Changement des pratiques commerciales sur les ondes

L’agriculture est un secteur d’activité difficile, qui est tributaire de bonnes conditions météorologiques, d’un travail acharné et de prix équitables sur le marché. Cependant, les agricultrices et les agriculteurs sont souvent confrontés à un déficit pluviométrique, une charge de travail trop élevée et des acheteurs qui les escroquent.
 
Sans les sacs de format standard, destinés à la vente de leurs produits, plusieurs agricultrices et agriculteurs du Ghana se font escroquer par des intermédiaires qui font passer un sac plus grand et plus lourd pour un sac de plus petit format. Toutefois, avec le soutien de RRI, du Programme alimentaire mondial et deux de nos stations de radio partenaires, le rapport de forces s’est inversé au profit des agricultrices et des agriculteurs de la région Ashanti du Ghana.
 
Obuoba FM et Akyeaa FM diffusent des émissions radiophoniques axées sur ce problème d’ensachage et de tarification, et qui racontent les histoires et les opinions des chefs, des anciens, des agricultrices, des agriculteurs et des associations agricoles. Ces émissions ont occasionné des changements de règlements dans sept districts et municipalités, et les agents de police veillent désormais à ce que le maïs soit vendu dans des sacs de format standard.
 
Les émissions « nous aident à savoir à quel prix sont vendus le maïs et le niébé sur les autres marchés et à prendre des décisions éclairées par rapport à la période et au lieu de vente de nos produits, » a déclaré Abdul Raman Yangah, responsable de l’association agricole Nkwariedee de Dromankuma, un village situé à 150 km au nord de Koumassi au centre du Ghana.

Mais la meilleure partie [est que], grâce à l’émission radiophonique, des lois ont été adoptées concernant le type de sacs que les agricultrices et les agriculteurs doivent utiliser pour vendre leurs produits. Les agricultrices et les agriculteurs n’utilisent plus le format cinq (150 kg), mais plutôt le format quatre (80-90 kg) pour vendre leur maïs,” a rapporté Abdul.

Les émissions radiophoniques agricoles sont également caractérisées par les conseils prodigués sur les méthodes de plantation, de fertilisation, de récolte et les pratiques après récolte ayant trait au maïs et au niébé, des produits agricoles de base dans la région. Les agricultrices et les agriculteurs ont appris à semer en ligne et à fertiliser efficacement les sols, plutôt que de semer les graines à la volée (lancer) et répandre les engrais.
 
« Avant, lorsque nous semions [les graines] à la volée, nous récoltions peu, mais, maintenant, grâce à la sensibilisation par la radio nous avons noté une amélioration, » a déclaré Yakubu Ibrahim de l’association Hiawoanwu des productrices et des producteurs de maïs et de niébé, une communauté agricole située à 120 km au nord de Koumassi.
 
Équipés de ces informations, les agricultrices et les agriculteurs peuvent rejoindre de nouveaux acheteurs, tels que l’initiative « Achats pour le progrès » du Programme alimentaire mondial. L’initiative « Achats pour le progrès » achète les excédents de produits des agricultrices et des agriculteurs pour les utiliser ensuite dans le cadre des programmes d’aide, de cantines scolaires et de protection de revenu du Programme alimentaire mondial. Ce projet devrait toucher 200 000 agricultrices et agriculteurs, y compris 16 groupements agricoles.
 
« Nous avons bénéficié énormément de la sensibilisation par la radio. Auparavant, dans cette région, nous n’utilisions que des briques en terre pour construire nos maisons, mais, actuellement, nous utilisons des blocs en béton. Cela est dû au fait que nos pratiques agricoles se sont améliorées et que notre production est meilleure, » a déclaré Yakubu.

Ce [projet] nous a permis de savoir que l’agriculture est une activité économique et pas simplement un style de vie,” a ajouté Abdul.

Cette histoire est une des interessantes histoires dans le rapport annuel 2013-2014.