Logo: Agro Radio Hebdo

1404, rue Scott,
Ottawa, Ontario (Canada), K1Y 4M8

Téléphone : 613-761-3650
Télécopieur : 613-798-0990
Sans frais : 1-888-773-7717
Courriel : info@farmradio.org
Le site Web : http://farmradio.org/

Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 41

Bienvenue Ă  tous!

Bien qu’Agro Radio Hebdo ait pris une pause de publication la semaine dernière, cela n’a certainement pas empêché l’inscription de nouveaux abonnés! Nous sommes heureux de vous annoncer qu’il y a dix nouveaux abonnés de partout sur le continent africain: Daouda Zongo, de la Radio Municipale de Ouagadougou au Burkina Faso; Mahamat Abdoulaye Issa, de l’organisation Éducation environnementale et du développement durable au Tchad; Titto Sylvain, de l’Agri-eye en Côte d’Ivoire; Nzita Makueloi Dieudonné, de Radio Muinda/Tshela en République Démocratique du Congo, Omar Louzi, de l’ONG MJEM au Maroc; Sabine Zajderman, un consultante indépendante en Afrique du Sud; Gloria Kiwia, de Sibuka FM en Tanzania; Gnasse Atinèdi, de Radio Zéphyr au Togo; Okongo Francis Owino, du Knowledge and Research Support Center en Ouganda; Moise Donald Chimedza, de Towards Sustainable (Use) of Resources au Zimbabwe. Nous souhaitons une bienvenue chaleureuse à tous nos nouveaux abonnés!

Cette semaine, nous vous apportons des histoires à partir de deux grandes conférences qui ont eu lieu tout récemment. Notre nouveau correspondant, Sawa Pius, s’est rendu à la conférence Banana 2008 à Mombasa, au Kenya. Il nous apporte une histoire sur des agricultrices au Rwanda qui ont utilisé un prêt pour lancer de petites opérations de transformation de bananes. De la 5e Conférence Internationale de La Via Campesina, qui s’est tenue à Maputo, au Mozambique, nous vous apportons les voix des participants qui insistent sur l’importance des collectivités locales et de l’agriculture à petite échelle pour assurer une souveraineté alimentaire au niveau local et régional en Afrique. Enfin, étant donné que de nombreuses régions d’Afrique font actuellement face à des inondations, nous nous pencherons sur la façon dont les agriculteurs et les communautés au Mozambique y font face.

Si vous avez un avis à partager sur une question à laquelle sont confrontés les petits agriculteurs ou les communautés rurales, consultez la section Les Actions de Radios Rurales Internationales. Dans cette section, vous trouverez des détails sur comment devenir un éditorialiste invité d’Agro Radio Hebdo. N’oubliez pas que vous pouvez toujours partager vos points de vue en laissant un commentaire sur le site Web d’ARH (http://farmradio.org/francais/hebdo/).

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

Pas de commentaires »

Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. La transformation de bananes change des vies au Rwanda (écrit par Sawa Pius, pour Agro Radio Hebdo, à Mombasa, Kenya)

2. Afrique : La Via Campesina dit que la solution à la crise alimentaire est la souveraineté alimentaire (Agro Radio Hebdo)

3. Mozambique: préparation aux catastrophes naturelles (United Nations Integrated Regional Information Networks)

Évènement à venir

-14-17 novembre 2008: Forum international sur les droits de la femme et le développement

Banque de ressources pour la radio

-Pambazuka offre un forum pour la baladodiffusion audiovisuelle

Les actions de Radios Rurales Internationales

-Nous voulons publier vos opinions!

Le texte radiophonique de la semaine

-Les femmes apprennent ce qu’est le crédit

Pas de commentaires »

1. La transformation de bananes change des vies au Rwanda (écrit par Sawa Pius, pour Agro Radio Hebdo, à Mombasa, Kenya)

Pour 800 groupes d’agricultrices au Rwanda, les bananes sont plus qu’une collation nutritive. Les femmes touchées non seulement par le VIH/sida mais aussi par le génocide au Rwanda sont maintenant comblées car elles ont appris à ajouter de la valeur aux bananes qu’elles cultivent. Elles travaillent ensembles pour transformer des bananes en bière, en vin et en produits artisanaux, leur permettant désormais d’envoyer leurs enfants dans de meilleures écoles et mieux répondre à leurs besoins de base.

Jean Claude Nasagare est le président du groupe d’agriculteurs Ituze et le fondateur du Microfinance Banana Exchange Project. Mr. Nasagare était inspiré par le potentiel de la banane alors qu’il assistait à une conférence au Burkina Faso en 2000. Il a ramené cette idée avec lui au Rwanda, où les bananes ont longtemps été cultivées pour la consommation mais ont rarement été transformées en d’autres produits.

De prime abord, les femmes ne croyaient pas que la banane pourrait avoir une valeur économique en dehors de son utilisation en tant que denrée alimentaire. Mais, avec le temps, de plus en plus de femmes se sont jointes à cette initiative. Les femmes ont commencé à consacrer de plus grandes étendues de terre à la culture de la banane en plus de faire la culture d’autres denrées alimentaires de base. Elles ont également appris à faire de l’apiculture, car le miel est un ingrédient essentiel dans de nombreux produits dérivés de la banane.

Le Microfinance Banana Exchange Project a été établi pour répondre aux besoins financiers des femmes alors qu’elles augmentent leurs productions. Actuellement, 800 groupes de femmes rwandaises reçoivent des prêts à travers ce projet. Mr. Nasagarare dit que les prêts servent à l’achat d’équipement et de fournitures agricoles comme des houes et des semences, ainsi qu’aux frais de main-d’œuvre pour le labourage de la terre.

Toutes les participantes à cette initiative amènent leurs récoltes de bananes au siège social du groupe d’agriculteurs Ituze, où elles ont toutes un rôle à jouer dans le processus de transformation post-récolte. La bière de banane est produite à partir d’un mélange de sorgho, de miel, de bananes et de sucre. Le vin de banane est produit à partir d’un mélange de bananes, de mil et de sucre, qui est emballé et scellé dans des bouteilles en verre.

Les femmes fabriquent également plusieurs produits artisanaux faits à partir de la fibre de bananes tels que des paniers, des sacs à main, des chapeaux et des napperons. La plupart de ses produits sont vendus sur le marché européen. Mais, ce sont les agricultrices qui bénéficient directement des retombées économiques.

Les femmes sont en mesure de rembourser leurs prêts et ont plus d’argent pour soutenir leurs familles. Mr. Nasagarare dit que les mères sont en mesure d’envoyer leurs enfants à de bonnes écoles, car elles peuvent maintenant payer les frais de scolarité. Elles sont également capables de payer les frais médicaux et leurs moyens de subsistance se sont améliorés.

L’initiative continue à prendre de l’expansion. Les participantes forment d’autres femmes à cultiver des bananes et à fabriquer des produits dérivés de la banane, pour lesquels elles ont acquis un marché. Le projet s’est même étendu au Burundi.

Mr. Nasagarare dit que des recherches sont en cours pour commencer à produire du biodiesel à partir des déchets de banane.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur la transformation des bananes

1 commentaires »

2. Afrique : La Via Campesina dit que la solution à la « crise alimentaire » est la souveraineté alimentaire (Agro Radio Hebdo)

Alfonsine Mguba est cultivatrice dans l’ouest de la République Démocratique du Congo. Sur sa terre sablonneuse à Kinkole, elle a de la misère à cultiver ses arachides. Au moment de la récolte, elle n’obtient que de toutes petites graines. Heureusement, ce n’est pas la seule culture qu’Alfonsine fait pousser. Elle cultive aussi le gombo, l’aubergine et la tomate.

Mme Mguba est membre de la Confédération Paysanne du Congo, aussi connu comme étant la Copaco. Selon Mme Mguba, les agricultrices et agriculteurs congolais ne sont pas affectés par la soit-disant « crise alimentaire » car ils produisent suffisamment de nourriture. Elle était l’une des quelques 600 personnes issues d’organisations paysannes et d’autres organismes réunis la semaine dernière au Mozambique pour la conférence internationale de La Via Campesina.

La Via Campesina est un mouvement international de paysan avec des membres dans 56 pays. La flambée des prix des denrées alimentaires communément connue comme étant « la crise alimentaire » était l’un des sujets de discussions lors de la conférence. Des représentants de La Via Campesina ainsi que des participants à la conférence ont discuté avec Agro Radio Hebdo. Ils ont tous mis l’emphase sur l’importance de la souveraineté alimentaire et la production agricole locale et durable.

Ibrahim Coulibaly est agriculteur et éleveur. Il est aussi un représentant de la Via Campesina au Mali. M. Coulibaly dit que dans le contexte de la flambée des prix des denrées alimentaires, la diversification des cultures est une stratégie essentielle pour les agriculteurs africains. Mais, il précise aussi que les gouvernements doivent faire leurs parts pour supporter l’agriculture locale.

Cosma Vufu est une des agricultrices qui a participé à cette conférence. Mme Vufu vit à Lindi, en Tanzanie. Sur ses cinq acres de terre, elle cultive principalement des noix d’acajou ainsi que des arachides et du maïs. Elle possède aussi des poules et deux vaches desquelles elle peut vendre les œufs et le lait, respectivement. Cosma est aussi membre du conseil d’administration de Mviwata, un réseau national d’organisations paysannes tanzaniennes. Mviwata œuvre à aider les agriculteurs à défendre leurs droits et à exiger que le gouvernement investisse plus d’argent dans l’agriculture.

Un meilleur investissement en agriculture est un combat qu’Ibrahim Coulibaly connaît très bien. Il dit que la lutte pour la souveraineté alimentaire est la vraie solution à la « supposée » crise alimentaire. Selon M. Coulibaly, la vraie crise est celle d’un système d’alimentation des villes qui dépend des marchés mondiaux et que cette vérité-là, aucun gouvernement africain n’a eu le courage de la dire. Il dit que les gouvernements ont préféré subventionner les importations alimentaires, pensant que cela allait éviter les émeutes. M. Coulibaly précise que les états qui veulent avoir une stabilité politique ont intérêt à mettre en place une politique agricole qui permette à la production locale de se développer.

Mme Mguba, quant à elle, parle de l’importance des coopératives d’agriculteurs. Elle précise qu’en République Démocratique du Congo, ce qui fait défaut aux agriculteurs, c’est le manque de routes praticables et de moyens de transport abordables pour acheminer leurs produits des régions rurales vers la ville.

Pour aider les agriculteurs, la Copaco a décidé d’organiser les paysans en coopérative afin qu’ils puissent déléguer un ou deux membres qui se déplaceraient vers Kinshasa avec les produits à vendre au lieu que chaque agriculteur se déplace individuellement. Elle dit que ce sont des initiatives concrètes comme celle-ci qui font gagner temps et argent aux membres de la Copaco.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur La Via Campesina

Pas de commentaires »

3. Mozambique: préparation aux catastrophes naturelles (United Nations Integrated Regional Information Networks)

Manuel Fanso ne voit sa famille qu’une fois par semaine. Les six autres jours, il les passe à pêcher sur le fleuve Zambèze. Certains de ses poissons, il peut les vendre au bord de la rivière. Le reste du produit de sa pêche, il l’amène à Mopeia, dans la région centrale du Mozambique, où sa femme, ses enfants, et sa mère demeurent.

M. Fanso et sa famille vivaient autrefois ensemble sur une petite ferme près du fleuve Zambèze. L’an dernier, la ferme familiale a été inondée. Leur récolte de riz en a beaucoup souffert, mais ils ont cependant eu plus de chance que certaines familles, qui ont perdu toutes leurs récoltes. Par la suite, le gouvernement du Mozambique a réinstallé ceux qui vivaient dans les zones susceptibles aux inondations vers des zones plus sécuritaires. M. Fanso dit que sa famille ne reconstruira jamais une maison dans les zones susceptibles aux inondations. Les inondations viennent trop rapidement dans cette zone.

Des inondations se sont produites dans de nombreuses régions d’Afrique au cours du mois dernier, notamment le Burundi, le Kenya, le Mali et le Rwanda, perturbant la vie et les moyens de subsistance de nombreux agriculteurs. D’autres pays comme le Cameroun et le Tchad ont été avertis que les inondations surviennent durant la saison des pluies. Les phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations se produisent plus fréquemment, ces dernières années, en raison des changements climatiques, forçant de plus en plus d’agriculteurs comme M. Fanso à modifier leurs pratiques afin d’y faire face.

Alexandre Tique est météorologue à l’Institut national de météorologie, au Mozambique. Il dit que les statistiques montrent que la tendance est à la hausse pour les catastrophes naturelles. Les cyclones tropicaux et les inondations se produisent plus souvent, et il en est de même pour les sécheresses. Cela peut être désastreux pour les agriculteurs qui se rapprochent de la rivière pendant les périodes de sécheresse, pour ensuite être frappés par les inondations à l’arrivée de la saison des pluies.

M. Tique précise que mettre en garde les gens sur l’imminence des catastrophes naturelles est un défi étant donné que la population dans les régions rurales est très dispersée. Toutefois, les groupes communautaires se mobilisent pour relever ce défi, et tentent de minimiser les pertes de vies et de biens.

Arlinda Cunah se prépare pour la saison des cyclones dans le village de Chilembende. Chaque jour, elle allume sa radio – qui fonctionne à l’énergie solaire – et reste à l’affût de tout avertissement relatif à des inondations ou à des cyclones. Mme Cunah et d’autres bénévoles de son village de Chilembende ont conçu un plan pour diffuser les informations concernant de tels avertissements. Tout d’abord, Mme Cunah invite ses voisins à rester à l’écoute de la radio et à porter une attention particulière aux avertissements. Ensuite, en cas d’avertissement, elle alerte le chef de la communauté, qui a des drapeaux de mise en garde, des sifflets et une bicyclette. Les bénévoles vont dans le village avec des sifflets et des drapeaux, pour s’assurer que tout le monde a été averti. Mme Cunah explique que la population connaît déjà les mesures à prendre en cas de catastrophes naturelles car elle a déjà été éduquée à ce sujet. Par exemple, si un cyclone approche, les villageois connaissent les endroits sûrs pour rester à l’abri.

Pour sa part, M. Fanso sait que, lorsque les fortes pluies commencent, il devra probablement quitter le fleuve Zambèze pour un ou deux mois. Mais quand les inondations auront passées, il sera de retour au bord du fleuve pour faire sa vie.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur la préparation aux catastrophes naturelles

Pas de commentaires »