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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 20

Bonjour Ă  tous!

Cette semaine, nous souhaitons chaleureusement la bienvenue à sept nouveaux abonnés africains. Isabelle Dos Reis, de la Via Campesina Afrique, est notre première abonnée du
Mozambique! Nous accueillons également George Kalungwe de la station de radio Zodiak, au Malawi; Akinola Samuel Olotu de l’ONG New Farmers’ World, au Nigeria; Grace Nabireka de Radio Sapientia, en Ouganda; Alain Lejeune Mengwang de l’Association Sahel Vert, au Mali; Mary Wairimu de Pledge Action International, au Kenya et Guébré Adama de BurkinFarm, au Burkina Faso.

Nous espérons que les articles de la dépêche de nouvelles de cette semaine vous inspireront et inspireront les agriculteurs de votre auditoire. Lilianne Nyatcha, notre correspondante à Douala, au Cameroun, nous raconte l’histoire d’un agriculteur biologique qui a réalisé son rêve - une abondante variété d’arbres fruitiers répartis sur 150 hectares. Nous vous présentons également l’histoire des ostréiculteurs en Namibie qui ont décidé que, même s’ils ne peuvent pas prévenir les catastrophes naturelles, ils feront de leur mieux pour s’y préparer. Pour ceux qui ont suivi l’histoire de l’agriculture au Kenya, qui a été affectée par les violences post-électorales, nous présentons cette semaine une mise à jour. Le gouvernement du Kenya a annoncé un plan visant à soutenir les agriculteurs.

Et, saviez-vous que la Journée mondiale de la liberté de la presse est à nos portes (le 3 mai)? Ci-dessous, vous trouverez des ressources pour vous aider à en apprendre davantage sur cette journée spéciale, et peut-être à réfléchir à ce que la liberté de la presse signifie pour vous. Enfin, ne manquez pas de lire le profil de la radio communautaire Dzimwe, au Malawi. C’est une station dédiée à améliorer la communication entre les communautés rurales.

Nous espérons que les articles et les ressources de cette semaine susciteront votre intérêt et stimuleront votre imagination. Si c’est le cas, s’il vous plaît, prenez un moment pour visiter le site Web d’ARH (http://farmradio.org/francais/hebdo/) pour partager votre opinion avec notre communauté grandissante de radios rurales et de supporteurs des communautés rurales.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. La patience en agriculture biologique est payante (Écrit par Lilianne Nyatcha, pour Agro Radio Hebdo, à Douala, Cameroun)

2. Namibie: les ostréiculteurs luttent contre la marée rouge (The Namibian, New Era)

3. Kenya: le gouvernement distribuera des intrants agricoles aux agriculteurs affectés par les violences post-électorales (Agence France-Presse)

Évènement à venir

-2 et 3 Mai: Conférence au Mozambique pour la journée mondiale de la liberté de la presse

Banque de ressources pour la radio

-Sondage sur les lois médiatiques en Afrique

Les actions des Radio Rurales

-La radio communautaire Dzimwe produit des programmes radiophoniques pour les agriculteurs et les pĂŞcheurs

Le texte radiophonique des Radios Rurales de la semaine

-Les agriculteurs peuvent gagner un revenu en produisant du compost

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1. La patience en agriculture biologique est payante (Écrit par Lilianne Nyatcha, pour Agro Radio Hebdo, à Douala, Cameroun)

Sur les 150 hectares de champs de Jean Pierre Imele, situés dans la région agricole du Moungo, dans le littoral du Cameroun, la diversité des plants impressionne. Ici, c’est une étendue interminable de manguiers, là d’ananas et plus loin d’avocatiers.

Cela fait vingt ans que cet ingénieur spécialisé en agro-météorologie et agriculture biologique a opté pour une culture exclusivement biologique. Il dit que son choix a été idéologique. Il a vu le potentiel de la culture biologique comme une vraie alternative au sous-développement et à la dépendance des pays pauvres vis-à-vis de l’agro-industrie chimique.

Cependant, les débuts ont été très difficiles. M. Imele reconnait que c’était même décourageant. Il dit qu’il a recruté des petits agriculteurs mais qu’il fallait être patient afin de convaincre ses collaborateurs de la valeur de l’agriculture biologique et de les former sur les techniques de culture biologique. Le concept du traitement préventif des sols et des plantes, qui est très important afin d’éliminer le besoin d’utiliser des produits chimiques, est nouveau pour ce groupe d’agriculteurs. De plus, il fallait attendre trois mois avant la première récolte.

Avec le temps, la persévérance a payé. M. Imele travaille maintenant avec plus de 30 petits agriculteurs en les formant sur les techniques biologiques et en achetant leurs produits biologiques. Jean-Marie Tsop est un des collaborateurs. À première vue, il n’était pas sûr à propos l’approche biologique, mais il a vite constaté qu’elle est rentable. M. Tsop dit qu’il peut produire plus sur son hectare de terre en utilisant des techniques organiques qu’il ne pouvait le faire quand il utilisait des produits chimiques.

M. Imele et ses collaborateurs ont maintenant une production annuelle qui oscille entre 600 et 800 tonnes de fruits tels que des ananas, des fruits de la passion, de l’aloès vera et des avocats. 50 % des fruits sont exportés vers l’Union Européenne. Et indirectement, les confitures à base de ces fruits vont vers les États Unis, le Japon et l’Australie. La clientèle étrangère est exigeante. Chaque année, des experts européens assermentés viennent faire des contrôles sur place avant de lui délivrer une certification, indispensable avant l’exportation.

Le reste de sa production est transformée sur place en jus, et exportée en partie vers l’Europe. Une autre partie est vendue avec les fruits dans sa boutique, Bio Nature, ouverte dans un quartier périphérique de Douala. M. Imele dit que ses clients sont hypertendus, obèses ou diabétiques. Mais, pour l’essentiel, ce sont des gens cultivés, qui connaissent les enjeux sanitaires et écologiques des produits biologiques.

Sur la question des prix, jugés élevés par les petites bourses, Jean Pierre Imele répond que ce sont des idées reçues. Il dit que la chaîne de production qu’il a mise en place contribue largement à amortir les frais de production car elle valorise tout, même les déchets. Selon M. Imele, cette chaîne fait en sorte que les produits biologiques sont rentables pour l’agriculteur et abordables pour le consommateur.

Au Cameroun, il n’existe pas encore de cadre légal qui réglemente le secteur, lequel fonctionne sur la base des cahiers de charges internationaux. Jean Pierre Imele espère que ce vide sera vite comblé. Notamment, pour la trentaine de petits producteurs indépendants qu’il encadre. Aujourd’hui, le quadragénaire rêve d’un réseau d’écoles d’ingénieurs au Cameroun, qui enseigneraient la culture biologique.

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Namibie: les ostréiculteurs luttent contre la marée rouge (The Namibian, New Era)

De temps à autre, les conditions météorologiques sont propices à une marée rouge. Dans la lagune de Walvis Bay, sur la côte namibienne, un courant océanique chaud peut mener à ce phénomène. La chaleur permet aux algues de se multiplier rapidement et de devenir si abondantes que l’eau semble être de couleur rouge. C’est une scène qu’aucun pêcheur ne veut voir. Les algues en excès aspirent l’oxygène de l’eau. Quand les plantes meurent, elles libèrent des toxines naturelles. Le manque d’oxygène et les niveaux élevés de toxines dans l’eau peuvent dévaster les populations de poissons. En mars dernier, une marée rouge a tué environ 70% des huîtres dans la lagune de Walvis Bay. Les ostréiculteurs ont été incapables de sauver leurs stocks, qu’ils cultivent sous l’eau, dans des cages.

Cette année, c’est la troisième marée rouge depuis 2005. Les marées rouges précédentes ont eu lieu en juin 2006 et décembre 2005, mais certains ostréiculteurs disent que cette année est la pire qu’ils ont jamais vu. Ils disent qu’ils seront mieux préparés la prochaine fois.

À la suite de la dernière marée rouge et désireux de trouver des solutions durables au problème, les cultivateurs et d’autres institutions impliquées dans industrie des huîtres se sont rencontrés pour discuter des moyens de réduire les pertes. Ils ont demandé à deux chercheurs américains, spécialisés dans l’écologie des huîtres, de les aider à préparer une stratégie.

Ils ont appris que leurs huîtres étaient mortes parce qu’elles étaient très fragiles, mais qu’ils pourraient les rendre plus résistantes en les exposant à des conditions simulant la marée rouge. Par exemple, étant donné que la marée rouge réduit les niveaux d’oxygène dans l’eau, les agriculteurs peuvent conditionner les huîtres en les retirant de l’eau pendant quelques heures chaque jour. Certains ostréiculteurs ont évoqué la possibilité de développer un dispositif pour faire pivoter les cages d’huîtres et les déplacer aisément.

Les agriculteurs ont aussi appris qu’ils devraient noter quels types d’huîtres ont mieux résisté aux rudes conditions de marée rouge cette année, afin de sélectionner ces types pour la reproduction. Lors de la prochaine marée rouge, et les huîtres et les agriculteurs devraient être en mesure de mieux faire face au phénomène. Les agriculteurs savent maintenant comment anticiper la prolifération d’algues lorsque la température de l’eau augmente. Ils savent également quel est le meilleur niveau d’eau sous lequel ils doivent garder les huîtres pendant une marée rouge.

Un ostréiculteur cité dans un journal namibien a déclaré que, même s’ils ne peuvent pas contrôler la nature, les agriculteurs veulent être en mesure de contrôler leurs pertes. Dans le cas où ces efforts ne fonctionnent pas, les ostréiculteurs parlent également de garantir une assurance.

L’ostréiculture est une petite industrie en pleine croissance en Namibie. Plusieurs centaines d’agriculteurs produisent des huîtres dans la lagune de Walvis Bay. L’année dernière, 35 millions de dollars namibiens (environ 4,6 millions de dollars américains ou 2,9 millions d’euros) en huîtres ont été exportés vers des marchés tels que l’Afrique du Sud et Singapour.

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Kenya: le gouvernement distribuera des intrants agricoles aux agriculteurs affectés par les violences post-électorales (Agence France-Presse)

Les agriculteurs Kenyans qui ont été contraints d’abandonner leurs champs en raison des violences post-électorales vont obtenir de l’aide afin de remettre leurs cultures sur pied. Le gouvernement du Kenya a annoncé qu’il allait dépenser 1,7 milliard de shillings kenyans (environ 27 millions de dollars américains ou 17 millions d’Euros) pour fournir aux agriculteurs des intrants agricoles tels que des semences et de l’engrais.

Le financement gouvernemental pour les intrants sera alloué au « National Cereals and Produce Board. » Ce regroupement fera l’acquisition de semences et d’engrais et les distribuera aux agriculteurs gratuitement.

Dans les semaines qui ont suivi les dernières élections présidentielles, plus de 1000 personnes ont été tuées et quelques 300 000 ont été contraintes de fuir leurs foyers. La province de la Vallée du Rift, connue comme étant le bastion des cultures vivrières du Kenya, a été durement touchée. Les agriculteurs n’ont pas été en mesure de récolter leur maïs ou de planter de nouvelles semences.

Même une fois la paix revenue, certains agriculteurs étaient réticents à acheter des semences et des engrais car le coût de ces intrants avait fortement augmenté et la pluviométrie s’avérait incertaine. Les agriculteurs craignaient de ne pas obtenir un bon rendement pour leur investissement. Les fonds du gouvernement devraient alléger les craintes financières des agriculteurs.

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