Logo: Agro Radio Hebdo

1404, rue Scott,
Ottawa, Ontario (Canada), K1Y 4M8

Téléphone : 613-761-3650
Télécopieur : 613-798-0990
Sans frais : 1-888-773-7717
Courriel : info@farmradio.org
Le site Web : http://farmradio.org/

Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 34

Salutations chaleureuses Ă  tous!

Cette semaine, nous souhaitons la bienvenue à nos nouveaux abonnés: Wellington Mpeniasah de l’Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique (IRRRA) et Kakraba Quarshie de Radio Peace, tous les deux du Ghana, Alice Van der Elstraeten du Ministère de l’Agriculture en République Démocratique du Congo et Newton Samangwe, un agriculteur, à Villaton Farms en Zambie.

Dans cette édition, nous vous présentons des mises à jour sur plusieurs questions d’actualité dans l’agriculture africaine. La production de biocarburants est peut être le sujet le plus chaud dans l’actualité agricole aujourd’hui. Pour ceux qui sont pro-biocarburants, c’est une occasion d’enrichir et de développer les collectivités rurales. Ceux qui sont contre craignent que les biocarburants conduiront à des pénuries alimentaires en remplaçant les cultures vivrières par des cultures destinées aux carburants. Notre correspondant,Nourou-Dhine Salouka, de Jade Productions, a visité la région du Nayala au Burkina Faso pour parler avec des agriculteurs qui veulent faire la transformation du jatropha en biodiesel pour leur propre usage. Ils espèrent que cela accroîtra leurs profits et la sécurité alimentaire locale.

Nous avons également quelques nouvelles importantes sur une tendance émergeante: l’agriculture urbaine. L’Institut international de gestion des ressources en eau a publié un rapport sur les risques liés à l’utilisation de certaines eaux usées en agriculture urbaine. Nous passons en revue les principaux points de ce rapport ainsi que certaines techniques utilisées par les agriculteurs pour rendre les eaux usées plus sécuritaires. Enfin, nous nous tournons vers la République Démocratique du Congo, un pays qui cherche à relancer l’industrie de la pêche. À un moment où de nombreux pays font l’expérience de la pisciculture, nous voyons comment ce pays est en train de reconstruire une entreprise qui était autrefois florissante.

Enfin, nous avons une bonne nouvelle pour ceux qui n’ont pas encore compléter le questionnaire aux abonnés d’ARH. La date limite pour compléter le sondage a été prolongée jusqu’au 1er Septembre. S’il vous plaît prenez quelques instants aujourd’hui afin de nous aider à mieux comprendre la façon dont vous utilisez ARH et ce que vous souhaitez voir dans les prochaines éditions. Vous pouvez compléter le questionnaire en ligne, ici: https://www.surveymonkey.com/s.aspx?sm=9HOchcedv077TyFYi_2bXMPQ_3d_3d.
Nous avons hâte de lire vos réponses.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

Pas de commentaires »

Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Burkina Faso: Les agriculteurs disent qu’ils ne veulent pas de « pétrole vert » sans nourriture ( écrit par Nourou-Dhine Salouka/Jade Productions pour Agro Radio Hebdo à Ouagadougou, au Burkina Faso)

2. Afrique : Les eaux usées en agriculture urbaine sont néfastes pour la santé mais assurent un moyen de subsistence aux pauvres des villes (IWMI, CBC Dispatches, Le Monde, One World)

3. République Démocratique du Congo: Un pays qui aime le poisson restructure l’industrie de la pêche (Toronto Star, Banque mondiale)

Évènement à venir

-11 au 13 Septembre 2008: Forum « Média & Développement » au Burkina Faso

Banque de ressources pour la radio

-Quelles sont les principales considérations à envisager lorsque vous choisissez votre équipement d’enregistrement?

Les actions de Radios Rurales Internationales

-Il n’est pas trop tard pour nous donner vos opinions dans le questionnaire pour les abonnés d’ARH!

Le texte radiophonique de la semaine

-Des mangues à la rescousse: Une réaction locale aux changements climatiques

Pas de commentaires »

Burkina Faso: Les agriculteurs disent qu’ils ne veulent pas de « pétrole vert » sans nourriture ( écrit par Nourou-Dhine Salouka/Jade Productions pour Agro Radio Hebdo à Ouagadougou, au Burkina Faso)

Après avoir été sensibilisés par des firmes productrices de biocarburant et par un chef coutumier, les producteurs burkinabé entament cette saison la culture du jatropha. Cette plante sert à la production d’agrocarburants. Mais si les paysans consentent à produire du jatropha, ils donnent quand même la priorité à la production céréalière. Ils préconisent en outre une transformation locale de la production, pas son exportation, comme c’est le cas avec le coton.

Dans la province du Nayala, au nord-ouest du Burkina Faso, la production du jatropha est bien entamée: 200 hectares cette année et une prévision de 10 000 hectares d’ici 2010. Ce choix répond à la nécessité pour les producteurs d’être au cœur des changements dans l’agriculture.

Pour Aimé Charles Ki, président de la Fédération des Groupements de Producteurs du Nayala (FGPN), les agrocarburants sont une opportunité à ne pas manquer. Afin de s’engager de la meilleure manière dans la culture de cette nouvelle plante, sa fédération a organisé en février 2008 une visite d’étude au Mali. Ce pays expérimente la production du jatropha depuis une quinzaine d’années. De retour de ce voyage, les producteurs ont décidé de reproduire l’expérience du Mali, où la production est transformée sur place et utilisée pour les besoins locaux, notamment pour faire tourner des moulins et alimenter les moteurs de tracteurs.

Le jatropha suscite beaucoup d’espoir dans la région de Nayala et dans le reste du Burkina. Pour Marie Thérèse Toé, présidente de l’association féminine de lutte contre la pauvreté Claire Amitié, le jatopha est une importante source supplémentaire de revenus. Quant à Léon Moussiané, producteur de Toma, voit encore plus grand. Il est convaincu que les agrocarburants constituent le moyen le plus rapide pour développer les campagnes.

Cependant, le développement ne doit pas se faire à n’importe quel prix. Les paysans refusent de passer à la production industrielle comme les y poussent les firmes occidentales. Selon Charles Ki, la priorité des producteurs est d’assurer la sécurité alimentaire, donc la production céréalière. Au lieu de consacrer des plantations entières à cette plante, les paysans burkinabé l’utilisent comme haie vive pour délimiter leurs champs. Le jatropha est aussi planté à l’intérieur des champs pour séparer différentes variétés de plantes.

Les producteurs burkinabés de jatropha refusent aussi l’exportation des amandes pour qu’elles soient transformées en biocarburant. Ils veulent éviter les mésaventures vécues avec le coton. Ils disent en effet que l’exportation de matière brute n’engendre pas le développement local. De plus, les producteurs n’auront aucune influence sur le prix du kilogramme.

Pour aboutir à la transformation locale, les producteurs ont un schéma simple: mettre sur pied une usine locale. Sa gestion relèverait d’une société anonyme appartenant à trois groupes d’actionnaires. Le premier groupe, celui des producteurs, fournirait la matière première. Le deuxième apporterait les capitaux et le troisième la technologie. Cette entreprise inédite, dont rêve Charles Aimé Ki, devrait être la structure centrale de la gestion de la filière jatropha. En attendant la création de cette société, les producteurs expérimentent cette année la culture du jatropha. Mais, préviennent-ils, la filière ne sera viable qu’une fois leur schéma mis en place dans leur communauté.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur le jatropha

1 commentaires »

2. Afrique : Les eaux usées en agriculture urbaine sont néfastes pour la santé mais assurent un moyen de subsistence aux pauvres des villes (IWMI, CBC Dispatches, Le Monde, One World)

Si vous vous promenez dans les rues d’Accra, ne soyez pas surpris si vous apercevez des têtes de laitue qui poussent sous des lignes électriques ou bien du manioc dans des ponceaux. Le paysage urbain d’Accra est en mutation verte car de plus en plus, les citadins ghanéens consomment quotidiennement des fruits et des légumes qui poussent en ville.

Ça, c’est ce qu’on appelle l’agriculture urbaine, et dans une Afrique qui fait face à des pénuries alimentaires, elle est la bienvenue. Mais, l’agriculture urbaine est sujette à des problèmes d’approvisionnement en eau.

Les agriculteurs urbains ont tendance à faire pousser des cultures en utilisant des eaux usées domestiques ou industrielles ou un mélange des deux. Faute d’accès à une eau salubre pour l’irrigation, les produits qui poussent en terre urbaine peuvent être impropres à la consommation humaine.

Karim Salifou a déménagé de la campagne vers la capitale du Ghana pour trouver un emploi. Comme il ne trouvait pas de travail, il a commencé à cultiver la laitue pour ensuite la vendre au marché en ville. Mais Karim n’a qu’une seule source d’eau: c’est un étang pollué. Il dit que la qualité de l’eau dans cet étang a empiré car avant, on pouvait y pêcher des poissons mais maintenant, elle est pleine de substances chimiques qui la rendent impropre à la consommation humaine.

Une étude récente sur l’utilisation des eaux usées pour l’agriculture dans les pays en développement a été publiée par l’Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI) la semaine dernière. L’étude rapporte que les eaux usées servent le plus souvent à produire des légumes et des céréales. Cela entraîne des risques sanitaires pour les consommateurs, notamment dans le cas des légumes consommés crus.

Liqa Raschid-Sally est chercheuse à l’IWMI. Elle dit que le problème est que dans 70 % des 53 villes étudiées, les eaux industrielles ne sont pas séparées dans les systèmes d’évacuation. Elle dit que les risques de maladies que provoquent les eaux industrielles ne sont pas bien connu du public. .

Cependant, l’agriculture urbaine qui utilise des eaux usées contribue de manière significative à l’approvisionnement des villes en denrées alimentaires et fournit des moyens de subsistance aux plus pauvres.

L’eau étant une denrée rare, l’étude indique qu’on ne peut pas arrêter l’utilisation des eaux usées en agriculture urbaine car cela pourrait aggraver les pénuries alimentaires. On peut cependant prendre des mesures pour réduire les risques associés à la consommation des produits cultivés en terre urbaine.

Par exemple, à Ouagadougou, au Burkina Faso, certains agriculteurs ont construit un bassin de stockage pour enmagasiner les eaux usées provenant d’une brasserie. Cependant, ils ne remplissent les bassins que lorsqu’ils jugent que la qualité des eaux usées est acceptable, en se fiant à son apparence, son odeur et son goût.

Au Ghana, les agriculteurs stockent les eaux usées dans des étangs pour laisser se déposer les matières solides, ce qui permet de réduire la quantité de bactéries dans l’eau.

À l’échelle mondiale, 200 millions d’agriculteurs auraient recours aux eaux usées, non traitées ou partiellement traitées.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur l’utilisation des eaux usées en agriculture urbaine

1 commentaires »

3. République Démocratique du Congo: Un pays qui aime le poisson restructure l’industrie de la pêche (Toronto Star, Banque mondiale)

Au zoo de Lubumbashi, dans le sud de la République Démocratique du Congo, caché derrière une cage de tigres, se trouve le Centre de Recherche en Aquaculture. Il comprend un petit groupe d’étangs pour l’élevage de poissons locaux - surtout le tilapia et le poisson-chat. Cette activité constitue un effort pour relancer l’élevage du poisson dans la région.

Jules Luwamba est le chef des chercheurs du Centre. Il explique qu’il y avait 8000 poissons d’exploitation dans la région avant la guerre civile. Pendant la guerre, plus de la moitié ont été abandonnés. L’objectif du centre est de rétablir l’ensemble des étangs de pisciculture et de les maintenir productifs.

À environ 30 kilomètres de la ville de Lubumbashi se trouvent quelques-unes des exploitations piscicoles que le Centre de Recherche en Aquaculture soutient. Dans la petite ville de Kipushi, un groupe de 150 femmes a creusé des bassins d’élevage pour en faire l’exploitation. Elles achètent des alevins de tilapia et elles les élèvent jusqu’à ce qu’ils atteignent un poids de 600 grammes. Le tilapia est un des poissons favoris des Congolais donc les pêcheuses n’ont aucune difficulté à trouver des acheteurs dans leur village. Toutes ces femmes sont en train de reconstruire leur vie après la guerre civile qui a pris fin en 2003. La plupart sont des veuves, des réfugiées réinstallées et des anciennes combattantes. Grâce à la pisciculture, elles font assez de profits pour supporter leurs familles.

Mais il n’y a pas encore assez de poissons élevés localement pour satisfaire la demande. En février dernier seulement, la province du Haut-Katanga a importé plus de 2000 tonnes de poisson séché, fumé, et salé.

Alors que le pays se reconstruit lentement après la guerre, il y a encore de nombreux obstacles à surmonter pour les pisciculteurs. Le vol de poisson est un phénomène commun. Dans le Quartier Congo, en périphérie de Lubumbashi, tellement de poissons ont été volés dans des exploitations piscicoles que sept associations ont dû abandonner leurs étangs d’aquaculture en faveur du maraîchage. Le mauvais état des routes réduit aussi l’accès aux marchés.

Néanmoins, le potentiel de l’industrie de la pêche de la République Démocratique du Congo a attiré l’attention des collectivités locales et des organisations internationales de développement. La Banque mondiale appuie les villages côtiers de Moanda et Nsiamfumu pour qu’ils rétablissent leurs marchés de poissons autrefois dymaniques. L’année dernière, 60 dirigeants d’associations de pêcheurs ont participé à un programme de formation parrainé par la Banque mondiale. Ils ont appris de nouvelles techniques de pêche, ainsi que des méthodes pour préserver le poisson avec la fumée et le sel. Les membres de l’association ont également appris à organiser les pêcheurs locaux et à préserver les stocks de poissons.

Assani Bin Assani est président de l’Association pour le développement de la pêche et la formation des jeunes. Il a déclaré que sa communauté avait grand besoin de ce type de formation car leur vie dépend essentiellement de la pêche.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur la reconstruction de l’industrie de la pêche

Pas de commentaires »