Hand washing station at Radio Salaki

Grégoire Zongo, 39 ans, travaille à Radio Salaki à Dédougou, au Burkina Faso depuis dix ans. Face au COVID-19, Grégoire et ses collègues de Radio Salaki adaptent leur programmation et les politiques de la station. Ils ne prennent aucun risque quand il s’agit de leur santé.

De 5 heures du matin jusqu’à minuit, Radio Salaki diffuse une émission par heure comme d’habitude. La majeure partie de l’actualité est liée au COVID-19 et, selon Grégoire, la programmation de Radio Salaki n’a pas trop changé. Plutôt que d’axer toutes ses émissions sur le COVID-19, la station les maintient toujours sur d’autres sujets importants pour leurs auditeurs(rices) ruraux.

Par exemple, une émission récente a mis en scène la direction de l’agriculture de la région.

« La saison agricole est en train de s’installer. On est obligé maintenant d’en parler. … Maintenant que les premières pluies ont commencé à tomber, ça fait partie de l’actualité et on est obligé de l’intégrer, » déclare Grégoire. « Dans la mesure du COVID-19, c’est vraiment l’actualité en ce moment. On ne peut pas l’occulter, mais … on ne peut pas prendre tout le temps pour parler du COVID-19 et oublier les autres aspects importants pour les auditeurs. »

Pour cette raison, Radio Salaki diffuse seulement ce que le personnel considère comme sujets, mises à jour ou rappels essentiels concernant le COVID-19. Grégoire encourage les autres stations à faire de même en se posant une question : Quels sont les aspects du COVID-19 qui méritent d’être diffusés, et plus que rediffusés?

Pour aborder ces sujets, Radio Salaki prend cinq minutes au début de chaque émission pour parler exclusivement du COVID-19. Ces courts bulletins parlent de la prévention de la transmission, des symptômes, et d’autres informations de base sur le COVID-19.


« On ne peut pas prendre tout le temps pour parler du COVID-19 et oublier les autres aspects importants pour les auditeurs. »


Pour les réponses aux questions de l’auditoire, Radio Salaki invite un(e) spécialiste médicale à « COVID infos, » la seule émission consacrée au COVID-19. À l’origine une émission sur la santé générale, la station diffuse « COVID infos » pendant 30 minutes le samedi en français, puis la rediffuse pendant la semaine en mooré, dioula et buamu.

Pendant « COVID infos, » les auditeurs(rices) appellent à un numéro WhatsApp pour poser leurs questions à l’antenne à un(e) expert(e). Après avoir appelé, ces auditeurs(rices) sont ajoutés au groupe WhatsApp de Radio Salaki où ils sont invités à poursuivre la discussion.

Les auditeurs(rices) déjà membres du groupe peuvent envoyer leurs questions par le biais de messages audios. Pendant l’émission, ces messages sont diffusés en plus des appels téléphoniques et l’expert(e) invité(e) y répond.

Avant que les invités accèdent aux locaux de Radios Salaki, ils doivent respecter les directives de la station. À l’entrée de la station de radio, chacun doit se laver les mains et porter un masque. Dans le studio, le personnel et les invité(e)s s’asseyent à une distance d’au moins un mètre les uns des autres.

Pour le moment, ces mesures sont « indiscutables, » déclare Grégoire.

Ce n’est qu’un élément d’une longue liste de changements opérés pour protéger le personnel de la station.


« Prenez soin de soi, protégez-vous. Si vous êtes malade, vous ne pourrez plus diffuser d’informations pour les auditeurs. »


En temps normal, il y a 12 journalistes et quatre techniciens et techniciennes qui travaillent à Radio Salaki. Pour maintenir une distance d’un mètre, seuls trois d’entre eux sont autorisés à entrer dans le studio avec l’invité(e) à tout moment, soit deux journalistes qui animent l’émission et un technicien ou une technicienne qui la diffuse.

« C’est juste le personnel nécessaire qu’il faut, » déclare Grégoire.

À la fin des émissions, le personnel désinfecte les micros, la table, les chaises et les poignées de porte à l’eau et de l’eau de javel.

Pour le microphone, qui est sensible à l’eau, le personnel prend un soin particulier. Chaque soir, le bonnet est enlevé, lavé à l’eau de javel, puis mis à sécher pendant la nuit. Lorsque le bonnet est sec le lendemain matin, il est replacé sur le microphone. Pour éviter de l’endommager, on n’applique jamais de l’eau sur le microphone.

À l’extérieur du bureau, le personnel fait autant que possible pour éviter les déplacements inutiles en faisant les interviews au téléphone.

Avant de faire des appels téléphoniques, les reporters préparent leurs questions et font leurs recherches. Grâce à cette préparation, au moment de faire l’appel, il ne reste plus qu’à enregistrer tout simplement.

Quand les interviews en personne sont inévitables, les journalistes utilisent une perche longue d’un mètre au bout de laquelle est fixé l’enregistreur. Toutes les personnes qui se rendent sur le terrain portent aussi des masques et des gants, et utilisent aussi du gel à mains.

Grégoire souligne qu’il est important pour les journalistes d’être un bon exemple en suivant ces mesures pour éviter la transmission du COVID-19. Les journalistes doivent faire ce qu’ils disent à leurs auditeurs(rices), dit-il.

« Prenez soin de soi, protégez-vous. Si vous êtes malade, vous ne pourrez plus diffuser d’informations pour les auditeurs. »


À propos de l’auteur Hannah Tellier est Adjointe aux ressources radiophoniques pour Radios Rurales Internationales. Diplômée de l’Université de Waterloo, pour Hannah la meilleure salle de classe est celle que l’on crée en échangeant avec les autres.