Un complément novateur à la culture du maïs : L’anacardier

Il y a six ans, quand vous alliez dans les exploitations agricoles avoisinant Babato Kuma, une petite communauté en périphérie de Kintampo, dans la région Est de Bono, au Ghana, vous auriez surtout vu de longues superficies de champs indescriptibles.

Maintenant, où que vous regardiez, vous verrez des anacardiers plantés entre les rangées de maïs. Ces arbres sont le fruit d’une longue collaboration entre la communauté et le Mécanisme spécial de don en faveur des communautés locales de Solidaridad qui a créé un projet de reboisement de 20 acres.

Le chef a fait don de la terre, tandis que Solidaridad a fourni les semis, ainsi que le soutien technique et financier. Cependant, pour la plantation et l’entretien des arbres, toute la communauté y participa.

Les hommes transportaient les semis au champ et creusaient les trous, pendant que les femmes et les jeunes apportaient l’eau pour les semis. Ensemble, ils ont contribué au succès de la plantation.

Addia Ibrahim is a resident of Babato Kuma.

Addia Ibrahim habite à Babato Kuma.

Au début du reboisement, les femmes recevaient une quantité spéciale de semis supplémentaires pour renforcer leurs exploitations agricoles. Dans d’autres cas, pour les exploitations individuelles externes au projet principal, la communauté a fourni la main-d’œuvre pour leur mise en terre, et ce, pour une somme modique.

Il faut quatre ans de plus aux arbres pour parvenir à maturité, mais ils produisent déjà. Avant leur plantation, la communauté avait une panoplie de problèmes climatiques qui empiraient progressivement.

Abukari Seidu, le porte-parole du projet communautaire, se rappelle comment l’agriculture était difficile.

« Les précipitations étaient irrégulières et les températures augmentaient, » déclara-t-il. « La terre était infertile lorsqu’on les plantait et les cultures étaient peu productives. »

Grâce aux racines et aux feuilles des arbres qui nourrissent le sol, la situation a changé. Les rendements augmentent à nouveau, à l’instar des revenus des agriculteurs et des agricultrices. De plus, les arbres procurent un revenu supplémentaire. Le projet n’a généré que 300 cedis ghanéens environ, soit 35 $ CA, en revenu jusqu’ici, mais à mesure que les arbres atteindront le plein potentiel, ce montant augmentera.

La communauté a une idée de ce qu’elle fera de ces fonds supplémentaires. Un tiers servira à la gestion de l’exploitation, un autre tiers sera remis au chef sur la terre duquel les anacardiers se trouvent, et le dernier tiers sera placé dans le compte de la communauté pour appuyer le développement communautaire.

Certaines femmes comptent utiliser le revenu des noix de cajou pour payer les frais de scolarité de leurs enfants. D’autres veulent payer une assurance maladie pour leurs enfants ou une formation spéciale qui permettra à leurs enfants de travailler dans la menuiserie et la couture.

Babato Kuma figure parmi les communautés faisant l’objet d’un documentaire réalisé par Adars 107.7 FM et Radios Rurales Internationales, et qui explique comment des communautés du Ghana s’adaptent au changement climatique. On espère que lorsque d’autres communautés découvriront comment Babato Kuma profite des anacardiers, cela les encouragera à tester des solutions similaires.

Les communautés comme Babato Kuma donnent de l’espoir aux agriculteurs et aux agricultrices du Ghana. Elles sont la preuve qu’une solution simple, économique au changement des conditions climatiques n’est pas hors de portée.

À propos du projet
Le projet À l’antenne pour des solutions fondées sur la nature et l'égalité des genres est un projet quinquennal dirigé par Radios Rurales Internationales en partenariat avec le gouvernement du Canada, qui utilisera des émissions de radio à fort impact pour travailler avec les communautés locales au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Éthiopie, au Ghana, en Ouganda et en Zambie afin de trouver, partager et promouvoir des solutions locales fondées sur la nature et d’amplifier ces solutions auprès d’un réseau de 3 500 radiodiffuseurs et radiodiffuseuses dans 38 pays africains afin qu’elles puissent être répliquées sur tout le continent.

Chris resized

À propos de l’auteur
Chris Edwards a été journaliste stagiaire volontaire pour Radios Rurales Internationales au Ghana durant l’été 2023 dans le cadre de notre projet sur les solutions fondées sur la nature face au changement climatique.