te dire que les pleurs ne sont pas une caractéristique des hommes du clan Buwal. Ta femme a plutôt démontré un caractère plus dur. Elle aurait dû pousser des gémissements.

49. Halosu : Vous pouvez nettement déceler la femme en lui! Incroyable!

50. Tontie : (Recrudescence de sanglots, mêlés à une colère extrême) Elle nous a trahis et livrés aux sorcières! Aux sorcières! Pourquoi nous as-tu fait cela, ha-ha? Mère!

51. Conseiller: Je ne m’attendais pas du tout à cela de ta part, Tontie. Calme ton humeur et laisse la journée faire son œuvre pour nous. Les sorcières sont des employées nocturnes. Si vous réglez vos différends au cours de la journée, elles n’auront aucune raison de frapper durant la nuit.

52. SFX Disparition des sanglots.

53. Tontie : Monsieur le conseiller régional, n’êtes-vous pas celui qui m’a laissé entendre, le soir où toute la collectivité a dansé pour souhaiter la bienvenue à ma future épouse, que le mariage ne repose pas sur une relation à 50 / 50? Vous en souvenez-vous?

54. Conseiller: Assurément.

55. Tontie : Et que chaque époux doit être disposé à céder 97 % de ses droits à l’autre?

56. Conseiller: Si les époux ne sont pas disposés à faire preuve de souplesse l’un envers l’autre, le mariage ne tiendra pas.

57. Tontie : Vous avez dit que, dans toute relation aussi intime que le mariage, il doit y avoir un partage des responsabilités.

58. Conseiller: Et des capacités.

59. Tontie : (Marmonne, tout en respirant) J’aurais aimé que ma mère soit avec nous ce jour-là pour entendre votre sage conseil.

60. Conseiller: Arrêtons là, mon cher ami, et écoutons aussi notre jeune mariée. Oui, Azuma, il est fini le temps où les femmes n’avaient pas la parole. L’attitude dominatrice de nos hommes doit changer et amener les femmes aussi à participer aux processus de prise des décisions.

61. Azuma : Vos conseils ont tout dit. Guidés par eux, nous avons partagé la responsabilité du pilage du fufu, chacun selon nos capacités, pour l’ensemble de la famille. Mon mari a l’énergie pour piler et moi j’ai la technique pour façonner le résultat dans le mortier. Lequel des deux rôles est le plus dangereux? (Changement subit d’humeur vers la colère) Que serait-il arrivé si le pilon m’avait écrasé les doigts? Je n’aurais plus qu’une seule main valide pour le restant de mes jours. Comment pourrais-je vivre dans une collectivité comme …

62. Conseiller: (L’interrompant) C’est assez! Nous devrions également écouter notre mère.

63. Halosu : Vous voyez, les jeunes dorment sous le ciel étoilé pendant la nouvelle lune à l’inverse de mes conseils. (Criant) Ils ne connaissent pas les dangers impliqués! Vous n’aurez jamais d’enfant tant que vous continuerez à dormir à la belle étoile! Prenez garde!

64. Conseiller: Ne mettez pas d’huile sur le feu, Mère. Les cris ne feront qu’attiser encore davantage les passions. Tout ce qu’il nous faut, c’est la raison de cela, que je ne connais pas non plus.

65. Halosu : Toutes les mauvaises choses aiment l’obscurité. Si je mens, dites-le moi.

66. Conseiller: Je ne pense pas que vous mentez.

67. Halosu : Bien. C’est la raison pour laquelle la maladie empire durant la nuit. Si une femme continue à dormir à la belle étoile la nuit pendant une nouvelle lune, il y a un oiseau du mal qui traverse en silence le ciel au plus profond de la nuit. Si l’oiseau du mal vole au-dessus d’une femme enceinte, la grossesse disparaît!

68. Les trois autres : (Exclamation unanime des trois auditeurs) Oooooooh!

69. Halosu : C’est encore pire si la femme est couchée sur le dos en montrant son ventre au ciel.

70. Les trois autres : (Une autre exclamation retentissante des trois auditeurs) Oooooooh!

71. Halosu : Vous moquez-vous de moi?

72. Les trois autres : Non. Pourquoi devrions-nous le faire?

73. Conseiller: Mère, pour être franc, je ne sais pas si l’oiseau qui est supposé voler la nuit pendant la nouvelle lune empêchera les femmes d’être enceintes. Ce que je sais c’est que, dans notre climat chaud, à cette période de l’année, il peut être plus confortable de dormir à l’extérieur. Mais dormir dehors peut accroître le risque de malaria, alors il est toujours recommandé aux femmes enceintes de dormir dans des lits recouverts de moustiquaires traitées aux insecticides.

74. Halosu : Très bien, c’est à vous de choisir. Quand viendra l’heure de la maladie…

75. Tontie : Viendra d’où?

76. Conseiller: Amie de ma mère, partez, je vous en supplie, et laissez-moi régler ceci. (Halosu part)

77. Azuma : Vous m’en direz tant, monsieur le conseiller régional. Votre collectivité est très tatillonne au sujet des rôles des deux sexes, mais je ne vois pas de rôles féminins que les hommes ne peuvent pas jouer, à l’exception du rôle biologique des femmes de porter un enfant dans leur utérus, qui est un don de Dieu.

78. Conseiller: Je suis d’accord avec toi, Azuma. J’admets que tous les autres rôles, en dehors de porter un enfant, sont déterminés par la culture. Fais attention, Tontie. Ne laisse pas les gens intervenir trop dans vos affaires de couple. J’ai peur du résultat.

79. Azuma : Monsieur le conseiller régional, vous avez fait une bonne chose en conseillant à mon mari de faire ce que la plupart des hommes ne font pas dans cette collectivité, à savoir de partager les responsabilités avec son épouse. Cependant, il reste une attitude implantée que vous devez lui conseiller de changer pour le mieux.

80. Conseiller: Je promets de faire tout mon possible pour rendre votre mariage fécond. Quelle attitude doit-il changer?

81. Azuma : Il refuse de s’asseoir avec moi pour parler de notre bien-être mutuel. Il prend seul les décisions qui nous touchent tous les deux. Je ressens le besoin pour nous d’économiser de l’argent pour que je puisse aller régulièrement à la clinique prénatale. Le besoin arrive plus vite que…

82. Tontie : (Irrité, l’interrompant) : Elle s’attend à ce que je m’assois toujours à côté d’elle comme une servante. Elle parle trop d’argent. Que diront les gens s’ils me voient tout le temps dans sa cuisine?

83. Conseiller: Elle a soulevé des points important. Il n’est pas facile de vivre une grossesse pendant neuf mois. La grossesse provoque des besoins spécifiques en matière de santé. Tout comme l’accouchement. Vous devez avoir de l’argent en réserve pour toute éventualité. Même si les services de santé maternelle sont maintenant gratuits au Ghana, vous devriez mettre de l’argent de côté au cas où certains médicaments ou certaines fournitures ne seraient pas disponibles dans l’établissement sanitaire. En outre, il pourrait y avoir des complications et elle pourrait avoir besoin d’un transport d’urgence vers un autre hôpital.

84. Tontie : Mais vous savez que nous sommes pauvres dans cette collectivité. Nous n’avons pas d’argent pour cela. (D’une voix ferme, en prenant une décision) Ma mère est une accoucheuse traditionnelle et elle s’occupera de toute situation urgente.

85. Conseiller: Ce n’est peut-être pas sage. Il pourrait y avoir des complications. Et puis, Tontie, même si nous sommes pauvres, nous avons les moyens d’économiser un petit peu de temps à autre pour répondre aux besoins de la grossesse et de l’accouchement. Vous devrez prendre des dispositions à l’avance pour le transport et vous devrez également acheter des fournitures pour l’accouchement. La grossesse et l’accouchement sont des affaires de famille. Votre femme devrait donc être un acteur important dans les décisions concernant ses soins personnels.

86. Azuma : Une façon d’y arriver serait d’économiser le salaire que je reçois pour mon travail occasionnel. Nous avons des volailles et des chèvres et des moutons. Si nous élevons plus d’animaux, nous pourrons en vendre quelques-uns pour gonfler nos économies. Notre coton peut également nous rapporter un peu d’argent pendant la saison de vente. Je peux aussi fabriquer un peu de beurre de karité pour le vendre. Avec une petite mise de fonds initiale, il y a beaucoup d’activités lucratives dans lesquelles nous pourrions nous lancer.

87. Conseiller: L’Assemblée du district et plusieurs organisations non gouvernementales amorcent quelques programmes de réduction de la pauvreté. Je me renseignerai pour savoir lequel d’entre eux pourrait être utile pour notre collectivité.

88. Tontie : (D’une voix dure) J’ai pris ma décision. Le bébé sera mis au monde par ma mère.

89. SFX Vomissements d’Azuma, puis fondu enchaîné sous la voix.

90. Conseiller: Oh désolé, madame. Tontie, soutiens-la, au cas où elle tomberait.

91. Tontie : As-tu manqué tes règles?

92. Azuma : (Parlant difficilement) O-u-ou-oui.

93. Conseiller: Tu sais ce que cela signifie. Il n’y a pas de temps à perdre plus longtemps. Il est temps d’amorcer les préparatifs. Commencez à épargner immédiatement. Pensez à toutes les initiatives lucratives utiles dont elle vient tout juste de parler. Bonne chance! Je m’en vais.

94. SFX Tontie soupire profondément.

Remerciements
Rédaction : Tennyson Wubonto, Ghana Community Radio Network
Révision : Ellen Brazier, directrice des programmes pour l’Afrique anglophone, Family Care International

Programme entrepris avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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La santé maternelle (Deuxième partie)

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Pochette 83, texte 2
Mars 2008
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Notes au radiodiffuseur

Les problèmes relatifs à la grossesse auxquels font face les femmes sont nombreux et, dans la plupart des cas, imprévisibles. Certains d’entre eux entraînent la mort ou des séquelles permanentes. Les facteurs sociaux, politiques ou économiques ne devraient pas pouvoir refuser à une femme son droit fondamental à une grossesse et à un accouchement en santé. Réduire les décès maternels est donc une question de droits et une grande priorité. C’est la raison pour laquelle chaque famille doit être encouragée à économiser pour se préparer à l’avance à des urgences. Heureusement, la médicine moderne a la capacité de traiter la plupart des problèmes dans les établissements de santé.

La mère et l’enfant ne peuvent que bénéficier d’un traitement dans un établissement de santé. Certains traitements au stade prénatal ont l’avantage d’empêcher les enfants de naître avec des complications ou des malformations. Dans le cas de l’accouchement à la maison pratiqué dans ce feuilleton, la rétention du placenta aurait pu entraîner la mort.

Voici la deuxième partie d’un feuilleton en deux parties. Dans la première partie, on présentait l’environnement et les principaux personnages. On recommande de diffuser ces deux textes de façon consécutive ou deux jours successifs. Vous voudrez peut-être commercialiser le feuilleton avec une courte publicité ou une “annonce surprise” qui offre une brève description de la pièce ou un court clip audio, dans le but de séduire les auditeurs.

Personnages

1. Azuma (jeune mariée épouse de Tontie)
2. Tontie (jeune homme nouveau marié)
3. Halosu (mère de Tontie, belle-mère d’Azuma)
4. Infirmière (une infirmière en santé communautaire, qui fait des visites de routine dans la collectivité)

Synopsis :

Azuma, qui a épousé Tontie durant la première partie de ce feuilleton, est en train d’accoucher à la maison avec l’aide de la mère de Tontie, Halosu. Azuma n’est pas allée dans un établissement de santé, comme les événements antérieurs l’avaient laissé espérer. Elle réussit à mettre au monde un garçon mais retient le placenta, ce qui provoque des saignements abondants. Halosu, sa belle-mère qui est aussi une accoucheuse traditionnelle, l’accuse d’infidélité, croyant que c’est la raison pour laquelle les dieux et les ancêtres du clan la punissent en provoquant la rétention du placenta. La croyance de Halosu est courante dans sa collectivité. Les craintes d’infidélité sont habituellement confirmées par les devins. Lorsque le placenta est retenu, il n’y a qu’un verdict de culpabilité.

Pendant une visite de routine, une infirmière en santé communautaire voit Azuma. Son intervention lui sauve la vie. Par la suite, elle informe Tontie et sa mère de l’importance des soins prénataux et postnataux, en insistant sur le fait que, même s’ils ont pris un risque en privant Azuma des soins prénataux essentiels, elle doit recevoir des soins postnataux.

1. Musique Montée de l’indicatif musical. Maintien pendant 10 secondes et fermeture en fondu.

2. SFX Le cri d’un nouveau-né.

3. Azuma : (Gémissant de douleur) Emmenez-moi à l’hôpital, belle-maman.

4. Halosu : Il n’est pas question d’hôpital. Il te suffit de confesser ton infidélité envers mon fils et le placenta sortira. Tu sais certainement que nos dieux détestent l’infidélité chez une femme.

5. Azuma : (Semblant en colère, faible et sanglotant) Je n’ai pas été infidèle envers votre fils. Quel homme de cette collectivité avez-vous jamais vu avec moi? Je ne suis pas une femme corrompue. S’il vous plaît, arrêtez de ruiner ma bonne réputation et emmenez-moi à l’hôpital avant que je meure d’une hémorragie.

6. Halosu : Eh bien, le devin l’a dit. Le fait que tu retiens le placenta confirme clairement ton infidélité. Je connais très bien les femmes de ton genre.

7. SFX : Bruit d’un véhicule.

8. Azuma : Oh mon Dieu! Peut-être que c’est le conseiller régional?

9. SFX Un chien aboie. L’infirmière en santé communautaire entre.

10. Infirmière : (En plaisantant) Ha-lo-su. Vous avez procédé à l’accouchement de votre propre belle-fille. Hé! Un vigoureux garçon, en plus.

11. Halosu : (Soupirant) Hummm. Pas sans problème. Elle a retenu le placenta et saigne abondamment.

12. Infirmière : Mais quoi? Je vous avais conseillé de prendre les dispositions à l’avance pour la faire transporter à l’hôpital au moindre signe du travail.

13. Halosu : Je suis une accoucheuse traditionnelle moi-mĂŞme.

14. Infirmière : Eh bien! Maintenant, je comprends pourquoi vous ne l’avez pas envoyée à l’hôpital. En tant qu’accoucheuse traditionnelle, que faites-vous dans une situation comme celle-ci, lorsqu’une femme accouche en retenant le placenta?

15. Halosu : Elle a bien mis au monde l’enfant, mais le fait de retenir le placenta est le résultat de son infidélité envers mon fils.

16. Azuma : (En entendant cela, Azuma commence à sangloter) Mensonges! Qui vous a dit cela? J’aimerais que vous puissiez entrer dans mon cœur pour y constater mon innocence.

17. Infirmière : Ne pleurez pas, ma chère. Dieu est formidable. La science aussi. Tout ira bien d’ici peu. Nous devons laisser l’enfant téter sans plus attendre. Pauvre petit!

18. Halosu : (Protestant avec véhémence) Non, non et non! Nous ne pouvons pas le laisser téter le premier lait.

19. Infirmière : Pourquoi pas?

20. Halosu : C’est du lait amer. Il n’a pas passé le test de la fourmi (Note de la rédaction : voir la note à la fin du texte qui explique le test de la fourmi) et il doit être tiré et jeté pour permettre la formation de lait frais et clair qui est alors bon pour la tétée. En dehors de cela, nous devons tout d’abord donner un bain à la mère et au bébé.

21. Infirmière : Ne vous en faites pas. Je sais ce que je fais. Ce premier lait que les gens appellent ici du lait amer est le meilleur pour le bébé. C’est la propre immunisation de Dieu contre les maladies. Regardez-moi faire!

22. Halosu : Oui, je regarde. Nos gens disent que si vous froissez une sorcière, vous pouvez tout aussi bien prier pour que la nuit ne tombe pas.

23. Infirmière : Oui, prenez aussi note du proverbe chinois à l’effet que la personne disant qu’une chose ne peut pas être faite ne devrait pas empêcher celle qui le fait. Vous voyez comme le bébé tète avec vigueur? Maintenant, tenez le placenta et tirez-le doucement et voyons ce qui va se passer.

24 Halosu : Regardez, il vient! (Surprise et un peu réticente) Hummm …

25. Azuma : (Soupir de soulagement) Merci, infirmière! Alors que les devins étaient en train de ruiner ma vie, ma réputation et mon mariage, vous êtes venue guérir mon âme et préserver ma chasteté.
26. Infirmière : Adressons tous nos remerciements à Dieu. Comment vous sentez-vous maintenant, ma chère?

27. Azuma : Mieux, sauf que je suis étourdie.

28. Infirmière : Après avoir perdu autant de sang, il est naturel de se sentir étourdie. Vous devriez boire beaucoup de liquides. Un consommé à base de viande serait bon, car il vous faut aussi du fer. Et nous devrions vous transporter dans un établissement de santé le plus tôt possible. N’essayez pas de vous lever. Halosu, trouvons un endroit convenable pour parler d’autres choses et pour donner à la nouvelle maman le temps de se reposer. Je vais m’occuper de son transport vers l’établissement de santé.

29. Musique Faites jouer une musique en rapport avec la santé pour faire un lien avec le prochain morceau.

30. Halosu : Maintenant, expliquez votre miracle.

31. Infirmière : Lorsque le mamelon est stimulé par la tétée, il produit une substance dans le corps, une hormone appelée oxytocine. Cette hormone provoque le resserrement et la contraction des muscles de l’utérus de la femme – la poche dans laquelle le bébé a grandi. Lorsque l’utérus se resserre de cette façon, il aide le placenta à se séparer de l’utérus afin de pouvoir sortir comme il le devrait. Au fait, Tontie, pourquoi n’avez-vous pas envoyé votre femme à l’hôpital comme je vous l’avais conseillé?

32. Tontie : Vous voyez, le travail nous a pris par surprise.

33. Infirmière : Je n’accepte pas cette explication. Si elle avait fréquenté régulièrement un établissement de santé, le personnel soignant aurait été en mesure de calculer sa date d’accouchement, estimation de la date de naissance du bébé. La plupart des bébés naissent dans les deux semaines précédant ou suivant la date prévue de l’accouchement. Le travail ne vous aurait pas pris par surprise.

34. Tontie : (En colère) Je vous avais dit que ma mère pouvait se charger de toutes les urgences. Je suis le mari et j’ai fait le choix de ne pas économiser d’argent pour l’accouchement ou pour permettre à Azuma d’assister aux cours prénataux.

35. Infirmière : Votre mère pensait que le fait d’être une accoucheuse traditionnelle lui permettrait de s’occuper du travail. Mais certaines des complications de la grossesse et de l’accouchement ne peuvent pas être prises en charge par des accoucheuses traditionnelles!

36. Halosu : (Pause) Eh bien, tout ce que je peux dire c’est que je suis heureuse que cela soit terminé.

37. Infirmière : Et maintenant, elle a besoin de soins postnataux. Voici ce qui se passe avec les visites prénatales. À la première visite prénatale d’une femme, le personnel soignant la conseille sur l’importance d’une bonne nutrition, de bien s’alimenter et de faire de l’exercice. Il questionne la femme sur sa santé et sur celle de son partenaire, il identifie les éventuels troubles médicaux, il la pèse et vérifie sa tension artérielle et il analyse un échantillon d’urine pour détecter les infections. L’accoucheuse traditionnelle ne peut pas prendre ces précautions.

38. Tontie : (Doucement, honteux) Nous ne savions pas que ces choses surviendraient. Il n’y avait aucun symptôme de problème…

39. Infirmière : Lors des visites prénatales ultérieures, le personnel soignant mesure le ventre de la femme pour vérifier la croissance du bébé, vérifie ses mains, ses pieds et son visage pour déceler toute enflure, écoute les battements du cœur du bébé et, plus tard, palpe son abdomen pour évaluer la position du bébé. Il demande également à la femme si elle a d’autres soucis personnels qui l’inquiètent. Vous avez pris un gros risque en lui refusant tous ces services vitaux.

40. Halosu : (Encore un peu hostile, mais avec un certain respect) Très bien, infirmière, à votre avis que devrions-nous faire maintenant?

41. Infirmière : Les soins postnataux sont tout aussi importants pour garantir la bonne santé de la mère et de l’enfant. Durant les premiers jours suivant l’accouchement, quand elle commence à donner du lait, elle peut avoir les seins congestionnés ou enflés si on ne la soigne pas. Elle devra également apprendre comment éviter d’avoir les mamelons crevassés. Il y a beaucoup de choses à savoir. Laissez-la simplement aller à l’établissement de santé le plus proche.

42. Halosu : Elle se plaint déjà d’étourdissements.

43. Infirmière : Oui, j’ai organisé son transport qui ne devrait pas tarder. Avec les étourdissements, on ne peut pas toujours dire ce qui pourrait arriver. Alors, cette fois-ci, soyez prudents.

44. Tontie : (Parlant lentement) J’ai peut-être commis une erreur qui a mis en danger ma femme et mon nouveau-né. Je ne veux pas répéter une telle erreur. Je vous promets que, si nous sommes bénis avec une autre grossesse, je vous demanderai des conseils, infirmière.

45. Halosu : (À contrecœur, mais avec respect) Oui, infirmière; il semble que la science moderne a quelque chose à offrir. Je ne veux pas non plus mettre la vie de ma belle-fille de nouveau en danger.

46. Animateur : (Pause) La mortalité maternelle est un enjeu mondial. On estime qu’au moins 583 000 femmes meurent dans le monde chaque année des complications de la grossesse et de l’accouchement. Soyez prudents!

47. Musique Faites jouer de la musique chorale de femmes (en particulier sur le bien-ĂŞtre des femmes) et sortie.

Remerciements
Rédaction : Tennyson Wubonto, Ghana Community Radio Network
Révision : Ellen Brazier, directrice des programmes pour l’Afrique anglophone, Family Care International.

Nota : Le « test de la fourmi » mentionné par Halosu désigne un test qui intervient après la naissance. Lorsqu’un bébé est né, il n’est pas autorisé à téter le premier lait (colostrum) tant qu’un test n’est pas effectué pour déterminer s’il est bon ou mauvais pour le nouveau-né. On tire un peu du colostrum dans un récipient et on y met une fourmi. Si elle est capable de nager et de sortir, on dit que le colostrum est sain pour le bébé. Si la fourmi est incapable de nager et de sortir, on dit que le colostrum est mauvais et il est donc tiré et jeté. Comme le colostrum est visqueux, la fourmi est souvent incapable de nager et de sortir, et on refuse alors de le donner au nouveau-né.

Programme entrepris avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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La gestion financière pour les petits exploitants

Le texte radiophonique de la semaine provient de la plus récente série, qui a été envoyée à nos partenaires le 31 mars et sera publiée en ligne dans les semaines à venir. La Pochette 83 se concentre principalement sur les travaux agricoles, avec des textes sur la santé et la sécurité à la ferme, la commercialisation des produits agricoles et la valeur des coopératives d’agriculteurs. Il comprend également un scénario sur la collecte des eaux de pluie, qui a figuré dans le numéro 15 d’Agro Radio Hebdo (http://farmradio.org/francais/hebdo/2008/03/17/l%e2%80%99eau-de-pluie-de-vastes-surfaces-rocheuses-peut-servir-a-irriguer-les-cultures/). Enfin, il inclut des textes pour un feuilleton en deux parties sur la santé maternelle, qui sera présenté la semaine prochaine dans Agro Radio Hebdo.

Ci-dessous, vous trouverez le texte numéro 10 de la Pochette 83. Dans ce texte, le public répond à Harold, un petit producteur de tabac du Malawi, qui décrit la façon dont il gère son entreprise agricole et ses finances. D’autres personnages interviennent dans le texte pour parler de la façon dont la bonne gestion financière peut permettre aux agriculteurs d’améliorer la qualité de vie de leur famille. Nous espérons que vous apprécierez cet aperçu de la série 83!

Pochette 83, texte 10
Mars 2008
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La gestion financière pour les petits exploitants agricoles
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Notes au radiodiffuseur

Le tabac est la principale culture commerciale au Malawi, à la fois pour les petits et les gros exploitants agricoles. Les sortes de tabac cultivées couramment sont le tabac Burley, le tabac foncé (dark-fired) et le tabac jaune (flue-cured), et plus de la moitié des producteurs de tabac font pousser du Burley car il est facile à traiter. Il est séché à l’air, à la différence des deux autres sortes qui exigent beaucoup de bois de chauffage. Et avec la rareté des arbres, causée par la déforestation, le nombre d’agriculteurs faisant pousser d’autres sortes de tabac ira vraisemblablement en diminuant.

Il est malheureux de constater que certains agriculteurs font pousser cette culture et perçoivent un bon revenu, mais que leur vie ne s’améliore pas. Quelle en est la raison? Premièrement, une mauvaise gestion financière. Deuxièmement, certains agriculteurs font pousser cette culture avec leurs épouses, mais quand l’argent rentre après la vente des récoltes, ils oublient leurs épouses. Ils dépensent plutôt l’argent jusqu’au dernier sou dans des pubs et des petites auberges. Ensuite, ils se souviennent qu’ils ont un foyer. Ils mentent et disent avoir été attaqués pas des voleurs. Cette habitude favorise également la propagation du VIH/sida, puisque certains des agriculteurs passent du temps avec des travailleuses du sexe.

Ces agriculteurs ne tiennent pas non plus de registres agricoles. Le gouvernement du Malawi, par le biais du ministère de l’Agriculture et d’ONG comme la National Smallholder Farmers’ Association of Malawi (NASFAM), fait de son mieux pour enseigner aux agriculteurs l’importance de tenir des registres agricoles, d’avoir une bonne planification et une saine gestion financière. Ceux qui écoutent ces messages prospèrent. Dans ce texte, nous allons rencontrer un de ces agriculteurs. Il aime sa femme et ses enfants. Le texte aidera d’autres agriculteurs à réaliser l’importance non seulement de planifier et d’avoir une bonne gestion financière, mais aussi d’impliquer l’épouse dans la prise des décisions.

Dans votre auditoire, y-a-t-il des agriculteurs qui tiennent de bons registres agricoles? Y-a-t-il des organismes d’agriculteurs ou des agents de vulgarisation qui enseignent les connaissances de la gestion financière? Y-a-t-il des agriculteurs qui sont financièrement responsables et qui ne dépensent pas leur argent pour des choses qui leur nuisent, ainsi qu’à leur famille? Vous pourriez peut-être interviewer ces agriculteurs ou ces agents de vulgarisation et les aider à transmettre leurs connaissances aux personnes de votre collectivité qui en ont besoin.

Au début du texte, il y a une « annonce mystère ». Il s’agit d’un message enregistré tiré de l’entrevue qui est destiné à donner à l’auditoire un avant-goût de l’entrevue imminente et à l’inciter à écouter le reste.

Animateur : C’est l’heure de notre émission Farming As Business (Ulimi Ndi Bizinezi).

Montée de l’indicatif musical et fondu enchaîné sous la voix de l’animateur.

Animateur : Voici enfin venu le temps d’apprendre et le temps de partager des connaissances agricoles ici même à la station Malawi Broadcasting Corporation Radio 1. C’est l’émission Farming As Business. Au micro Andrew Mahiyu. (Pause)

Le temps des récoltes est terminé. La plupart d’entre vous, chers agriculteurs, êtes occupés à classer et à vendre vos récoltes. Avez-vous commencé à planifier pour la prochaine saison agricole? Comment gérez-vous les recettes de la vente de vos récoltes? Qui prend les décisions concernant l’utilisation de l’argent? Est-ce seulement l’homme ou bien l’homme et la femme qui participent à ces décisions? Cet après-midi, nous allons en apprendre davantage à ce sujet de la bouche de notre collègue, M. Harold Kaliramake, de la Chikwatula Association à Ntchisi.

Dans notre langage vernaculaire, il y a un dicton qui dit : « Un hibou respecte l’arbre dans lequel il dort. » L’avez-vous déjà entendu auparavant?

Annonce mystère : (Note de la rédaction : la citation qui suit fait partie de l’entrevue imminente) « Je prie instamment mes collègues agriculteurs de toujours penser à leur travail. Un hibou respecte l’arbre dans lequel il dort. »

Animateur : Veuillez rester à l’écoute parce que je vais vous emmener dans le district de Ntchisi, au Malawi, où nous apprendrons quelque chose à partir de ce dicton. Nous allons rencontrer l’un des agriculteurs qui travaillent fort là-bas. Nous aurons aussi un invité de la National Smallholder Farmers’ Association of Malawi plus tard au cours de l’émission. Je vous le répète, restez à l’écoute.

Pause musicale ou publicitaire

Animateur : Comme je l’ai mentionné précédemment, je vous emmène à Ntchisi. Là-bas, nous rencontrerons un producteur de tabac du club Mgwaulo. Il nous racontera ce qu’il fait après avoir vendu sa récolte de tabac. En voiture! Nous sommes chanceux car la route de Ntchisi vient tout juste d’être construite, si bien qu’il ne nous faudra pas beaucoup de temps pour y arriver.

(Bruit d’une voiture qui démarre, ensuite bruit de moteur pendant deux secondes, puis fondu enchaîné. Deux secondes plus tard, bruit d’une voiture qui arrive, maintien pendant deux secondes, puis arrêt.)

Nous voici enfin arrivés à Ntchisi. Rendons-nous à la Chikwatula Association. (Courte pause pendant que l’animateur se dirige vers le champ) L’agriculteur qui est devant nous est M. Harold Kaliramake, portant des bottes de caoutchouc, une paire de pantalons noirs et une chemise blanche. Il est occupé à déraciner des tiges de tabac. Et environ 100 mètres plus loin, la dame portant une robe rouge et un vêtement enveloppant de camouflage est sa femme. Elle ramasse du bois de chauffage tout en chantant un chant traditionnel.

Animateur : Bonjour, M. Harold Kaliramake, et bienvenue à notre émission cet après-midi. Que faites-vous ici?

Harold : Merci beaucoup. Désolé, je ne vous serrerai pas la main car mes mains sont sales, comme vous pouvez le constater. Je suis en train de déraciner des tiges de tabac.

Animateur : Pourquoi déraciner les tiges de tabac?

Harold : Après les avoir déracinées, je les mets en tas à l’envers. Ces tiges abritent des parasites et des maladies. Si vous les laissez sur pied pendant le reste de la saison, les parasites et les maladies seront transmis la saison prochaine à la culture de tabac proche. Je déracine donc les tiges peu après la récolte et je les mets à l’envers. À mesure que les tiges sèchent, les parasites meurent aussi. Quand les tiges sont complètement desséchées, je les brûle ici même dans le champ.

Animateur : Je crois savoir que vous êtes maintenant en train de vendre votre récolte de tabac. C’est le moment de l’année où la plupart des agriculteurs ont de l’argent. Pourquoi bon nombre d’agriculteurs n’achètent-ils pas de semences certifiés par des chercheurs et ensuite distribuées dans les magasins? Les semences coûtent-elles cher?

Harold : Cette semence certifiée ne coûte pas cher. À mon avis, ces agriculteurs ne traitent pas l’agriculture comme une entreprise sérieuse. Un paquet de semences – qui suffit pour un hectare de tabac – coûte 50 kwachas malawiens (Note de la rédaction : environ 0,36 $US). Certains agriculteurs peuvent dépenser en une seule journée plus de 1 400 kwachas malawiens (10 $US) pour de la bière et ne pas acheter de semences. Ce n’est pas considérer l’agriculture comme une entreprise sérieuse. Ils ne respectent pas leur travail.

J’exhorte les agriculteurs à prendre l’agriculture au sérieux comme une entreprise. Dans notre langage vernaculaire, il y a un dicton qui dit : « Un hibou respecte l’arbre dans lequel il dort. » Dans ce cas, le tabac est notre arbre et nous devons le respecter. Nous devons faire tout ce que l’on attend de nous. Cela aboutira non seulement à une meilleure récolte, mais aussi à de meilleurs prix sur les marchés.

Pause musicale ou publicitaire

Animateur : Vous écoutez l’émission Farming as Business et nous sommes ici à Ntchisi avec M. Harold Kaliramake. Nous l’avons surpris en train de déraciner des tiges de tabac. Il nous a expliqué pourquoi il le fait. Ensuite, il nous a parlé de l’importance d’acheter des semences de tabac certifiées.

M. Kaliramake, comment un agriculteur devrait-il dépenser l’argent tiré de la vente de sa récolte? Devrait-il simplement se détendre et en profiter?

Harold : Tout d’abord, un agriculteur devrait regarder ses registres de récolte et voir s’il y a un bénéfice ou une perte. Il saura quoi faire ensuite. Si vous avez réalisé un bénéfice, la première chose est d’appeler votre épouse. Montrez-lui le bénéfice que vous avez après avoir vendu votre récolte. Vérifiez pour commencer si vous avez des factures impayées – pour le transport, la main d’œuvre ou d’autres frais. Ensuite, il faut penser à la prochaine saison de croissance. Posez-vous des questions. Par exemple : de quoi aurons-nous besoin la saison prochaine pour nos activités agricoles? Vous aurez peut-être besoin de choses comme des engrais, des semences, des produits chimiques, de la main d’œuvre, et vous devrez peut-être construire des hangars et des granges. Demandez-vous combien coûtera chaque article. Si vous le faites, vous aurez votre budget. Ensuite, vous pourrez mettre de côté la somme nécessaire pour couvrir ces articles. S’il vous reste un peu d’argent, pensez aux besoins de votre famille : les frais de scolarité des enfants, des vêtements et bien d’autres choses. Si vous ne possédez pas de poste de radio, vous voudrez peut-être en acheter un afin de pouvoir apprendre de nouvelles technologies agricoles à la radio. Vous voudrez peut-être acheter une bicyclette pour vous déplacer facilement ou un char à bœufs ou tout autre élément qui est important pour la famille. L’agriculteur doit énumérer sur une feuille de papier tout ce qui est nécessaire et souhaité, afin de pouvoir s’y référer lors du passage dans les magasins.

Animateur : Je pensais que c’était le temps de s’amuser avec les amis dans les pubs et les centres de commerce. Quand est-ce le moment pour ça?

Harold : Après avoir acheté les choses que j’ai mentionnées! Et quand je dis s’amuser, cela signifie que je dois inclure ma femme et mes enfants, parce que ce sont eux qui m’aident à produire une bonne récolte. Nous achetons suffisamment de sucre pour le thé, parfois nous achetons du riz et des boissons gazeuses et nous en profitons à la maison. Nous sommes guidés par l’argent qui reste après le budget agricole. Ensuite, nous disons : « Allons maintenant fêter. » (Des rires)

Animateur : Il y a des agriculteurs qui vendent leur tabac et puis qui disent à leur femme « Je vais retirer un peu d’argent de la banque. Je serai bientôt de retour. » Mais une fois partis, ils dépensent leur argent à boire de la bière, à faire des folies avec des travailleuses du sexe et à passer des nuits dans des petites auberges jusqu’à temps d’avoir tout dépensé. Lorsqu’ils rentrent à la maison, ils disent qu’on les a volés. Que pouvez-vous conseiller à ces agriculteurs?

Harold : Permettez-moi de commencer en disant que lorsque je veux retirer de l’argent de la banque, provenant de nos recettes du tabac, je n’y vais pas seul. J’y vais avec ma femme. Je leur conseille donc d’emmener leurs épouses avec eux lorsqu’ils se rendent à la banque.

Animateur : Permettez-moi d’inviter votre femme. Nous devons vérifier ce que vous prétendez! (Des rires) Veuillez l’appeler pour moi.

Harold : (fort) Make mwana? (Mère de l’enfant?)

Mekilida : (hors micro) Bambo? (Oui, père?).

Harold : (fort) Tabwerani. (Viens ici).

Animateur : Bienvenue à l’émission Farming As Business. Je m’appelle Andrew Mahiyu et je suis ici pour apprendre comment vous et votre mari vous gérez vos finances. Mais avant de parler de cela, comment vous appelez-vous?

Mekilida : Je m’appelle Mekilida Banda.

Animateur : Depuis combien de temps faites-vous pousser du tabac?

Mekilida : Nous cultivons le tabac depuis 10 ans.

Animateur : Cela signifie que vous possédez une vaste expérience de la culture du tabac. Alors dites-nous, après avoir vendu votre récolte, quand l’argent est à la banque, qui est responsable du retrait de l’argent de cette banque?

Mekilida : Nous sommes tous les deux responsables. Nous allons ensemble à la banque, afin de pouvoir être tous les deux témoins du fruit de notre travail. Il m’aime et je l’aime. S’il y a des familles qui le font séparément, elles ont un problème.

Animateur : Parfois, le mari dit qu’il va retirer l’argent et qu’il sera bientôt de retour. Que dites-vous d’une situation de ce genre?

Mekilida : Non! Ce n’est pas bien. Mon mari propose toujours d’y aller tous les deux et d’être témoins ensemble. Nous cultivons ensemble. Nous faisons les budgets ensemble et nous voyons la première et la dernière pièce de monnaie ou le premier et le dernier billet de banque ensemble.

Animateur : Pourquoi ne va-t-il pas s’amuser avec ses amis et passer des nuits là-bas?

Mekilida : Il dit que s’il y va, il boira et sera entraîné par des travailleuses du sexe et il attrapera la maladie mortelle qu’est le sida. Par conséquent, il ruinera sa vie, l’avenir de ses enfants et nos activités agricoles. Il me transmettra également ce virus. En résumé, toute la famille sera affectée et/ou infectée. Il ne veut pas que cela nous arrive.

Animateur : En dehors des intrants agricoles, qu’avez-vous l’intention d’acheter cette année?

Mekilida : Cette année, après avoir acheté les intrants agricoles, nous envisageons d’acheter des tôles de fer pour notre maison. Nous avons construit une grande maison l’année dernière, mais nous n’avons pas eu assez d’argent pour acheter les tôles de fer pour la recouvrir.

Animateur : Merci beaucoup, Mme Kaliramake, d’avoir accepté mon invitation de venir nous parler à notre émission cet après-midi.

Mekilida : Merci.

Animateur : M. Kaliramake? Où êtes-vous? (Il est un peu plus loin en train de ramasser des tiges de tabac déracinées).

Harold : (Il s’approche en riant) Je voulais que vous parliez à cette épouse fidèle.

Animateur : Nous avons entendu de la bouche de votre femme que vos propos étaient vraiment exacts. Elle dit que vous ne passez pas de nuits à l’extérieur. Est-il dangereux de passer des nuits à s’amuser dans des pubs?

Harold : C’est très dangereux. Premièrement, on peut vous voler. Deuxièmement, si vous êtes ivre, parfois vous ne réfléchissez pas comme il faudrait. Vous continuez à dépenser de l’argent sans vous contrôler. Le lendemain, vous vous retrouvez les poches vides.

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Animateur : Nous venons de nous entretenir avec M. Harold Kaliramake et son épouse Mekilida. Ils nous ont appris l’importance de déraciner les tiges de tabac après la récolte du tabac, l’importance de faire un budget pour la prochaine saison après la vente d’une récolte et, en outre, l’importance de travailler et de budgéter ensemble comme une famille, mari et femme.

Un simple rappel – vous écoutez l’émission Farming as Business, à l’antenne de la Malawi Broadcasting Corporation Radio 1.

J’ai aussi un invité à l’émission d’aujourd’hui. Il a des informations importantes pour vous, qui vont compléter ce que vous avez entendu de M. Kaliramake. Restez à l’écoute.

M. Sichali : Bonjour, chers agriculteurs et agricultrices, où que vous soyez cet après-midi. Je m’appelle Félix Sichali. Je travaille comme gestionnaire de la vente au détail pour la National Smallholder Farmers’ Association of Malawi. Cet après-midi, j’aimerais insister sur le fait que vous devriez prendre au sérieux vos activités agricoles comme une entreprise.

Je sais que la plupart d’entre vous vendent actuellement diverses cultures, notamment du tabac. Comment avez-vous l’intention de dépenser vos recettes? Vous êtes-vous rappelé de budgéter pour la prochaine saison agricole? Autrement, où pensez-vous obtenir vos intrants agricoles? Mon conseil, cet après-midi, c’est de commencer à vous préparer dès maintenant en vue de la prochaine saison.

À présent, je vais parler des engrais. Ils sont très importants quand vient le temps de faire le budget pour une autre saison. Il y a des cultures qui ne réussissent pas bien sans engrais. Je vous conjure donc de faire de bons budgets maintenant, lorsque vous vendez vos récoltes. Posez-vous ces questions : Quel genre de culture vais-je faire pousser l’an prochain? Si c’est du tabac, combien d’acres ou d’hectares devrais-je cultiver? De quelle quantité d’engrais aurai-je besoin?

Après avoir vendu votre récolte, c’est le moment de prendre une partie de votre revenu et d’acheter de l’engrais à l’avance. Si vous achetez vos intrants maintenant, vous vivrez l’esprit en paix. Vous n’avez pas besoin de vous démener pour acheter maintenant, à la différence de l’époque où les pluies arrivent. Durant les pluies, beaucoup de gens se démènent pour trouver des engrais au magasin et certains types d’engrais sont rares à cette époque-là. Vous devriez également savoir que le prix des engrais fluctue. Vous pouvez acheter les engrais à un prix moins élevé avant les pluies et à un prix plus élevé au début des pluies. Cela signifie que vous pouvez acheter plus de sacs d’engrais maintenant que pendant la saison des pluies lorsque les prix augmentent.

Si vous gardez de l’argent chez vous ou à la banque, dans l’espoir d’acheter plus tard, vous pourrez faire face à des problèmes nécessitant de l’argent. Vous utiliserez assurément cet argent pour régler ces problèmes et vos activités agricoles en souffriront.

Je vous incite donc à acheter vos intrants agricoles aussitôt après avoir vendu vos récoltes. Il y a des agriculteurs qui pensent s’acheter quelque chose de gros après avoir vendu leur récolte – un produit de luxe. Ils ne planifient pas convenablement pour la prochaine saison agricole. Ils peuvent acheter un véhicule d’occasion sans consulter convenablement un bon mécanicien. Oui, il est important pour un agriculteur de posséder un véhicule car cela peut aider un petit exploitant agricole. Mais si la voiture tombe en panne après quelques mois, l’agriculteur ne pourra pas se permettre de payer les réparations. Il aura réalisé une grosse perte. Alors, je vous invite fortement à réfléchir avant d’acheter des produits de luxe. Demandez-vous en quoi cet article vous sera utile et pendant combien de temps.

Permettez-moi de poursuivre en remerciant le gouvernement d’avoir lancé le Programme de subventions pour les engrais. Ce programme est très bénéfique pour les petits exploitants agricoles. Vous pouvez acheter des engrais à bas prix. Mais n’oubliez pas que vous pouvez acheter seulement deux sacs d’engrais dans le cadre de ce programme. Et la plupart d’entre vous utilisent plus de deux sacs d’engrais par saison. Alors, achetez de l’engrais supplémentaire dès maintenant. Lorsque le programme fonctionnera, vous pourrez compléter les engrais que vous avez déjà achetés. Travaillons ensemble avec le gouvernement et faisons notre part en achetant une partie de nos besoins. Plus tard, nous pourrons alors apprécier ce que le gouvernement nous a donné.

Je vous souhaite bonne chance durant cette saison de vente des récoltes.

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Animateur : C’était Felix Sichali, gestionnaire de la vente au détail de la National Smallholder Farmers’ Association of Malawi, qui nous rappelait comment gérer nos finances après la vente des récoltes. De toute évidence, cela s’applique à maintes cultures, pas seulement au tabac.

Je vous conseille de faire très attention lorsque vous vendez vos récoltes. Préparez de bons budgets pour la prochaine saison, n’oubliez pas de payer vos ouvriers et souvenez-vous des frais de scolarité de vos enfants, des vêtements et des autres articles importants qui sont nécessaires à la maison. Enfin, ne vendez pas votre vie avec vos récoltes!

C’est sur cette note que se termine cet après-midi notre émission Farming as Business.

Au micro Andrew Mahiyu qui vous dit au revoir!

Remerciements
Rédaction : Andrew Mahiyu, National Smallholder Farmers’ Association of Malawi (NASFAM)
Révision : Rex Chapota, coordonnateur national de la recherche, Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique (IRRRA), Réseau de Radios Rurales des Pays en Développement, Lilongwe, Malawi.

Des remerciements très particuliers sont adressés au Fonds de justice sociale du Syndicat des travailleurs et travailleuses canadiens de l’automobile (TCA) pour l’appui accordé à cette pochette de textes portant sur le travail dans le secteur de l’agriculture.

Programme entrepris avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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