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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 19

Bonjour Ă  tous!

Cette semaine, nous sommes heureux d’accueillir quatre de nos plus récents abonnés: Mbaye Cheikh de SOSIGA Sarl, au Sénégal, Emmanuel Adoayi Acquaye du Ministère de l’agriculture in Ghana, Manengou Jean Ignace des Médias Catholiques en Centrafrique, et Chris Viljoen du départment de l’agriculture en Afrique du Sud. Manengou Jean Ignace et Chris Viljoen sont les premiers abonnés d’ARH de leurs pays respectifs!

Alors que la communauté ARH s’agrandit en Afrique sub-saharienne, nous tentons de trouver de nouvelles histoires qui représentent la diversité de notre réseau.Cette semaine, nous vous présentons notre nouvelle correspondante, Lilianne Nyatcha, qui vit et travaille à Douala, au Cameroun. Lilianne nous rapporte une histoire sur l’industrie avicole camerounaise, et la façon dont celle-ci a été touchée par de violentes émeutes qui ont paralysé le transport pendant quatre jours.

De la Côte d’Ivoire, nous avons une histoire qui parle d’un problème auquel les agriculteurs font face pendant les périodes de conflit - un accès réduit à des pesticides sécuritaires et aux formations sur la sécurité de l’utilisation des pesticides. Les textes radiophoniques archivés des Radios Rurales Internationales, notamment le texte radiophonique de la semaine, vous proposent d’autres éléments ainsi que des idées d’émissions sur la sécurité des pesticides. Pour complémenter l’article de cette semaine sur comment les conflits affectent la production alimentaire, nous vous proposons une ressource sur le journalisme sensible aux conflits.

Si vous avez une idée d’histoire sur l’agriculture qui, selon vous, devrait faire l’objet de nos recherches pour un prochain numéro d’ARH (ou si vous souhaitez développer une histoire vous-même), envoyez un courriel à la rédactrice en chef d’ARH, Heather Miller, à l’adresse hmiller@farmradio.org. Aussi, n’oubliez pas de visiter le site Web d’ARH (http://farmradio.org/francais/hebdo/) pour donner vos opinions sur les articles de ce numéro!

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Un conflit de quatre jours cause des perturbations à long terme dans l’industrie avicole (Par Lilliane Nyatcha, pour Agro Radio Hebdo, à Douala, au Cameroun)

2. Côte d’Ivoire: l’utilisation impropre des pesticides met en péril les agriculteurs (Inter Press Service)

Évènement à venir

-6 au 10 Octobre 2008: “La communication est la paix», une conférence en Afrique du Sud

Banque de ressources pour la radio

-Une check-list pour un journalisme sensible aux conflits

Les actions des Radio Rurales

-Un consultant des Radio Rurales Internationales discute avec des radiodiffuseurs Congolais et Rwandais à propos d’ARH

-La mise Ă  jour du site Web des Radios Rurales Internationales facilite la navigation sur le site

Le texte radiophonique des Radios Rurales de la semaine

-Qu’est-ce que la gestion intégrée des ravageurs?

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1. Un conflit de quatre jours cause des perturbations à long terme dans l’industrie avicole (Par Lilliane Nyatcha, pour Agro Radio Hebdo, à Douala, au Cameroun)

Assis sur un tabouret en bois dans le secteur poulet du marché Central de Douala, Maurice MOTSEBO visiblement s’ennuie. Le cinquantenaire devise néanmoins avec ses collègues. Il raconte qu’il a commencé son travail en aviculture en 1988 mais en février dernier, c’était la première fois qu’il constatait une telle perturbation dans l’industrie avicole.En fin février dernier, de violentes émeutes contre la cherté de la vie ont éclaté dans une trentaine de villes du Cameroun. Douala, la capitale économique, paralysée, a enregistré plusieurs morts par balles. Pendant quatre jours, les populations étaient terrées chez elles, incapables de circuler à cause des violences auxquelles s’étaient mêlées pillages et vandalismes.

Coincé à la maison et ne pouvant alimenter ses 46 poulets acquis à crédit deux jours avant le début de la crise, Maurice a découvert avec amertume à la fin de cette chaude période, qu’ils étaient tous morts. Mais, il doit tout de même rembourser son fournisseur Emmanuel KAMGAING.

Assisté d’un de ses collaborateurs, M. Kamgaing est occupé à décharger de sa camionnette les casiers de poulets. Il dit, presque résigné, qu’à la fin de la crise, il a retrouvé vivant et très mal en point que 200 des 1000 poulets qu’il était venu livrer le 25 février. Aucun de ses acheteurs habituels n’était au marché. Par peur de se faire arracher ses poulets par les pilleurs au retour, il les a gardés dans le magasin au marché. Affamés et assoiffés, ils sont morts.

Plus amer est Jean Marie KAMDEM, âgé d’une vingtaine d’années. Il est le président des nettoyeurs de poulets du marché Central de Douala. M. Kamdem confie que les quatre jours de grève ont été très difficiles pour les familles des nettoyeurs de poulet. Il dit qu’un poulet nettoyé égal 100 FCFA (environ 25 sous américains ou 0.15 Euros) empoché. C’est avec la recette journalière de 1000 ou 1500 FCFA (entre 2,50 et 3,75 dollars américains ou entre1,50 et 2,25 Euros) qu’il achète de la nourriture pour sa famille.

Encore plus durement frappé a été François DJONOU. Producteur et Secrétaire Général de l’Interprofession Avicole du Cameroun, il explique que la filière n’a toujours pas reçu l’aide promise par les autorités suite aux pertes nées de la psychose de la grippe aviaire. Il dit également que la grippe aviaire était un coup dur pour l’industrie et que la grève est venue assommer l’aviculture. Comme presque tous ses collègues, cet éleveur vit loin de ses fermes. Ne pouvant s’y rendre pendant la grève, il a perdu la totalité de sa production hebdomadaire durant la semaine de crise.

M. Djonou a perdu 46 000 poussins d’un jour car il n’a pu ni les nourrir ni les livrer. Une situation qui a crée une rupture dans la chaine de production et de distribution.
Près de deux mois après la crise, les effets se font sentir et le retour à la normale se fait attendre.Sur les marchés, les prix des poulets ont quasiment doublés.

Les fermiers comme les membres de l’interprofession avicole du Cameroun, surpris par l’ampleur de la crise, disent ne pas savoir comment prévenir ce genre de situation à l’avenir ou comment protéger leurs animaux si cela ce produit à nouveau. Certains parlent d’emmagasiner plus de nourriture, mais lorsque les perturbations ont commencé, le problème se posait au niveau de l’accès aux fermes où sont stockés les provendes et non celui d’un manque de ces fournitures.

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2. Côte d’Ivoire: l’utilisation impropre des pesticides met en péril les agriculteurs (Inter Press Service)

Le mari de Makoura Tuo a été tué par des soldats de la rébellion armée en Côte d’Ivoire. Par la suite, lorsque le conflit a causé la fermeture des magasins de fournitures agricoles, sa santé a commencé à se dégrader à cause de pesticides dangereux. Mme Tuo faisait la culture des oignons, des carottes et des choux sur son exploitation agricole, à Bouaké. Quand elle a perdu l’accès à son fournisseur de pesticide régulier, elle a commencé à acheter des pesticides inconnus à un fournisseur qui les vendait à sa porte. Un jour, elle a perdu connaissance pendant l’épandage de ses cultures. Lorsqu’elle s’est réveillée, elle était à l’hôpital.

Mais avec neuf enfants à nourrir, Mme Tuo ne pouvait pas se permettre de cesser ses activités agricoles. Elle a continué à cultiver des légumes et à utiliser les pesticides qui étaient disponibles. C’est seulement quand elle a perdu conscience pour une deuxième fois qu’un médecin lui a dit qu’elle devait cesser ses activités, sinon les pesticides la tueraient. Depuis, Mme Tuo n’utilise plus de pesticides, mais elle continue à souffrir de problèmes respiratoires.

On estime que 65 % des maladies chez les cultivateurs ivoiriens de fruits et légumes, les producteurs de coton et les consommateurs sont liées aux pesticides. C’est François N’klo Hala, entomologiste au Centre national de la recherche agronomique, qui a fait cette constatation. Il dit que ce chiffre est encore plus élevé dans les zones contrôlées par les rebelles.

Actuellement, les rebelles occupent le nord de la Côte d’Ivoire. Les agriculteurs de ces régions ont perdu l’accès aux pesticides chimiques qu’ils connaissaient. Les programmes visant à enseigner aux agriculteurs l’utilisation sécuritaire des pesticides ne sont pas en mesure de les atteindre.

Beaucoup d’agriculteurs disent que leurs problèmes de santé se sont manifestés après que la rébellion armée a commencé. Cela fait une quinzaine d’années que Minata Soro cultive des légumes mais en 2003, les pesticides ont commencé à la rendre malade. Elle souffrait de saignements de nez et de maux de tête. Son nouveau fournisseur de pesticides lui a recommandé de boire du lait, mais cela ne l’a pas aidée. Elle a finalement demandé à recevoir des soins et est maintenant guérie. Cependant, son fils est né avec une main malformée qui ne pouvait être remise en état.

Les femmes qui utilisent des pesticides dangereux sont davantage exposées aux risques d’infertilité, de fausses couches et de donner naissance à des enfants atteints de malformations congénitales. Le risque de développer une leucémie, un cancer du cerveau ou un cancer des poumons est également plus élevé.

Le ministère de l’agriculture ivoirien dit qu’il va réinstaurer des programmes de sécurité en matière de pesticides dans le nord du pays alors que le gouvernement tente de reprendre le contrôle des bastions rebelles. Entre-temps, le gouvernement offre quelques conseils pratiques. Les agriculteurs devraient seulement utiliser les pesticides approuvés par le gouvernement. Les pesticides devraient être appliqués suivant les directives sur l’emballage, et les agriculteurs devraient respecter le délai prescrit entre l’application de pesticides et la consommation ou la vente de nourriture. Les agriculteurs devraient aussi se laver le corps après l’application ou la manipulation des pesticides. Enfin, les pesticides ne devraient jamais être stockés à proximité des denrées alimentaires ou dans des zones résidentielles.

Le ministère de l’Agriculture a également annoncé qu’il allait saisir et détruire les pesticides dangereux et la nourriture produite avec des pesticides dangereux.

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Notes aux radiodiffuseurs sur la crise qui affecte l’aviculture:

Cette histoire illustre comment une violente crise peut rapidement et sévèrement affecter la production avicole. Dans ce cas, les éleveurs ont peur de quitter leurs maisons mais ne sont pas en mesure de prendre soin de leurs volailles. Dans d’autres cas, comme dans la crise qui s’est produite au Kenya suite aux élections de décembre 2007, les agriculteurs étaient forcés d’abandonner leurs champs. Dans les deux cas, l’effet sur la production alimentaire se poursuit bien après que la paix soit revenue. Ceci a des implications tant pour la sécurité alimentaire que les revenus des agriculteurs.

Les textes radiophoniques suivants fournissent des informations sur la façon de protéger le bétail en cas d’urgence, et quels types de cultures peuvent apporter une sécurité alimentaire en période de crise:
- « Protéger votre bétail dans les situations critiques » (Pochette 64, Numéro 3, juillet 2002)

- « Les récoltes de “survie” fournissent, aux moments difficiles, de la nourriture » (Pochette 67, Numéro 2, juin 2003)

Vous pouvez aussi produire une émission de radio qui aide les agriculteurs à réfléchir sur les façons dont ils peuvent se préparer à d’éventuelles crises. Vous pouvez produire une émission de radio pendant laquelle vous permettez à vos auditeurs de vous appeler ou de vous envoyer des SMS et/ou vous pouvez faire une table ronde avec des agriculteurs, des agents de vulgarisation, ou d’autres experts en posant les questions suivantes:
- Quelles sortes de situations d’urgence, telles que les sécheresses, les inondations, ou les conflits agricoles, les agriculteurs dans votre région ont-ils connu dans les 5 à 10 dernières années?
- Quel a été l’impact sur les cultures et le bétail?
- Y-avait-il des agriculteurs qui ont pris des mesures pour réduire l’impact de la crise sur leur production vivrière et leur sécurité alimentaire? Quelles ont été les mesures et quel a été l’effet?
- Y-a-t-il des groupes communautaires formés pour répondre aux situations d’urgence?

-Quel rôle jouent ces groupes dans les situations d’urgence récentes? Quels travaux en cours permettent à ces groupes de se préparer pour des situations d’urgence?

-Les agriculteurs, les agents de vulgarisation, ou d’autres experts peuvent-ils proposer des stratégies de préparation aux situations d’urgence?

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