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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 15

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous!

Comme beaucoup d’entre vous le savent, la Journée mondiale de l’eau est ce samedi 22 mars. Des journées comme celle-ci peuvent être l’occasion d’explorer ce que signifient les problèmes d’accès à l’eau pour les communautés de votre zone de diffusion. Dans ce cas, quels sont les défis auxquels sont confrontées les personnes qui veulent accéder à de l’eau potable pour leur famille et suffisamment d’eau pour leurs cultures et leur bétail? Que font les individus ou les groupes communautaires pour améliorer l’accès à l’eau dont ils ont besoin?

Dans cette édition d’ARH, nous vous offrons une variété de ressources qui peuvent vous aider à souligner la Journée mondiale de l’eau. Nous vous proposons un reportage ainsi que le texte radiophonique de la semaine qui traitent des méthodes novatrices de collecte des eaux de pluie. Dans la section « Banque de ressources pour la radio », vous trouverez des liens vers des textes et fichiers audio sur les eaux pluviales et d’autres sujets liés à l’eau. Nous avons même des informations sur un concours pour les journalistes dans les pays en développement menant des enquêtes sur l’eau, l’assainissement, l’hygiène et les problèmes dans leurs communautés!

Nous disposons également de deux sujets d’actualité qui examinent la façon dont les forces du marché influencent les décisions des agriculteurs concernant ce qu’ils doivent cultiver. Dans un des articles, nous vous amenons une histoire à partir de l’Ouganda où les agriculteurs qui ont commencé à faire pousser l’armoise annuelle - une plante utilisée pour faire des médicaments antipaludéens - font maintenant face à l’incertitude à cause qu’une société pharmaceutique a ralenti ses achats de la plante. Nous avons aussi une histoire qui se penche sur le choix de certains producteurs kényans de faire pousser des cultures pour l’exportation au lieu de faire pousser des grains de base – c’est un choix qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire. Comme toujours, nous vous invitons à visiter le site Web d’ARH http://farmradio.org/francais/hebdo/ pour discuter de ces sujets avec d’autres dans la communauté ARH!

Enfin, nous tenons à saluer tous ceux qui célèbrent ce week-end de Pâques. Joyeuses Pâques!

Et bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Kenya: la collecte des eaux de pluie améliore les moyens de subsistance ruraux (Diverses sources)
2. Afrique : Les petits agriculteurs font des profits avec les plantes antipaludiques (The Monitor, Centre mondial d’agroforesterie)
3. Kenya : Les forces du marché persuadent certains agriculteurs d’abandonner les cultures traditionnelles (Business Daily, The Nation)

Évènement à venir

-15 mai 2008 - Date limite pour participer aux WASH Media Awards

Banque de ressources pour la radio

-Les fichiers audio du CTA sur les questions agricoles… y compris l’eau!

-Les textes radiophoniques du RRRPD sur l’eau

Les actions du RRRPD

-La date limite pour le concours d’écriture de textes radiophoniques sur les changements climatiques a été reportée au 25 mars

-Rappel : Remplissez le sondage de la pochette 81 pour courir la chance de gagner une enregistreuse audio numérique!

Le texte radiophonique du RRRPD de la semaine

-L’eau de pluie de vastes surfaces rocheuses peut servir à irriguer les cultures

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1. Kenya: la collecte des eaux de pluie améliore les moyens de subsistance ruraux (Diverses sources)

Le Dr Benjamin Ikombo est fermier depuis de nombreuses années dans le district de Machakos, au Kenya.. Il affirme que généralement les terres agricoles locales sont bonnes, mais les agriculteurs sont confrontés à de nombreux problèmes tels que les sécheresses fréquentes. Au cours des dernières années, les pénuries d’eau sont devenues plus fréquentes en raison de la croissance démographique et de l’irrégularité des pluies.

Pendant des siècles, les populations locales ont recueilli l’eau de pluie pour la consommation, l’élevage et l’usage domestique. Les pénuries d’eau ont démontré aux agriculteurs l’importance vitale de la récolte des eaux de pluie et comment elle permet de réduire le temps passé à chercher de l’eau provenant d’autres sources.

Peter Kyosaku est un petit agriculteur au Kenya. Il connaît les bienfaits de la récupération de l’eau. Il utilise désormais deux réservoirs pour recueillir l’eau, dont l’un est sous terre. L’autre est une citerne avec une doublure de plastique qui peut emmagasiner jusqu’à 70,000 litres d’eau.

M. Kyosaku dit qu’avant l’agriculture était difficile, car il n’y avait pas assez d’eau dans le lac qu’il utilisait ce qui faisait qu’il pouvait seulement faire pousser les cultures de maïs et de haricots. Il dit qu’il ne faisait pas beaucoup d’argent avec ces cultures et qu’il voulait faire pousser des cultures avec un plus haut rendement.

Mais la vie s’est améliorée pour lui. En utilisant les réservoirs pour stocker l’eau au-dessus et en-dessous du sol, M. Kyosaku peut faire pousser des arbres fruitiers, ce qui a triplé ses revenus de 10,000 à 30,000 shillings kenyans par an.

D’autres exemples de projets de collecte des eaux de pluie ont déjà été mis en œuvre dans la communauté Massaï, des éleveurs nomades, du district de Kajiado au Kenya.

Les femmes Massaï du district de Kajiado sont responsables de l’approvisionnement en eau. En 2002, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement ou PNUE a dirigé un projet pilote intitulé « Renforcement du rôle des femmes dans la collecte des eaux de pluies », dans le district de Kajiado, pour aider les femmes à construire des barrages et des réservoirs.

Ann Kiria dirige un groupe de jeunes femmes dans la communauté. Mme. Kiria affirme que le programme a vraiment permis aux femmes de prendre en charge les infrastructures d’eau afin d’améliorer leurs conditions de vie. Elle dit que les femmes sont désormais activement impliquées dans la gestion des réservoirs d’eau qu’elles ont aidé à construire.

Achim Steiner est Directeur exécutif du PNUE. Il dit que la collecte des eaux de pluie peut également contribuer à répondre aux Objectifs du Millénaire pour le développement en matière d’égalité des sexes.

Par exemple, les femmes Maasaï qui collectent les eaux de pluie ont réduit leur journée de travail de quatre heures en raison de la réduction du temps nécessaire pour aller chercher de l’eau.

Steiner souligne que les femmes qui ont de l’eau à leur portée ont plus de temps à consacrer à l’éducation, à la garde des enfants, à l’agriculture et à des moyens de subsistance alternatifs.

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2. Afrique : Les petits agriculteurs font des profits avec les plantes antipaludiques (The Monitor, Centre mondial d’agroforesterie)

L’armoise annuelle pousse à l’état sauvage sur les chaînes montagneuses chinoises et est soigneusement entretenue dans des jardins ornementaux en Europe. Mais ces dernières années, elle est aussi cultivée dans les champs de certaines régions d’Afrique. Cela est dû au fait que les feuilles de l’armoise annuelle constituent un puissant outil dans la lutte contre le paludisme.

L’armoise annuelle, également connue sous le nom de Sweet Wormwood en anglais ou simplement armoise, contient un ingrédient médicinal appelé artémisinine. C’est l’ingrédient essentiel de l’artémisinine en thérapie combinée qui est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour le traitement du paludisme. Beaucoup de gens, incluant certains médecins et des rechercheurs sur le paludisme, pensent également que le thé préparé à partir des feuilles d’armoise annuelle est un traitement efficace pour le paludisme.

La demande croissante d’armoise a conduit de nombreux petits agriculteurs africains à se lancer dans la culture de cette plante. Certains vendent les feuilles à des sociétés pharmaceutiques qui extraient l’artémisinine pour l’utiliser dans la préparation des médicaments antipaludéens. D’autres font pousser les plantes pour les centres de santé locaux.

Tabaro John est l’un des 12 000 agriculteurs qui font maintenant pousser l’armoise annuelle dans le district de Kabale, en Ouganda. Une société appelée Alfo Alpin Pharma Limited lui fournit les plantules qu’il cultive jusqu’à maturité. L’entreprise achète ensuite les feuilles qu’il a fait pousser.

M. Tabaro était initialement satisfait par cette entente avec la société pharmaceutique. Il a fait plus d’argent avec l’armoise annuelle qu’avec le sorgho et, pour la première fois, il a pu se permettre d’envoyer ses enfants à l’école. Dernièrement, Alfo Alpine a toutefois ralenti ses achats. M. Tabaro dit qu’il souhaite planter plus d’armoise annuelle, mais la société n’a pas encore acheté sa dernière récolte.

Alors que certains agriculteurs comme M. Tabaro peuvent avoir réduit leur production au Mozambique , une ONG internationale appelée Anamed, ou Action for Natural Medicine, s’emploie à éluder les compagnies pharmaceutiques et à connecter directement les petits cultivateurs d’armoise annuelle à des patients atteints de paludisme. Ils croient que le thé d’armoise est une alternative digne d’intérêt, en particulier pour ceux qui ne peuvent pas se permettre d’acheter les combinaisons thérapeutiques d’artémisinine à un coût maximal de 2,5 dollars américains, soit 1,5 Euro, pour une dose d’adulte.

Le Frère Elias Pereira de Macedo a utilisé des semences fournies par Anamed pour commencer une pépinière d’armoise annuelle derrière son église à Vila Ulongue, au Mozambique. Il produit des feuilles qui sont utilisées dans neuf cliniques mobiles dans la zone rurale environnante. Les patients atteints du paludisme prennent un montant prescrit de thé d’armoise.

Anamed travaille maintenant avec le Centre mondial d’agroforesterie, Médecins sans frontières et le Ministère de l’agriculture et du développement rural du Mozambique pour former les agriculteurs à la transformation et à la fabrication de médicaments faits à partir d’armoise annuelle.

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3. Kenya : Les forces du marché persuadent certains agriculteurs d’abandonner les cultures traditionnelles (Business Daily, The Nation)

Willy Kigen dit que la culture du maïs est devenue une entreprise qui n’est plus rentable. Il fait pousser ses céréales sur une ferme de sept acres dans le district de Uasin Gishu, l’une des terres les plus fertiles du Kenya. Mais son ardeur au travail et ses investissements n’ont pas été payants. L’année prochaine, il se peut qu’il commence à cultiver du chou, des épinards et des carottes. Beaucoup d’autres agriculteurs kenyans font le même choix. Ils transférent leur production de céréales de base à des cultures plus rentables, tels les fruits et les légumes.

Le district de Uasin Gishu et le district voisin de Trans Nzoia sont considérés comme étant les centres de production vivrière du Kenya. Ensemble, ils produisent environ un sixième du maïs consommé au pays. La région est également un important producteur de blé. Toutefois, dans le district de Uasin Gishu, moins de 8% des terres est utilisé pour cultiver le maïs cette année comparativement à l’an dernier. La situation soulève des préoccupations au sujet de la sécurité alimentaire.

Grace Kiru est l’un des agents de vulgarisation agricole du district. Elle a prédit qu’il y aurait un déficit de 600 000 sacs de maïs dans la région cette année.

De nombreux facteurs poussent les agriculteurs kenyans loin des cultures traditionnelles et vers des cultures de créneau. La hausse du coût du diesel et la disponibilité limitée de tracteurs ont augmenté le coût de la préparation des terres. D’après un rapport d’évaluation rapide de la sécurité alimentaire fait par le gouvernement du Kenya le mois dernier, ces facteurs et d’autres ont contribué à une augmentation de presque 50% dans la dernière année.

En même temps, les prix du maïs ont été très volatils, laissant les agriculteurs incapables de prédire une reprise de leur travail. L’année dernière, les agriculteurs de maïs à Uasin Gishu ont menacé de cesser de livrer du grain à la Commission nationale des céréales et des produits jusqu’à ce qu’ils reçoivent une rémunération rétroactive.

Les agriculteurs sont aussi séduits par le marché des prêts pour la croissance rapide des fruits et des légumes, en particulier venant de l’Europe. Une nouvelle installation d’entreposage à froid à l’aéroport international d’Eldoret a rendu l’expédition des produits frais vers l’Europe encore plus facile.

Les récentes violences post-électorales ont soulevé de nombreuses inquiétudes sur la sécurité alimentaire cette année. Certaines cultures ont été brûlées et d’autres ont été plantées tard dans la saison, car de nombreux agriculteurs ont été contraints d’abandonner leurs terres. Mais, à long terme, la difficulté à réaliser un bénéfice à partir de céréales peut poser un plus grand danger pour la sécurité alimentaire.

Certains agriculteurs décident simplement d’abandonner l’agriculture et gagnent mieux leur vie en démarrant une petite entreprise pour une des villes des environs.

Pour sa part, M. Kigen espère que le maraîchage sera un meilleur investissement de son temps et de son argent et qu’il lui permettra de mieux subvenir aux besoins de sa famille.

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