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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 30

Bonjour Ă  tous!

Nous vous souhaitons la bienvenue à Agro Radio Hebdo numéro 30. Nous sommes heureux de souhaiter une bienvenue toute particulière à nos nouveaux abonnés africains : Richard Ekotu de Voice of Teso en Ouganda et Adetoun Zenani Adebogun de l’ONG, African Refugee Fondation, au Nigéria.

Par le biais d’ARH, nous vous apportons des reportages sur des agriculteurs qui surmontent des obstacles afin d’améliorer ou de maintenir leurs moyens de subsistance. À partir du Sénégal, nous vous présentons l’histoire d’agriculteurs qui ont essayé différentes méthodes pour arroser leurs cultures pendant la saison sèche qu’ils trouvaient trop coûteuses ou inefficaces. Maintenant, ils ont trouvé une technologie peu coûteuse qui a été développé dans un autre pays en zone aride, permettant ainsi à beaucoup d’entre eux de doubler leurs profits. À partir du Botswana, nous vous présentons le profil d’une femme, qui a dû quitter l’école à un jeune âge et qui est devenue une mère célibataire. Elle a investi deux sacs de maïs qu’elle a obtenu en travaillant sur une ferme commerciale pour partir sa propre exploitation où elle pratique l’agriculture et élève du bétail.

Nous espérons que ces histoires vous inspireront à enquêter sur les succès et les défis auxquels font face les agriculteurs dans votre région. Si vous aimeriez partager l’histoire d’un agriculteur ou un groupe d’agriculteurs de votre région avec l’équipe d’ARH, s’il vous plaît envoyez un courriel à la rédactrice-en-chef d’ARH, Heather Miller.

Enfin, n’oubliez pas de consulter le site Web d’ARH
(http://farmradio.org/francais/hebdo/) pour y laisser un commentaire et partager votre opinion sur ce numéro avec d’autres lecteurs.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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1. Sénégal: l’irrigation au goutte à goutte augmente la production durant la saison sèche (Christian Science Monitor)

À Dap Dior, au Sénégal, un petit groupe de villageois sont assis autour d’un tas d’arachide fraîchement récolté. Ils placotent, décortiquent les arachides, et à l’occasion, ils s’arrêtent pour grignoter quelques arachides. Cette scène s’est produite au début de l’année grâce à un nouveau système d’irrigation.

Dap Dior est un village, parmi plusieurs villages au Sénégal, qui essaie la technique d’irrigation au goutte à goutte – une technique qui fournit lentement l’eau aux racines des plantes, ce qui réduit la quantité d’eau nécessaire. Les agriculteurs utilisent un modèle qui ne coûte pas cher, mis au point par un chercheur israélien qui connaît bien les terres arides.

Les terres qui sont arrosées avec la technique d’irrigation au goutte à goutte sont marquées par des barils bleus d’eau perchés au sommet de colonnes d’une hauteur d’un mètre. L’eau doit être pompée dans les barils à l’aide d’une génératrice qui fonctionne à l’essence. À partir de là, la gravité fait le reste du travail. L’eau est propulsée dans des tuyaux et à travers des becs en plastique apposés le long des cultures.

Mamadou Diouf est un des agriculteurs qui a récemment essayé ce nouveau système. Il avait l’habitude d’attendre jusqu’à la saison des pluies pour planter des graines d’arachide. Cette année, il récolte ses arachides à un moment où il devrait normalement les planter.

Planter pendant la saison sèche à de nombreux avantages. M. Diouf sera en mesure de vendre sa récolte avant que le marché ne soit inondé d’arachides. Pendant la saison des pluies, il sera en mesure de cultiver une autre culture – la tomate. En bout de ligne, M. Diouf dit qu’il aura plus d’argent pour acheter du riz et des légumes pour sa famille.

Dans un village voisin, les agriculteurs utilisent le système d’irrigation au goutte à goutte depuis deux ans. En moyenne, les agriculteurs qui utilisent le système ont doublé leurs profits. Ibrahima Diop fait pousser des oignons. Il dit que ses coûts en eau ont diminué de moitié depuis qu’il a délaissé les arrosoirs pour l’irrigation au goutte à goutte. Ses champs sont plus productifs. Sur un terrain où il avait l’habitude de récolter quelque 550 kilogrammes d’oignons, il récolte maintenant 800 kilogrammes.

Mais M. Diop explique que tous ses collègues villageois sont désireux d’investir dans le même système. Ils ont vu d’autres systèmes d’irrigation échouer, parce qu’ils étaient trop coûteux à exploiter ou difficile à maintenir.

Certains trouvent d’autres utilités pour l’irrigation au goutte à goutte. L’ambassade d’Israël et des ONG locales et internationales ont mis en place ces systèmes dans la région. Certains agriculteurs ont même réinvesti leurs argents pour acheter d’autres systèmes d’irrigation.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur l’irrigation au goutte à goutte

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2. Botswana: Une agricultrice milite pour le droit des femmes (Mmegi/The Reporter)

Thankanyana Mosime espère qu’un plus grand nombre d’agricultrices célibataires auront autant de succès qu’elle. Mme Mosime travaille dans l’agriculture et élève du bétail pour sa subsistance et celle de ses petits-enfants, et plusieurs des enfants dans sa parenté. Malgré cela, elle a un mode de vie détendu par rapport à ce qu’elle avait l’habitude de faire.

Mme Mosime a récemment partagé son histoire personnelle, avec ses succès et ses difficultés, dans un journal du Botswana dans l’espoir d’inspirer d’autres femmes. Elle a exhorté les femmes du Botswana de s’unir dans des coopératives agricoles, et a appelé le gouvernement à faire davantage pour aider les agricultrices.

En tant qu’adolescente, Mme Mosime n’a pu continuer sa scolarité. Ses parents se sont contentés du fait qu’elle avait appris à lire car ils avaient besoin de son aide sur la ferme familiale. C’était une période difficile pour Mme Mosime. Bien qu’elle ait toujours été fascinée par l’agriculture, elle souhaitait également continuer ses études.

À l’âge de 16 ans, elle s’est rendue en Afrique du Sud pour trier des arachides sur une exploitation commerciale. Elle a continué à travailler pour les grandes exploitations jusqu’à ce qu’un jour, elle a décidé de prendre deux sacs de maïs et faire quelque chose pour elle-même. Elle a utilisé les gains qu’elle a obtenus avec son travail sur l’exploitation commerciale pour revenir chez elle et retourner à l’école.

Mme Mosime a commencé a travaillé comme dactylographe et comptable. Son salaire lui a permis d’investir dans ce qu’elle aime vraiment. Elle a aussi fait un plan de retraite où elle se concentrerait sur l’agriculture. Elle a commencé à cultiver un petit lopin de terre et a acheté des vaches et un taureau.

Pendant presque 15 ans, Mme Mosime a travaillé dans des emplois de bureau du lundi au vendredi et travaillait sur sa ferme le soir et les fins de semaine. Elle déplore qu’elle n’ait jamais eu le temps de se détendre, que ce soit émotionnellement ou physiquement. Les trajets entre la ville à son lopin de terre faisaient en sorte elle devait prendre un bus puis marcher pendant 10 kilomètres. Les tâches physiques tel que le transport de grandes récoltes et la réparation de clôtures n’ont jamais été faciles.

Aujourd’hui, Mme Mosime a pris sa retraite de son emploi de bureau et se concentre maintenant exclusivement à ses cultures et son bétail. Elle encourage d’autres agricultrices à travailler ensembles dans des coopératives, afin de partager la charge de travail et les profits.

Maintenant membre actif de l’Association des agriculteurs du Botswana, Mme Mosime a récemment rencontré le Ministre adjoint de l’agriculture lors d’une convention pour les agriculteurs. Elle milite pour que le gouvernement du Botswana fasse plus pour aider les agricultrices célibataires. Le gouvernement se prépare à allouer des terres agricoles, et Mme Mosime aimerait voir certaines de ces terres consacrées aux coopératives agricoles de femmes.

Bien que Mme Mosime ait dû surmonter de nombreuses difficultés seule, elle espère que d’autres femmes recevront plus de soutien. Elle dit que le gouvernement devrait aider les agricultrices en creusant des puits et faisant des tests de sol.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur les agricultrices célibataires

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Notes aux radiodiffuseurs sur l’irrigation au goutte à goutte:

L’irrigation au goutte à goutte est une approche pour l’arrosage des cultures qui a été massivement encouragé dans les dernières années. Comme nous l’avons vu dans cette histoire, il est d’un intérêt particulier pour les agriculteurs qui ne peuvent pas compter sur l’eau de pluie pendant la saison sèche. De plus en plus fréquentes, les sécheresses causées par les changements climatiques ont également suscité un intérêt dans l’irrigation au goutte à goutte. Les agriculteurs de Dap Dior, au Sénégal, avait essayé d’autres techniques d’irrigation pour leurs cultures pendant la saison sèche. Des bassins en béton avaient été installés, mais les agriculteurs ne les trouvaient pas très utiles, car ils devaient encore irriguer leurs cultures à la main. Un système d’arrosage a été installé, mais les agriculteurs n’ont pas jugé qu’il fût rentable car l’eau s’évaporait et le carburant est nécessaire pour alimenter un générateur. (Il en coûte beaucoup plus pour alimenter le système d’extincteurs automatiques à eau que la pompe pour le nouveau système d’irrigation au goutte à goutte). Une vidéo a été créé pour montrer comment les agriculteurs de Dap Dior et son village voisin utilisent l’irrigation au goutte à goutte:
http://www.csmonitor.com/mediaplayer/index.html?file=http://csps.edgeboss.net/download/csps/csm/flash/webmedia/senegal_768k.flv&height=403&width=600

Pour en savoir plus sur l’irrigation au goutte à goutte, consultez le site:
- Wikipédia, pour une description de ce qu’est l’irrigation au goutte à goutte:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Micro-irrigation

- Un manuel sur les techniques d’irrigation au goutte à goutte présenté par la Swedish International Development Cooperation Agency (en anglais seulement):
http://www.wca-infonet.org/servlet/BinaryDownloaderServlet?filename=1062172073991_drip.pdf&refID=101742

Radios Rurales Internationales a publié un certain nombre de scénarios sur la collecte d’eau et des techniques d’irrigation pour la sécheresse dans les zones à risque. Certains de ces textes radiophoniques sont énumérés ci-dessous. Pour une liste complète des textes radiophoniques sur l’irrigation et la conservation de l’eau, visitez: http://farmradio.org/francais/radio-scripts/water.asp.

- L’eau de pluie de vastes surfaces rocheuses peut servir à irriguer les cultures : une nouvelle technologie du district de Kibaale en Ouganda (Pochette 83, numéro 9, mars
2008)

- Une femme récolte eau et cultive des légumes pendant la saison sèche (Pochette 76, numéro 9, octobre 2005)

- Distribuer directement l’eau à la racine des plantes à l’aide des systèmes d’irrigation par seau et au goutte à goutte (Pochette 71, numéro 10, juin 2004)

-Phiri, l’agriculteur, utilise des fosses d’infiltration pour lutter contre la sécheresse (Pochette 64, numéro 6, juillet 2002)

Enfin, voici une idée pour une émission qui pourrait présenter aux agriculteurs toutes les méthodes d’irrigation qui fonctionnent bien dans votre région:
- Première étape : Utiliser les ressources fournies par Radios Rurales Internationales, ainsi que d’autres ressources pour en apprendre davantage sur les méthodes d’irrigation utilisées dans votre région ou dans des régions voisines.
- Deuxième étape : Inviter un petit groupe d’experts, tels que des agents de vulgarisation, des agriculteurs expérimentés, des chercheurs, des représentants d’ONG où vous pouvez initier une discussion sur les ondes sur différentes techniques d’irrigation. Commencez par demander à chacun des panélistes de décrire une méthode novatrice ou traditionnelle d’irrigation et pourquoi elle est efficace.
- Troisième étape : Poursuivez le programme en demandant aux agriculteurs dans votre auditoire de vous téléphoner ou de vous envoyez un message texte avec des questions ou des commentaires pour les experts.
Assurez-vous de demander à vos auditeurs d’expliquer les méthodes d’irrigation qu’ils ont essayé et si ces méthodes ont donné de bons résultats.
- Quatrième étape : Envisager de faire une recherche plus approfondi sur une des méthodes d’irrigation soulevées pendant le programme qui semblait être particulièrement intéressante et efficace.

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Notes aux radiodiffuseurs sur les agricultrices célibataires:

Les agricultrices produisent plus de 50 % de la nourriture consommée sur le continent africain, mais elles sont souvent sous représentées dans les nouvelles agricoles.

De bons reportages agricoles peuvent contribuer à assurer que la voix des agricultrices soit entendue, et leur rôle dans la production alimentaire comprise et valorisée.

Les facteurs suivants font en sorte que cette histoire est un bon profil d’une agricultrice:

- L’histoire fournit des détails sur la vie de Mme Mosime, ce qui aident l’auditeur à mieux connecter avec cette agricultrice.
- L’histoire indique les difficultés auxquelles Mme. Mosime a dû faire face, qui peuvent être relié au genre (par exemple, être forcé de quitter l’école en début d’adolescence), ainsi que les difficultés auxquelles doivent faire face tous les agriculteurs, tant hommes que femmes (telles que le transport de grandes récoltes et la réparation de clôtures).
- L’histoire décrit certaines des stratégies qu’elle utilisait pour réussir (en particulier, son travail en tant que dactylographe et comptable, de sorte qu’elle pouvait se permettre de travailler exclusivement comme agricultrice pendant sa retraite).
- L’histoire exprime ses idées sur la manière dont d’autres agricultrices peuvent améliorer leurs moyens de subsistance, ainsi que ce qu’elle croit que le gouvernement devrait faire pour aider les agricultrices.

Pour d’autres exemples d’histoires qui mettent en valeur des agricultrices qui ont eu un succès, s’il vous plaît référez-vous aux histoires qui suivent:
- « Des semences améliorées pour améliorer les conditions de vie d’un groupe de femmes » (ARH # 27, juillet 2008)

- « Groupe pour les femmes défenseurs des droits des agriculteurs » (Par Greg Modestus, pour Agro Radio Hebdo, au Nigéria (ARH # 17, avril 2008)

- « Tanzanie: Les groupes de conservation sauvent les arbres et font des profits » (ARH # 16, mars 2008)

- Il y a plusieurs histoires sur les femmes dans ARH # 13 (mars 2008). C’est notre numéro spécial qui célébrait la Journée internationale des femmes http://farmradio.org/francais/hebdo/topic/numero-13/

Vous pouvez également naviguer à travers les textes radiophoniques sur le site Web de Radios Rurales Internationales qui portent sur les agricultrices et l’égalité des sexes et le développement rural:
La pochette 82 qui porte sur le caractère distinctif des problèmes de santé des femmes et des filles qui vivent en milieu rural:
http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/
Les textes radiophoniques sur le genre et le développement:
http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/gender.asp

Nous espérons que ces histoires et les textes radiophoniques vous inspireront à produire une programmation originale sur les agricultrices dans votre région. Voici quelques idées sur la façon de commencer votre recherche:
- Contactez une coopérative d’agriculteurs locale qui comprend des femmes. Demandez-leur quelles agricultrices sont les plus fructueuses de la région, et demandez-leur si vous pouvez faire une entrevue avec une de ces femmes.
- Faites une émission où vos auditeurs peuvent vous appelez ou vous envoyez des messages textes qui invite les agricultrices à décrire certaines des difficultés auxquelles elles ont dû faire face, et les stratégies qu’elles ont utilisées pour les surmonter.

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