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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 43

Bienvenue Ă  tous!

Comme promis, cette semaine dans la section Dépêche de nouvelles agricoles, nous avons une autre histoire écrite par notre correspondant, Sawa Pius. Sawa a participé à la Honey Trade Expo qui s’est tenue récemment à Kampala, en Ouganda. L’histoire qu’il a écrit parle des agriculteurs qui travaillent avec des apiculteurs pour veiller à ce que les abeilles aillent assez de plantes à nectar pour butiner. Cette situation profite tant aux agriculteurs qu’aux apiculteurs.

Aussi, d’après les résultats du dernier sondage ARH, nous savons que vous voulez lire plus d’histoires sur l’autonomisation des femmes. Cette semaine, nous vous présentons l’histoire inspirante des femmes dans le sud-ouest du Mali qui ont formé un groupe d’agricultrice. Non seulement elles ont amélioré leurs rendements de riz, mais elles ont également acquis plus de respect dans leur village. Enfin, nous avons une histoire sur certaines méthodes agricoles ingénieuses que les agriculteurs Rwandais utilisent pour produire de la nourriture sur de très petites parcelles de terres.

Nous avons aussi une histoire spéciale dans la section Les actions de Radios Rurales Internationales, écrite par Gladson Makowa de The Story Workshop au Malawi. Gladson commente sur une étude récente de PANOS Southern Africa qui dévoile qu’il y a une pénurie de reportages médiatiques sur la question des changements climatiques. Il partage ses réflexions sur les causes de ce problème et comment le résoudre. Nous vous invitons également à visiter le site Web d’Agro Radio Hebdo (http://farmradio.org/francais/hebdo/ ) pour y laisser vos commentaires sur cet article et partager avec les autres abonnés vos expériences de reportage sur les changements climatiques.

La semaine prochaine, nous aurons un reportage spécial écrit par notre correspondante ARH, Lilianne Nyatcha. Ce reportage vous expliquera comment le coût élevé des denrées alimentaires affectent les aviculteurs au Cameroun, qui peinent à nourrir leurs oiseaux.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Ouganda:L’apiculture et la plantation d’arbres vont de pair (écrit par Sawa Pius, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

2. Mali: un groupe d’agricultrices aide à briser des barrières sociales (LEISA – Low External Input and Sustainable Agriculture)

3. Rwanda: des jardins familiaux procurent des profits et de la nourriture (Syfia Grands Lacs)

Évènement à venir

-25 novembre 2008: Début des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes

Banque de ressources pour la radio

-Le magazine LEISA publie des histoires à succès sur l’agriculture à petite échelle

Les actions de Radios Rurales Internationales

-Comment pouvons-nous mettre fin au “blackout” médiatique sur les changements climatiques (écrit par Gladson Makowa)

Le texte radiophonique de la semaine

-Au Malawi, des villageois discutent du rôle des arbres dans leur communauté

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1. Ouganda: L’apiculture et la plantation d’arbres vont de pair (écrit par Sawa Pius, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

Un partenariat entre les agriculteurs et un producteur de miel de l’ouest de l’Ouganda a généré d’intéressantes récompenses pour les deux parties…en plus d’être bénéfique pour l’environnement.

La conservation des forêts est devenue une priorité pour la population du district de Kabarole, sur les pentes du mont Rwenzori. Le feuillage est un élément important dans la production du miel. Depuis que les habitants ont commencé à faire de l’apiculture, les arbres et les feuillages ont aussi commencé à avoir une plus grande valeur. En 1991, un organisme de traitement du miel a commencé à travailler avec les agriculteurs. Les agriculteurs ont alors appris à faire de l’apiculture et ont été soutenus pour la plantation d’arbres et la préservation des forêts existantes.

Bien que la majeure partie du pays subisse la déforestation à cause de l’abattage massif des arbres, les agriculteurs du district de Kabarole ont compris les risques qu’ils courent s’ils abattent des arbres sans les remplacer. L’Association des apiculteurs du district de Kabarole travaille également avec des groupes d’agriculteurs afin d’acquérir de nouveaux plants.

Justine Kabalodi est agricultrice et apicultrice. Elle explique qu’elle prépare des lits dans sa pépinière, où elle plante des graines d’eucalyptus fournies par l’association d’apiculteurs. Lorsque les jeunes plants sont suffisamment matures, elle les vend à d’autres apiculteurs. Mme Kabalodi dispose également de plusieurs hectares de vieux eucalyptus. Elle gère le peuplement forestier de sorte qu’elle puisse vendre certains arbres comme bois de chauffage et garder le reste pour ses abeilles.

En plus des plantations d’eucalyptus, les agriculteurs sont encouragés à planter des arbustes comme le Caliandra sentena et des plantes comme le maïs et le simsim. Toutes ces cultures fournissent du nectar pour les abeilles, ainsi que de la nourriture pour les agriculteurs. Mme Kabalodi fait pousser des arbustes artemisia qui ont des propriétés antipaludiques. Elle dit que c’est une valeur ajoutée pour le miel produit par les abeilles qui, elles-mêmes, se nourrissent d’Atunisia.

Ce qui était considéré comme un passe-temps il y a dix ans est maintenant devenu une entreprise. Quelques 1000 agriculteurs de Kabarole pratiquent maintenant l’apiculture. Un agriculteur peut obtenir un maximum de 10 litres de miel à partir d’une petite ruche, qui peut alors lui rapporter jusqu’à 240 000 shillings ougandais (environ 140 dollars américains ou 110 euros).

L’association d’apiculteurs offre une formation à l’attention des agriculteurs et achète le miel et la cire pour les transformer en cire d’abeille. Adolph Bagonza est le directeur général de l’association d’apiculteurs. Il dit que les agriculteurs sont maintenant en mesure de produire six tonnes de miel chaque saison, de février à mai puis d’août à octobre. Les produits dérivés du miel sont vendus dans le district. Alors que l’apiculture continue à prendre de l’ampleur, les bénéfices environnementaux continuent aussi à augmenter sous la forme de nouveaux arbres, prouvant ainsi que les forêts et les ruches d’abeilles vont de pair.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur l’agriculture et l’apiculture

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2. Mali: un groupe d’agricultrices aide à briser des barrières sociales (LEISA – Low External Input and Sustainable Agriculture)

Jadis, il était rare d’entendre une femme parler au cours d’une réunion dans le village de Zamblara, dans le sud-ouest du Mali. Dans cette partie du Mali, les femmes étaient rarement considérées comme égales aux hommes. Les femmes ne participaient pas non plus à de nombreuses activités du village. Mais, grâce à l’expérience qu’elles ont acquise lors d’une formation donnée par un groupe d’agriculteurs, les femmes sont maintenant respectées et elles jouent un rôle plus important au sein du village.

Le cheminement de ces femmes a commencé il y a plus de 15 ans. Au cours de la saison des pluies de 1991, comme chaque année, les hommes du village avaient la responsabilité de cultiver le maïs, le sorgho et l’arachide sur les hauts terrains, comme le veut la tradition. Les femmes avaient le rôle coutumier de cultiver le riz sur les terres basses. Mais cette année là, 27 femmes ont eu le courage de former un groupe d’agricultrices dans le but d’accroître leurs rendements et leurs revenus. Elles ont nommé leur groupe « Kotognogontala », ce qui signifie « le respect mutuel. »

Au fil des années, elles ont échangé leurs connaissances sur les bonnes pratiques agricoles. En 2002, le groupe a décidé de prendre contact avec l’ADRAO (le Centre du Riz pour l’Afrique) et de s’informer sur leurs activités de formation. Grâce à l’ADRAO, le groupe se réunit une fois par semaine, du moment où les femmes préparent le terrain pour la culture jusqu’à la fin de la saison de la récolte. Elles essayent diverses approches en matière de fertilisation des sols et de lutte contre les ravageurs. Par la suite, elles déterminent quelles sont les meilleures approches pour cultiver leurs terres. Par exemple, les femmes ont trouvé qu’un mélange de compost, de petites quantités d’urée et de phosphate naturel est un fertilisant plus efficace que les engrais chimiques ou le compost seul. Elles ont aussi fait des essais dans le cadre de la lutte contre les ravageurs, et en ont conclu que la poudre de neem et un mélange de détergent à lessive et de kérosène sont efficaces pour lutter contre les insectes foreurs des tiges du maïs.

Kotognogontala a maintenant plus de 100 membres. Le groupe a atteint son objectif d’accroître la production de riz. En fait, un bon nombre de leurs voisins se sont intéressés à leurs techniques agricoles. Les femmes ont adapté les informations sous forme de chansons et de poèmes qu’elles interprètent dans le village.

Le succès du groupe lui a valu le respect dans le village. En fait, le chef du village est maintenant le président d’honneur de Kotognogontala. Les femmes ont également le sentiment que le groupe a contribué à améliorer les relations entre les hommes et les femmes.

Le groupe offre aussi aux femmes un endroit pour parler de leurs problèmes avec les hommes et pour se donner mutuellement des conseils. Le groupe a également contribué à éliminer le système traditionnel de castes, selon lequel certaines familles sont classées comme « nobles » et d’autres comme « descendant des esclaves. » Une des membres du groupe a fait remarquer que les femmes de toutes les castes sont égales dans le groupe.

Au fil du temps, le groupe a su tailler une nouvelle place pour les femmes dans le village. Les femmes participent maintenant aux activités du village telles que le développement d’infrastructures et la création d’un moulin. Lorsque vient le temps de prendre une décision dans le village, la voix des femmes est maintenant écoutée.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur le groupe d’agrcultrices

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3. Rwanda: des jardins familiaux procurent des profits et de la nourriture (Syfia Grands Lacs)

Un seau en main, une femme arrose un mini-terrain à côté de sa maison. Sa parcelle de terre ne mesure que deux mètres de diamètre, mais sur ce petit espace poussent des bananiers. Au sommet du monticule de terre, il y a une tranchée qu’elle remplit avec du compost organique.

Dans le sud du Rwanda, ces champs minuscules sont mieux connus sous le nom d’akalima k’igikoni ou jardins familiaux. Dans cette région, où la disponibilité des terres est limitée, la population a mis au point des méthodes ingénieuses pour cultiver la terre sur de petites surfaces.

La culture des fruits et des légumes n’a pas toujours été populaire chez les Rwandais. Jusqu’à récemment, ces cultures n’étaient pas considérées comme rentables. Mais l’idée de cultiver des aliments sur de petits espaces est de nos jours plus populaire, grâce à un programme gouvernemental qui a fait la promotion de cette idée.

Benoît Nyandwi a eu une idée originale de potager. À son domicile, dans le district de Ruhango, dans le sud du Rwanda, il utilise des vases où il fait germer des fruits comme des fraises, des oranges et des citrons, et même des betteraves. M. Nyandwi dit que son idée de petit jardin vient de ce qu’il se disait que s’il pouvait utiliser un vase pour faire pousser des fleurs, il pouvait bien y faire pousser des fruits. En 2006, il a pu rénover sa maison avec les profits qu’il a faits avec la vente de ses fruits.

Cultiver la terre sur de petites surfaces contribue également à améliorer l’alimentation familiale en ajoutant des fruits et des légumes aux repas de base. Charles Ndagijimana est professeur dans le district de Butare et a son propre potager. « Pourquoi acheter des fruits et des légumes sur le marché s’il y a de l’espace inutilisé dans votre maison? » demande ce professeur.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur les jardins potagers

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