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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 29

Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Sénégal: l’irrigation au goutte à goutte augmente la production durant la saison sèche (Christian Science Monitor)

2. Botswana: Une agricultrice milite pour le droit des femmes (Mmegi/The Reporter)

Évènement à venir

-22 août 2008: date limite pour faire une demande de bourse « Un Seul Monde »

Banque de ressources pour la radio

-Trousse de ressources sur les femmes dans les micro-entreprises: maintenant disponible en français

Les actions de Radios Rurales Internationales

-Le rédacteur de Radios Rurales Internationales rencontrera des partenaires en Afrique de l’Ouest.

Le texte radiophonique de la semaine

-Distribuer directement l’eau à la racine des plantes à l’aide des systèmes d’irrigation par seau et au goutte à goutte

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Bonjour Ă  tous!

Nous sommes heureux de souhaiter la bienvenue à nos nouveaux abonnés africains cette semaine! Trois d’entre eux viennent du Ghana: Samuel Nii Quarcoo de l’organisation paysanne Quarcoo Initiatives Ltd, M. Justice Kofi Sakutey de la Ghana Broadcasting Corporation, et John Oheneba Konadu du Bowiri Rural Radio Farmers Forum. Nous souhaitons également la bienvenue à Tumaini Mwailenge du Faraja Development Trust en Tanzanie, Ngotcho Tenke Vincent Marie de l’ONG OVA au Cameroun, Pierre Kabwayintumba de l’ONG Aide pour le Développement Humain en République démocratique du Congo et Sagno Ezechiel de l’organisation Les Amis de David, en Guinée.

De ces jours-ci, nous constatons que la plupart des histoires que nous voyons dans les dépêches d’actualité sont liés au coût élevé de la nourriture ou le coût élevé du carburant. Cette semaine, nous vous proposons deux histoires reliés à ces deux sujets. Les biocarburants demeurent un sujet brûlant car de nombreuses personnes considèrent que les agrocarburants sont une solution à notre dépendance globale aux combustibles fossiles. Mais, l’utilisation des terres agricoles pour produire du carburant est une des causes principales pour la hausse des prix des denrées alimentaires et la faim. À partir du Kenya, nous vous présentons une histoire sur un plan controversé qui compte utiliser 20,000 hectares de zones humides côtières pour la production de cannes à sucre qui seront ensuite transformée en éthanol et en sucre – et pourquoi les pasteurs locaux disent que ce plan menace leurs moyens de subsistance. Nous avons aussi une histoire sur des agriculteurs dans différentes parties du continent qui utilisent la puissance des animaux de trait pour augmenter leur production alimentaire sans utiliser de tracteurs.

Finalement, nous aimerions vous avertir que nous ne publierons pas ARH la semaine prochaine. Nous prenons une pause de publication. Mais, n’aillez crainte, ARH sera de retour dans vos boîtes de réception lundi, le 28 juillet. En attendant, pourquoi ne pas visiter le site Web d’ARH (http://farmradio.org/francais/hebdo) où vous pouvez consulter les parutions passées? Ou, pourquoi ne pas naviguer à travers les archives des textes radiophoniques de Radios Rurales Internationales: http://farmradio.org/francais/radio-scripts/index.asp.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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1. Kenya: Les éleveurs s’opposent à un projet controversé de production de cannes à sucre (The Nation, diverses autres sources)

Les dirigeants de la communauté de pasteurs du delta de la rivière Tana au Kenya se sont exprimés contre un projet controversé de production de cannes à sucre, affirmant que ce projet détruirait les pâturages de saison sèche.

Les autorités environnementales au Kenya ont récemment approuvé un plan visant à augmenter la production de cannes à sucre sur 20,000 hectares de zones humides côtières. Le plan est un projet conjoint de la Mumias Sugar Company et de la Tana and Athi River Development Authority. Le projet est soutenu par le gouvernement du Kenya, mais opposé par les collectivités locales et les groupes environnementaux internationaux, ainsi que les éleveurs. Les éleveurs disent que ce plan menace leurs moyens de subsistance.

Lors d’une récente réunion avec des responsables gouvernementaux, les dirigeants locaux ont dit que les pasteurs devraient être autorisés à maintenir leurs terres traditionnelles de pâturage. Le gouvernement a proposé de déplacer les éleveurs dans une zone connue sous le nom de Galana ranch pendant la saison sèche. Mais, les représentants des pasteurs disent que ce n’est pas une option. Le conseiller municipal Abaloni Racha a déclaré que la zone de pâturage proposée est infestée de mouches tsé-tsé.

Les représentants du gouvernement, quant à eux, ont tenté de convaincre la communauté sur le projet. Selon le plan, la production de cannes à sucre créerait 20,000 emplois. Le ministre du développement régional Fred Gumo dit qu’il est temps que la population locale s’adapte au changement et au développement.

Le gouvernement maintient que les collectivités locales bénéficieront du projet, pas seulement à cause des emplois créés, mais parce que de meilleures routes et d’autres infrastructures seront construites. Également, un porte-parole du gouvernement affirme que le projet fera du Kenya un exportateur net de sucre et lui permettra de devenir une importante source de devises étrangères.

Les cannes à sucre qui seront cultivées dans le cadre du projet seront transformées en sucre, ainsi qu’en éthanol. L’éthanol est un des biocarburants qui a fait l’objet de débats au sein de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture lors du sommet sur la crise alimentaire qui s’est tenu en juin dernier. Les biocarburants ont été promus comme carburant alternatif plus écologique que le carburant fossile conventionnel, mais plusieurs disent que de nombreuses cultures qui sont utilisées pour la production de biocarburants menace la sécurité alimentaire mondiale.

Des groupes environnementaux ont également démontré leur opposition au projet de cannes à sucre. Une coalition connue sous le nom de Nature Kenya a monté une opposition environnementale, notant que le delta de la rivière Tana abrite plus de 350 espèces d’oiseaux, de lions, d’éléphants, de requins rares et de reptiles. Le groupe dit que le projet pourrait détruire un espace vital de reproduction pour les oiseaux d’eau migrateurs et les poissons.

Des lobbyistes environnementaux suggèrent également qu’en déplaçant les pasteurs, le projet aurait un impact négatif sur d’autres terres agricoles. Ils font valoir que si les éleveurs ne peuvent plus paître leur bétail dans le delta, ils utiliseront d’autres pâturages plus intensifs, ce qui conduira à la dégradation des terres.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur le projet controversé de production de cannes à sucre

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2. Afrique: le coût élevé de la nourriture et du carburant popularisent le recours à la puissance des animaux de trait (New Era, The Namibian, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, New Agriculturalist)

Tjizembua Mbazuvara n’élevait que du bétail sur sa ferme en Namibie. À l’instar de nombreux fermiers namibiens, il concentrait ses efforts sur la préparation de viande bovine pour la vente aux enchères. Mais ça, c’était avant qu’il ne réalise qu’il ne tirait pas le meilleur profit ni de sa ferme ni de ses animaux.

Un jour, alors qu’il rendait visite à la ferme de sa belle-famille, il a remarqué des barres de farine de maïs et de haricots stockés dans leur entrepôt. C’était de la nourriture qu’ils faisaient pousser sur leur ferme pour nourrir leur bétail. Dès ce moment-là, M. Mbazuvara fut convaincu qu’il devrait commencer à cultiver la terre pour nourrir sa famille et son bétail. Il a aussi vite découvert qu’il pouvait utiliser ses animaux pour cultiver ses champs.

Selon M. Mbazuvara, le prix des denrées alimentaires est devenu incontrôlable; il est donc en train d’encourager d’autres agriculteurs de son quartier à faire, eux aussi, la culture de leur propre nourriture. Après avoir participé à un programme de formation, il est maintenant sur le point de commencer à former d’autres agriculteurs sur la culture des terres recourant à la puissance des animaux de trait.

Eliaser Ambata est coordonnateur régional du Draught Animal Power Acceleration Programme en Namibie. Il dit que la hausse des prix du carburant a rendu les tracteurs trop coûteux à utiliser. La demande pour la formation sur la technique recourant à la puissance des animaux de trait est de plus en plus forte.

Cette technique est également de plus en plus populaire au Ghana. Les tracteurs ont été introduits au Ghana dans les régions productrices de coton dans les années 1960 et 1970. Mais au cours des dernières années, leur utilisation à diminué. L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a mené une étude sur les raisons du déclin de popularité des tracteurs. Les recherches ont démontré qu’ils sont chers à acquérir, à entretenir et à exploiter, et que les agriculteurs ont constaté qu’ils n’obtenaient pas un bon retour sur leur investissement. De plus, avec la migration des jeunes vers les villes, il est difficile de trouver des travailleurs. La technique de la puissance des animaux de trait comble cette lacune.

Selon le magazine New Agriculturalist, il y a maintenant des millions d’ânes qui sont utilisés dans certaines parties de l’Afrique de l’Ouest où ils n’avaient jamais été utilisés auparavant. Les agriculteurs achètent des ânes bon marché, facile à gérer, et capables de s’adapter à des conditions arides. D’autres agriculteurs optent pour des vaches qui, en plus dela puissance de trait, permettent la production de lait et de viande.

M. Mbazuvara a constaté que l’élevage de bétail et l’agriculture ont amélioré ses revenus et sa sécurité alimentaire. Il dit que lors de la suspension temporaire de la vente de bétail aux enchères , il était quand même en mesure de vendre des haricots pour payer les frais de scolarité de sa fille. Il encourage les autres agriculteurs à stocker une partie de leurs cultures pour une année complète. De cette façon, ils sont préparés en cas de mauvaise récolte.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur le recours Ă  la puissance des animaux de trait

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Notes aux radiodiffuseurs sur le projet controversé de production de cannes à sucre:

De grands projets de développement sont souvent en contradiction avec les intérêts de l’environnement, et parfois en conflit avec l’utilisation traditionnelle des terres. Dans le cas des 20,000 hectares de plantation de cannes à sucre prévue par la Mumias Sugar Company et la Tana and Athi Rivers Development Authority, un certain nombre de questions font en sorte que le projet est particulièrement controversé. Étant donné qu’Agro Radio Hebdo se concentre sur les petits agriculteurs, nous nous sommes concentrés dans cet article sur les préoccupations des éleveurs qui utilisent le delta de la rivière Tana pour le pâturage durant la saison sèche.

Toutefois, les opposants les plus organisés et vocaux du projet ont été les groupes environnementaux. Une coalition connue sous le nom de Nature Kenya a écrit un rapport qui remet en cause l’analyse coût bénéfice utilisée pour justifier le projet. Alors que les promoteurs soutiennent que le projet permettra de créer 20,000 emplois et de construire l’infrastructure locale, Nature Kenya a fait valoir que les développeurs ont surestimé les bénéfices, ignorant les frais d’utilisation de l’eau et la pollution ainsi que la perte de recettes qui proviennent du tourisme dans les réserves fauniques.

Le fait que le projet transformera le sucre en biocarburants et en éthanol est un autre point qui est hautement débattu. La production de cultures pour la transformation de biocarburants est devenue de plus en plus controversée. Bien que certains agriculteurs espèrent faire de bons profits par la vente de cultures pour les biocarburants, les opposants craignent que les projets de plantation de cannes à sucre dans le delta de la rivière Tana menacent la production alimentaire.

Pour en savoir plus sur le projet de plantation de cannes à sucre dans le delta de la rivière Tana, et la controverse qui l’entoure, consultez les sites suivants:

- Le site du Tana and Athi Rivers Development Authority: http://www.regional-dev.go.ke/tarda/history.htm

- Le site du National Environment Management Authority of Kenya: http://www.nema.go.ke/about.html

- L’étude effectuée par Nature Kenya sur l’évaluation économique du projet: http://www.rspb.org.uk/Images/tana_tcm9-188706.pdf

- Un éditorial écrit par Paul Matiku, le directeur exécutif de Nature Kenya qui a été publié dans le Business Daily de Nairobi: http://www.bdafrica.com/index.php?option=com_content&task=view&id=8584&Itemid=5821

Vous pouvez également vous référer à ces derniers articles d’Agro Radio Hebdo, qui expliquent la manière dont certains agriculteurs et groupes d’agriculteurs perçoivent la demande pour les biocarburants:

- « Afrique: les promesses et les dangers potentiels des biocarburants (Diverses sources) » (numéro 3, Décembre 2007)

- « Mali: La campagne pour le biodiesel s’intensifie mais les agriculteurs restent prudents » (numéro 7, Janvier 2008)

Voici quelques idées pour des histoires que vous pourriez produire dans votre région:

1) Les éleveurs qui font face au changement.

- Quels défis menacent les pâturages traditionnels utilisés par les éleveurs (par exemple, la dégradation des terres, l’utilisation des terres partagées avec les agriculteurs voisins, les espaces de pâturage pris par des développeurs)?
- Quelles sont les stratégies employées par les éleveurs afin de maintenir leurs moyens de subsistance (par exemple, la remise en état des terres, la recherche de nouveaux pâturages, la négociation avec les agriculteurs ou les développeurs, la recherche d’autres sources de revenus, l’amélioration de la santé animale, etc)?

2) Les agriculteurs qui envisagent la production de biocarburants.

- Qu’est-ce que les agriculteurs de votre région réfléchissent à l’idée de vendre leurs cultures pour la production de biocarburants?
- Si une usine de transformation de biocarburants existe ou est prévu pour votre région, comment les agriculteurs planifient-ils de maintenir leur sécurité alimentaire tout en produisant des cultures pour l’usine?
- Existe-t-il de petites entreprises ou des groupes d’agriculteurs de votre région qui font la production de biocarburants pour l’utilisation locale? Quel rôle joue les biocarburants produits localement dans la production agricole locale?

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