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Martin Mhina explique les défis de la préparation des émissions radiophoniques agricoles

Martin Mhina

Martin Mhina interviewe une agricultrice de la région Tanga, en Tanzanie, au sujet du maïs.

Martin Mhina pousse la porte lourde et insonorisée du studio pour l’ouvrir. Il met un casque et rapproche son microphone. Au même instant, le voyant lumineux « On-air » devient rouge et un grand sourire illumine son visage tandis qu’il salue ses auditeurs et ses auditrices.

Martin réalise et anime des émissions radiophoniques à la station Voice of Africa de Korogwe, à environ six heures de route de Dar es Salaam, en Tanzanie. Voice of Africa vient juste de conclure un partenariat de deux ans avec Radios Rurales Internationales, pour la production de 31 épisodes de l’émission Shamba darasa, ou « Cours agricole, » consacrée aux nouvelles variétés de maïs tolérant la sécheresse.

La préparation et l’animation d’émissions radiophoniques exigent beaucoup de travail, et la production d’émissions répondant aux normes de qualité de Radios Rurales Internationales comportait encore plus de défis pour Martin et ses collègues. Pour préparer Shamba darasa, Martin et sa coproductrice Namkishi Msangi se rendaient régulièrement en moto dans des villages de la région afin d’interviewer des agriculteurs et des agricultrices. Mais ces derniers étaient souvent occupés au champ ou avaient des réticences à parler aux journalistes.

De retour dans son bureau à la station de radio, Martin explique : « Beaucoup d’agriculteurs sont méfiants et ne peuvent pas s’exprimer librement quand ils voient un magnétophone. Certains sont gênés de nous parler. D’autres hommes sont jaloux et ne veulent pas nous voir interviewer leur femme. »

Les déplacements dans les villages pour aller écouter des paysans et des paysannes prenaient beaucoup de temps et d’argent. Parfois, les journalistes n’avaient pas les moyens d’aller dans les villages plus reculés. D’autres fois, ils ne trouvaient aucun agriculteur ou aucune agricultrice à interviewer sur le sujet qu’ils souhaitaient couvrir, et retournaient à la station, incapables d’achever l’émission qu’ils avaient planifiée.

Cependant, Martin et ses collègues faisaient tout pour gagner la confiance des paysans et des paysannes. Ils diffusaient une musique locale populaire en début et en fin d’émission, et s’assuraient d’utiliser les langues locales, ainsi que le swahili dans leurs émissions agricoles.

Par-dessus tout, ils passaient du temps sur le terrain, non seulement en se servant de leurs magnétophones pour interviewer les cultivateurs et les cultivatrices, mais également en prenant une houe pour les aider.

Martin se souvient d’un moment clé qui a marqué la production de l’émission. Cela s’est produit alors qu’il était au village de Kwadzunga : « À notre arrivée, les femmes étaient un peu réticentes à participer. Je me suis assis avec elles et j’ai commencé à préparer le maïs et à raconter des histoires. Par la suite, elles se sont ouvertes à moi, et nous avons commencé à travailler. »

Une fois, alors qu’il leur était impossible de diffuser l’émission à l’heure habituelle, les auditeurs et les auditrices ont appelé la station sur-le-champ pour savoir ce qui se passait.
Martin ajoute : « Ils appellent également la station pour dire ‘merci.’ La radio joue un rôle très important dans cette région. »

Voice of Africa émet sept heures par jour dans la région de Tanga et les régions côtières de la Tanzanie. L’émission agricole hebdomadaire, Shamba darasa, était consacrée au maïs, y compris la préparation de la terre, la sélection des semences, l’utilisation du fumier et d’autres engrais, ainsi que la conservation et la commercialisation des récoltes.

Pendant qu’il circule dans la région pour réaliser des interviews, Martin note que les agriculteurs et les agricultrices ont plus de récoltes depuis qu’ils écoutent ses émissions radiophoniques.

« Je crois que beaucoup de changements ont été opérés. Avant l’émission, les paysans avaient l’habitude de semer les graines de maïs locales et, maintenant, ils sèment la variété améliorée. Il y a des paysans qui n’étaient pas disposés à tester des pratiques différentes, par exemple : ceux qui cultivent du maïs sur des pentes. Il est difficile de les convaincre d’utiliser de l’engrais, car celui-ci peut être facilement emporté par les pluies. Mais après avoir vu d’autres collègues le faire et avoir du succès, ils commencent aussi à envisager d’utiliser de l’engrais. »

En plus d’aider les agriculteurs et les agricultrices à accroître leurs récoltes, les émissions agricoles ont permis à Voice of Africa de rejoindre de nouveaux auditeurs et auditrices, et d’aider le personnel de la radio à développer de nouveaux talents.

Martin ajoute : « Nous apprenons beaucoup également des agriculteurs. J’ai entendu parler de différents légumes, dont le mlenda, qui ressemble au gombo. Quand on va les interviewer, on s’assoit et on mange avec eux. »

Faisant défiler des dizaines de photos du personnel de Voice of Africa en visite chez des agriculteurs et des agricultrices locaux, Martin affirme que son équipe et lui sont fiers des contacts qu’ils nouent avec les auditeurs et les auditrices ruraux.

« Je suis heureux, car je sais que j’ai préparé une émission et que les gens l’écoutent. J’ai l’impression de me faire beaucoup d’amis et d’amener plusieurs personnes à écouter la radio. »

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