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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 37

Bonjour à tous!

Cette semaine, nous souhaitons une bienvenue chaleureuse à nos nouveaux abonnés africains: du Bénin, Félix Houinsou de Radio Immaculée Conception, de la République Démocratique du Congo, Saiba Tony Nzanzu du Groupe d’appui aux initiatives de développement durable et le journaliste indépendant Wibyala Norbert, du Madagascar, Christi Turner de Radio Meva Ankarana et, à partir de l’Ouganda, Matua Asumi Alexis de l’organisation communautaire Tualu.

Comme nos lecteurs le savent, nous avons compilé les résultats du questionnaire ARH qui a été envoyé à tous les abonnés au mois d’août dernier. Une des questions du sondage demandait : « De toutes les éditions d’Agro Radio Hebdo que vous avez lues, quelle a été votre histoire favorite et pourquoi? »

Gatien Roger Kouam Netcha du Cercle International pour la Promotion de la Création au Cameroun a écrit: «Mon histoire ou ma nouvelle favorite était je crois cette nouvelle concernant la production du riz en Ouganda. Parce que mon pays est confronté à la même situation et a besoin d’expériences d’autres pays africains pour booster sa production et développer le marché local. » L’histoire en question s’intitule «Les droits de douane sur le riz importé encouragent la production locale. » Cette histoire fut produite par Joshua Kyalimpa, un des correspondants d’ARH. Elle a été publiée pour la première fois dans le numéro 24 d’ARH. Nous la republions cette semaine pour vous.

Nous savons aussi, à travers le questionnaire, que vous, nos abonnés, êtes très intéressés par les questions de fertilité du sol et des méthodes agricoles qui peuvent améliorer les rendements et les revenus. Cette semaine, nous avons une histoire qui, selon nous, rejoint ces deux critères. L’histoire porte sur une nouvelle pratique appelée «micro dosage», qui consiste à placer de très petites quantités d’engrais à proximité de différentes plantes ou semences. Cette pratique, élaborées par l’Institut international sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT), a démontré une augmentation de la production agricole allant jusqu’à 120 % dans les pays sahéliens et a également été utilisé avec succès par les agriculteurs dans certaines parties d’Afrique australe.

Nous vous rappelons et nous vous encourageons à partager vos réflexions et vos expériences sur les questions d’actualité avec d’autres abonnés sur le site Web d’Agro Radio Hebdo: http://farmradio.org/francais/hebdo/. Pour nous indiquer les sujets que vous aimeriez voir dans les prochains numéros d’ARH, veuillez envoyer un courrier électronique à la rédactrice en chef, Heather Miller à hmiller@farmradio.org.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Afrique de l’Ouest: une pincée d’engrais va loin (Institut international sur les cultures des zones tropicales semi-arides, SciDev.Net, Kenya Agricultural Research Institute)

2. Afrique de l’est : les droits de douane sur le riz importé encouragent la production locale (écrit par Joshua Kyalimpa, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

Évènement à venir

-5 au 9 octobre 2008: La conférence ‘Banana 2008’ se tiendra à Mombasa, au Kenya

Banque de ressources pour la radio

-Utiliser les médias communautaires pour lutter contre la pauvreté à l’ère numérique

Les actions de Radios Rurales Internationales

-Les stations de radio de l’IRRRA participeront à une formation

Le texte radiophonique de la semaine

-Augmentation des rendements dans le Sahel grâce à des micro doses d’engrais

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1. Afrique de l’Ouest: une pincée d’engrais va loin (Institut international sur les cultures des zones tropicales semi-arides, SciDev.Net, Kenya Agricultural Research Institute)

Des milliers de paysans d’Afrique de l’Ouest ont découvert la valeur d’une pincée à trois doigts. La quantité d’engrais que vous pouvez prendre entre trois doigts est juste assez pour fertiliser une seule plante. Le bouchon d’une vieille bouteille est une autre bonne façon de mesurer cette nouvelle technique de fertilisation que l’on appelle le micro dosage.

Étant donné que le prix des engrais chimiques continue d’augmenter, de nombreux agriculteurs ne peuvent pas se permettre d’acheter de grandes quantités d’engrais. Dans les zones les plus affectés par la sécheresse, les agriculteurs sont souvent réticents à investir dans l’achat d’engrais parce qu’ils ne savent pas s’ils vont avoir un bon rendement.

L’Institut international sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT), ou l’ICRISAT, s’est donné comme objectif de déterminer l’usage le plus efficace des engrais, et donc réduire le risque financier pour les agriculteurs. Dr. Ramadjita Tabo est le coordonnateur régional de l’ICRISAT pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale. Il explique que son organisation ne pouvait pas recommander quelque chose qui serait hors des moyens financiers des agriculteurs. Alors, dit-il, ils ont trouvé un moyen d’appliquer la bonne composante d’engrais, au bon endroit et au bon moment plutôt que de simplement couvrir les champs avec des engrais chimiques.

Au départ, six grammes de fertilisant NPK (NPK= azote, phosphore, potassium) ont été essayé dans chaque tas de semences. Ensuite, les chercheurs se sont rendu compte qu’étant donné que les terres du Sahel sont plus limitées en phosphore, juste deux grammes d’engrais haut en phosphore pourrait faire l’affaire. Quand cette petite dose est utilisée, un sac de 20 kilogrammes peut couvrir l’ensemble d’un hectare.

Alors que les scientifiques du ICRISAT ont déterminé la bonne quantité d’engrais à utiliser, les agriculteurs d’Afrique de l’Ouest ont découvert la meilleure façon de l’appliquer. Pour gagner du temps, les agriculteurs travaillent en pairs de deux. Le premier agriculteur creuse un trou. Le deuxième agriculteur dépose les semences et une pincée de trois doigts d’engrais chimiques avant de couvrir le trou.

Les agriculteurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont essayé la méthode du micro dosage sur le petit mil et le sorgho. En moyenne, la méthode du micro dosage a donné des rendements de 44 à 120 % plus élevés que les cultures sans fertilisants.

Les techniques de micro dosage varient en fonction du sol et des conditions climatiques. Par exemple, lorsque le sol est dur, les agriculteurs creusent des petits trous avant que la pluie commence, puis les remplissent avec du fumier. Quand les pluies commencent, ils sèment et appliquent une petite quantité d’engrais chimiques. Cette méthode contribue non seulement des éléments fertilisants au sol, mais contribue aussi à faire en sorte que la plante reçoit suffisamment d’eau.

Des écoles de terrain ont été créées dans les régions éloignées pour enseigner aux agriculteurs la méthode du micro dosage. Le Dr. Tabo dit que les agriculteurs apprennent la technique en moins d’une semaine. Les agriculteurs sont encouragés à essayer la méthode du micro dosage sur une petite partie de leurs terres dans un premier temps, puis, s’ils sont satisfaits des résultats, d’élargir la zone durant la prochaine saison.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur le micro dosage

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2. Afrique de l’est : les droits de douane sur le riz importé encouragent la production locale (écrit par Joshua Kyalimpa, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

Sur son acre de terre, l’agriculteur ougandais Geoffrey Bisubirwa peut cultiver assez de riz chaque saison pour gagner au moins 150 000 shillings, soit l’équivalent de 100 dollars américains ou 60 euros. C’est un bon investissement, considérant qu’un agriculteur qui fait pousser du maïs, une des cultures les plus prisées en Ouganda, gagnerait moins de 75 000 shillings ougandais – environ 50 dollars américains ou 30 euros.

Jusqu’à il y a quelques années, Geoffrey Bisubirwa n’était pas en mesure de vendre son riz parce que le marché local était saturé de riz meilleur marché en provenance d’autres pays comme l’Inde, le Vietnam et le Pakistan. Les gouvernements dans ses pays asiatiques subventionnent les producteurs de riz. Toutefois, la production de riz en Ouganda est à la baisse depuis les années 1990 parce que le gouvernement, à l’instar de nombreux autres pays africains, avait fortement réduit ou éliminé les droits de douane sur les importations de riz, dans le cadre d’un effort mondial vers la libéralisation des marchés.

Toutefois, en 2004, la communauté d’Afrique de l’Est, un groupement de cinq pays (l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi), avait décidé de réintroduire les droits de douane sur le riz importé. Maintenant, les droits à l’importation ont ramené le sourire sur le visage des agriculteurs ougandais, en leur donnant une raison de faire pousser à nouveau du riz.

En effet, les agriculteurs ougandais font pousser beaucoup plus de riz. Le Ministère ougandais du Commerce projette que la production de riz devrait atteindre les 180 000 tonnes métriques cette année, contre 135 000 en 2006 et 102 000 en 2005.
Okasai Opolot est le commissaire pour la production agricole et la commercialisation. Il s’attend à ce qu’il n’y ait bientôt plus d’importation de riz. L’Ouganda espère devenir le panier alimentaire de la région, ciblant des marchés comme le Sud-Soudan et l’est de la République Démocratique du Congo.

M. Okasi Opolot reconnaît que ces mesures vont à l’encontre des politiques établies par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Mais il n’hésite pas à ajouter que ces mêmes organisations n’ont pas réussi à freiner les subventions qu’offrent d’autres pays à leurs agriculteurs.

Néanmoins, le gouvernement ougandais est prêt à faire face aux pressions qu’exerceront sûrement l’Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale pour que l’Ouganda rouvre son marché à l’importation de riz. Le gouvernement ougandais investit présentement dans la recherche de nouvelles variétés de riz qui pourraient faire concurrence au riz importé sur la base de leur qualité.

Le Dr. Ram Chaudhary est le chef du projet pour le Nouveau riz pour l’Afrique, connu sous le nom de NERICA. Il dit que son organisation a produit une nouvelle variété de riz appelé NERICA 10, qui fera fortement concurrence au riz importé. Selon le Dr. Chaudhary, le nouveau riz a réintroduit un arôme et un goût que les ougandais aiment, qui ne se retrouve pas dans les variétés de riz importé. Il dit que le NERICA 10 devrait être en mesure de faire concurrence au riz importé, même si les droits de douane sur les importations sont suspendus à l’avenir.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur la production de riz local

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Notes aux radiodiffuseurs sur le micro dosage:

La méthode du micro dosage a été mise au point par l’Institut international sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) dans le cadre d’un effort visant à aider les agriculteurs à remettre en état les terres dégradées. La majorité des agriculteurs de la région sahélienne, où l’ICRISAT a introduit la méthode, ne fertilisaient pas leurs terres. L’application d’engrais chimiques dans les quantités habituellement recommandées par les compagnies de fertilisants n’était pas abordable pour ces agriculteurs, et même le fumier qui plus facilement disponible n’était pas utilisé. Le Dr Steve Twomlow, un leader mondial sur le thème des agro-écosystèmes à l’ICRISAT, explique que la méthode du micro dosage a été mise au point pour tirer la meilleure partie de la quantité d’engrais auquel les agriculteurs peuvent accéder. 25,000 petits agriculteurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ont désormais adopté la méthode. Cette méthode a également été promue au Mozambique, en Afrique du Sud et au Zimbabwe.

Maintenant que des milliers d’agriculteurs utilisent la méthode du micro dosage, l’ICRISAT essaie de convaincre les entreprises d’engrais de vendre les paquets d’engrais en petite quantité. Déjà, les entreprises en Afrique du Sud et au Zimbabwe ont convenu de distribuer les petits paquets d’engrais ainsi que des instructions sur la façon de les utiliser. L’ICRISAT envisage d’étendre ses activités de recherche en micro dosage afin de voir comment cette approche pourrait être utilisée sur les cultures comme les légumineuses et les légumes.

Pour de plus amples informations sur le micro dosage, voir:

-Le site de l’Institut international sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT): http://www.icrisat.org/New&Events/Smallfertilizer.htm (en anglais seulement)

-Une affiche qui décrit la méthode de micro dosage et les résultats d’une étude sur le micro dosage: http://www.ciat.cgiar.org/epmr_ciat/pdf/poster_27_epmr07.pdf (en anglais seulement)

Le texte radiophonique de Radios Rurales Internationales suivant décrivent la méthode du micro dosage par le biais d’une discussion entre un animateur et Ousmane Hassane de l’ICRISAT:

- « Augmentation des rendements dans le Sahel grâce à des micro doses d’engrais » (Pochette 79, numéro 4, novembre 2006)

Pour consulter d’autres textes radiophoniques de Radios Rurales Internationales sur la fertilité du sol, visitez le site: http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/fertilization.asp.

Pour en apprendre plus sur d’autres moyens que les agriculteurs utilisent pour faire face à l’augmentation des prix des engrais chimiques, vous pouvez vous référer à ces derniers articles d’ARH:

- « Les agriculteurs trouvent que les engrais organiques sont un bon substitut aux engrais chimiques » (Numéro 28, Juillet 2008)

- « Le son de riz peut être un substitut aux engrais chimiques » (Numéro 18, avril 2008)

Vous pouvez faire une entrevue en direct sur les ondes avec un ou plusieurs experts qui peuvent expliquer la méthode du micro dosage, ou une autre méthode peu coûteuse d’améliorer la fertilité des sols. Si vous souhaitez interviewer un agriculteur ou un chercheur pour parler de la méthode du micro dosage, vous pouvez toujours contacter l’ICRISAT. Pour connaître les autres techniques qu’utilisent les agriculteurs pour faire face aux coûts élevés des engrais, essayez de contacter un des agriculteurs locaux, ou tout simplement demander à certains des agriculteurs que vous connaissez. Voici quelques questions à poser au cours d’une discussion en direct:

-Décrivez comment et pourquoi cette technique de fertilisation a été développée.

-Décrivez la technique de fertilisation en détail.

-Est-ce que cette méthode a fait preuve d’efficacité dans cette région en particulier.

-Pour les cultures, est-ce que cette méthode a prouvé son efficacité?

- Y a-t-il d’autres matériaux que les agriculteurs peuvent utiliser, si les matériaux proposés ne sont pas disponibles?

-Existe-t-il des moyens pour que les agriculteurs puissent adapter la méthode basée sur les conditions du sol ou la fréquence des pluies sur leur terre?

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