David Bondo

David Bondo, 32 ans, est le directeur de Ratego Radio, une station communautaire basée dans le comté de Siaya, au Kenya. David supervise la production à la station qui a commencé à émettre en avril 2019.

Comme pour plusieurs stations, le COVID-19 crée des difficultés particulières à Ratego Radio. La plus importante que David fut de trouver les moyens à utiliser pour communiquer efficacement avec les auditeurs(rices) concernant le COVID-19.

Pour faciliter la tâche aux stations de radio, Radios Rurales Internationales a produit une série de 19 courts spots radiophoniques évalués par des spécialistes de la santé. Ces spots visent à communiquer des informations intéressantes et importantes sur le COVID-19 aux communautés rurales d’Afrique.

En mi-juin, David commença à traduire des spots de Radios Rurales Internationales sur le COVID-19 dans la langue locale dholou. David a traduit un total de 13 spots. Il diffuse chaque spot 10 à 20 fois par jour.

Mythes, désinformation et fausses nouvelles

Parmi tous les spots, David affirme que ceux qui parlent des mythes, de la désinformation et des fausses nouvelles sont les plus demandés. Selon lui, ces spots lui donnent vraiment l’espoir qu’on peut parvenir facilement à bout du COVID-19 pourvu que les gens respectent les pratiques de santé publique prouvées comme la distanciation sociale et le lavage des mains.

D’autres spots permettent d’expliquer ces pratiques et encouragent l’auditoire à les appliquer quotidiennement. Par-dessus tout, déclare-t-il, les spots mettent l’accent sur « l’importance d’utiliser les messages du gouvernement et l’Organisation mondiale de la Santé … et de ne pas propager de rumeurs, » ce qui selon David peut générer plus de cas de COVID-19.

Le spot #11 parle de la stigmatisation et la discrimination auxquelles sont exposées les personnes testées positives au COVID-19. Tout comme les rumeurs, la stigmatisation est dangereuse. En effet, elle empêche d’autres personnes de faire les tests de dépistage et chercher à se faire soigner, déclare David.

Vous pouvez trouver et écouter une vidéo du spot, tel qu’il a été traduit et enregistré par monsieur Bondo.

Le coronavirus n’est pas une condamnation à mort : Spot radio sur le COVID-19 No. 11. Notez que le sous-titrage ne correspond pas toujours exactement à l’audio.

David admet que la traduction nécessite un certain travail. Bien qu’il parle couramment anglais et dholou, il affirme qu’il était parfois difficile de trouver les bons mots pour les spots.

Il déclare : « Il m’arrivait d’utiliser plus de mots pour décrire une chose [en dholou] alors que celle-ci n’avait un seul mot en anglais. »

Mais cela en valait la peine. Aux dires de monsieur Bondo, la diffusion des spots dans une langue locale permet aux auditeurs(rices) d’avoir une « connaissance approfondie » des informations relatives au COVID-19.

Il déclare « Il est très facile pour tout le monde de comprendre sa première langue, sa langue maternelle … comparativement aux langues étrangères qui sont l’anglais, le swahili, le français et toute autre langue. »

Il ajoute que, lorsque les auditeurs(rices) ont les bonnes informations dans leurs langues préférées, ils/elles sont moins enclins à croire aux mythes, aux rumeurs et à la désinformation.


« Si plusieurs savent ce qu’ils/elles doivent faire et comment le faire, alors le monde changera. »


De même que les auditeurs(rices), les spots ont profité également à Ratego Radio.

David déclare : « Depuis que nous avons commencé à proposer régulièrement ces messages sur nos antennes, notre cote d’écoute augmente sans cesse. »

La popularité grandissante observée récemment a motivé David et le personnel de Ratego Radio à continuer à produire eux-mêmes des spots, en s’inspirant des renseignements provenant des autorités sanitaires.

Sans ces spots de Radios Rurales Internationales, David raconte que sa station aurait été fortement dépendante des informations du gouvernement qui sont moins axées sur les mesures de prévention et plus sur les statistiques de nouveaux cas et les guérisons. Celles-ci sont importantes, déclare David, mais elles ne sont pas aussi utiles à l’auditoire comme le sont les conseils.

Sur la base de son expérience réussie, David encourage les autres radiodiffuseurs(euses) à traduire les spots en langues locales et à les diffuser régulièrement.

Il déclare : « Ils doivent considérer ces choses comme [faisant partie de leur] travail. Si nous n’informons pas le public, plus de gens seront infectés [par le COVID-19] … Si plusieurs savent ce qu’ils/elles doivent faire et comment le faire, alors le monde changera. »

Vous pouvez lire les spots radiophoniques de RRI sur le COVID-19 ici.


À propos de l’auteur
Hannah Tellier est Adjointe aux ressources radiophoniques pour Radios Rurales Internationales. Diplômé de l’Université de Waterloo, pour Hannah la meilleure salle de classe est celle que l’on crée en échangeant avec les autres.


Le projet Voix de femmes à grande échelle vise à offrir de meilleurs services radiophoniques interactifs au Burkina Faso, au Ghana, au Mali et au Sénégal, et toucher plus de sept millions d’agriculteurs et d’agricultrices d’exploitations familiales pour renforcer la sécurité alimentaire et l’égalité de genre. Le gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, finance ce projet avec une subvention de cinq millions de dollars durant les cinq années du projet.