Bilan de nos engagements envers la diversité, l’équité, l’inclusion et la justice raciale

En juin 2020, poussés par la mort de George Floyd et la multiplication des manifestations du mouvement « Black Lives Matter », l’importance capitale de la vérité et la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada, ainsi que les mouvements apparentés dans le monde, nous avons décidé de procéder à un examen de notre travail et notre organisation pour voir comment nous pourrions jouer un rôle plus actif dans la lutte contre le racisme et le combat pour la justice raciale.

À l’époque, nous avons publié cette déclaration : « Radios Rurales Internationales — Définir notre rôle dans la lutte contre le racisme. » Dans cette déclaration nous prîmes plusieurs engagements par rapport à ce que nous pourrions faire au sein de notre organisation pour devenir explicitement antiracistes.

Voici ce à quoi nous nous étions engagés :

  • Effectuer une analyse de notre travail, notre structure, nos approches et nos méthodes pour voir quels facteurs contribuent malencontreusement au racisme, et ceux qui pourraient être consolidés pour être antiracistes, et appliquer ces changements par la suite.
  • Utiliser une approche participative pour développer une politique antiraciste rigoureuse.
  • Renforcer les connaissances et les compétences du personnel et du conseil d’administration par des formations et des activités d’apprentissage et de désapprentissage continues.
  • Appuyer nos stations de radio partenaires en faisant la promotion de l’inclusion, la diversité et la compréhension interculturelle.

Nous voulions vous faire le point des actions que nous avons menées durant la dernière année, et du travail qui reste à faire. Nous savons qu’il s’agit d’un processus de longue haleine, et nous sommes engagés à effectuer ce travail. Comme on le dit souvent, si vous voulez aller vite, allez seule. Mais pour effectuer un changement durable, il faut travailler ensemble, et prendre le temps de bien faire les choses.

Pendant la dernière année, nous avons :

  • Créé un groupe de travail sur la diversité, l’équité, l’inclusion et la justice raciale regroupant des membres de différents horizons (dans les pays où nous avons des bureaux) et de différents échelons de l’organisation avec un mandat précis et un plan de travail annuel.
  • Adopté nos engagements en matière de diversité, d’équité, d’inclusion et de justice dans notre plan stratégique annuelle. notre document de référence qui oriente ce que nous faisons durant de l’année.
  • Demandé aux premiers responsables de l’organisation d’effectuer une évaluation des compétences interculturelles et de discuter de leurs résultats.
  • Signé, et participé à l’élaboration du Cadre sur l’antiracisme du secteur de la coopération internationale du Canada.
  • Réalisé une évaluation de base de notre travail au moyen de ce cadre.
  • Élaboré des termes de référence et un plan pour recruter un(e) consultant(e) qui nous appuiera avec un audit antiracisme de notre travail, notre structure et nos procédures.

De plus, parmi les mesures prises pour faire de Radios Rurales Internationales une organisation menée par l’Afrique, nous avons identifié et instauré d’importantes modifications structurelles dans l’organisation. Nous travaillons avec nos conseils consultatifs africains, dans les différents pays où nous avons des bureaux, pour rehausser leurs rôles d’encadrement dans l’ensemble de l’organisation.

Dans le cadre de cet effort, nous avons créé au sein du bureau du directeur général un poste de conseiller principal en stratégie qui aura spécialement pour mandat de promouvoir la diversité, l’équité, l’inclusion et la justice au sein de Radios Rurales Internationales. Ce poste est occupé par Rex Chapota, un véritable défenseur du développement mené par l’Afrique. En plus, deux de nos cinq centres d’excellence, à savoir les Innovations numériques et l’Égalité de genre et l’inclusion, sont désormais dirigés par des spécialistes africains basés au Ghana et au Burkina Faso respectivement.

Malgré les progrès réalisés l’an dernier, il nous reste beaucoup à faire. Voici ce sur quoi nous prévoyons travailler durant la prochaine année :

  • Durant les prochains mois, nous recruterons un cabinet de professionnels et de spécialistes en pratiques antiracistes pour réaliser un audit du travail de toute l’organisation, notamment ce que nous faisons et comment nous parlons de ce que nous faisons.
  • Lorsque l’audit sera réalisé, nous entamerons l’approche participative prévue pour l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique antiraciste rigoureuse.
  • Notre équipe des communications effectue un examen et une formation à l’échelle de l’organisation sur les communications éthiques, et ce, du consentement éclairé à la façon dont nous présentons et parlons des communautés avec lesquelles nous travaillons.

Pour l’avenir, nous espérons pouvoir procéder également à un examen externe et interne, et travailler à créer un cadre visant à aider nos partenaires à promouvoir des valeurs similaires.

Tenir compte de la décolonisation de l’aide humanitaire

L’aide au développement international a été mise en place il y a environ 70 ans pour, au mieux, compenser les répercussions de plusieurs siècles de racisme et de colonialisme et, au pire, maintenir et favoriser une dépendance permanente. Beaucoup d’organismes de développement, Radios Rurales Internationales y compris, sont le fruit de cet héritage. Ainsi, une partie de notre travail consiste à voir comment nous pouvons aller au-delà et défaire les vestiges de ce passé colonial.

Une mesure concrète que le Canada peut adopter est de modifier la Loi de l’impôt sur le revenu pour permettre aux organismes de bienfaisance comme Radios Rurales Internationales de travailler en partenariat équitable avec les organisations africaines locales. Actuellement, la loi exige que les organismes de bienfaisance canadiens conservent la direction et le contrôle des ressources partagées avec les organismes partenaires africains. Selon la loi, l’organisme de bienfaisance doit s’assurer que chaque montant est utilisé exclusivement pour ses propres activités plutôt que pour un travail prioritaire pour ses partenaires.

Ceci est un exemple concret de colonialisme incrusté dans les politiques, les lois et les systèmes. Nous sommes heureux de soutenir l’effort de la sénatrice Ratna Omidvar visant à amender la Loi de l’impôt sur le revenu pour permettre des partenariats plus équitables tout en assurant l’efficacité, la redevabilité et la transparence.

L’avenir

Nous prenons ce processus étape par étape. Il nous reste du travail à faire, mais c’est un bon début. Nous devons trouver un juste équilibre entre être une ONG à vocation internationale et avoir un bureau canadien basé dans le territoire non cédé de la Nation algonquine anishinaabe, dans un pays qui vit un processus de réconciliation difficile, douloureux, mais prometteur entre le Canada et les peuples autochtones.

Comme nous le mentionnions dans notre déclaration l’an dernier, même s’il nous arrivait de faire des erreurs en cours de route, nous espérons que nos collègues, nos donateurs(trices), notre conseil d’administration et les personnes qui lisent la présente, nous tiendront responsable. 

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